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L'infirmière Magazine n° 362 du 01/07/2015

 

GÉRIATRIE

ACTUALITÉS

COLLOQUES

SANDRA MIGNOT  

Dans une table ronde sur les coopérations dans le secteur du troisième âge, organisée le 21 mai à Paris lors du Salon santé autonomie, plusieurs adaptations et innovations locales ont été présentées.

Alors que la réduction des coûts bat son plein, les soins aux personnes âgées se développent et la gériatrie est en plein essor. Dans ce contexte contraint, les établissements font preuve d’ingéniosité pour adapter leur prise en charge. Ainsi, aux urgences du CHU de Bordeaux, une cellule gériatrique – créée en 2011 et réunissant le chef de service, un gériatre, un urgentiste, deux cadres et des intervenants extérieurs – a permis de réfléchir à un changement d’attitude à l’égard des personnes âgées pour prévenir la perte d’autonomie et fluidifier leur parcours. « Nous sommes parvenus à sensibiliser l’ensemble des personnels, même si la cellule n’a pas survécu aux mutations de ceux qui la constituaient », a noté Mathieu Lambert, à l’époque urgentiste au CHU.

Ouverture

De son côté, Jean-Pierre Aquino, gériatre et conseiller technique auprès de la Fondation Médéric Alzheimer, a encouragé le développement de nouvelles fonctions dans les établissements, telles que les gestionnaires de lits et de cas, les coordinateurs de parcours de santé, les assistants de soin en gérontologie et les spécialistes en éducation thérapeutique. « Mais ces expertises doivent absolument sortir des murs hospitaliers et s’ouvrir sur la ville et les Ehpad », a-t-il expliqué.

Une ouverture que propose l’équipe mobile de gériatrie du centre hospitalier de Douai. Là, les IDE font passer un test à tous les patients âgés entrant en chirurgie. « Si le score est supérieur à 2, l’équipe mobile intervient, propose une évaluation et un parcours jusqu’au suivi postopératoire, a résumé le Dr Fanny Durig, gériatre au CH de Douai. Nous sommes pour l’instant parvenus à diminuer le taux de réhospitalisation à un mois à 5 % (contre 11 % auparavant). »

Mutualisation

Au groupement de coopération social et médico-social (GCSMS) du Centre Picardie, qui réunit six établissements prenant en charge des personnes âgées ou handicapées (service de soins infirmiers à domicile, centre hospitalier, foyer de vie, institut thérapeutique, éducatif et pédagogique, etc.), ce sont les créations de nouvelles fonctions autorisées par la mutualisation des structures qui ont été saluées. « Nous avons pu créer des postes dont aucun des établissements n’aurait pu, seul, assumer le recrutement », explique Alain Bonnières, administrateur. Le GCSMS dispose ainsi d’infirmières de nuit, d’une hygiéniste, d’assistantes de service social, de préparateurs physiques, d’ergothérapeutes, d’éducateurs sportifs, de psychomotriciens, etc.

En conclusion, Cécile Kanitzer, conseillère paramédicale de la Fédération hospitalière de France, a insisté sur la nécessité d’inclure les paramédicaux dans l’élaboration de tout nouveau projet : « Les soignants ne s’approprient les projets que s’ils ont pleinement collaboré à leur création. » Elle a souligné la nécessité d’améliorer le contenu pédagogique des enseignements en Ifsi et Ifas en ce qui concerne les personnes âgées et handicapées : « Avec l’apparition des pratiques avancées, nous allons vers l’émergence d’un métier intermédiaire, à même de prendre en charge des actes de plus en plus complexes. La création d’un master pour s’y former pourrait créer davantage d’intérêt pour exercer auprès des personnes âgées. »

MÉDECINE DU TRAVAIL

L’équipe en renfort

Les infirmières pourraient bénéficier de la pénurie en médecine du travail pour s’engager davantage dans la fonction. Lors du Salon santé autonomie, une session consacrée à la médecine du travail hospitalière a mis en exergue la nécessité de disposer de davantage d’équipes pluridisciplinaires – c’est-à-dire incluant au moins une IDE en plus du médecin –, l’une des mesures recommandées par un rapport Igas daté de septembre 2014. « De nombreuses missions peuvent leur être déléguées – vaccination, entretiens, participation aux commissions de réforme – et ce, dès l’instant où elles sont formées », a rappelé le Dr Hélène Beringuier, secrétaire générale de l’Association nationale de médecine du travail et d’ergonomie du personnel des hôpitaux. « Ces équipes pluridisciplinaires permettraient d’abaisser le seuil d’exigence d’un médecin du travail pour 1 500 agents hospitaliers à un pour 2 000 », a remarqué Marianne Franier, de la DGOS, qui a indiqué par ailleurs que des négociations sont en cours avec les organisations syndicales et que des modifications réglementaires sont attendues d’ici à la fin de l’année.

Initiative

« Nous avons pu créer des postes grâce à la mutualisation »

Alain Bonnières, administrateur du GCSMS Centre Picardie

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