LA PROSTITUTION DES MINEURS EN EXPANSION | Espace Infirmier
 

L'infirmière n° 012 du 01/09/2021

 

PROTECTION DE L’ENFANCE

JE DÉCRYPTE

LE MOIS EN BREF

Lisette Gries  

Un groupe de travail interdisciplinaire, qui a rendu un rapport sur la prostitution des mineurs, suggère notamment des pistes pour les professionnels de santé.

La prostitution des mineurs, parfois très jeunes, est un phénomène à la fois inquiétant et en expansion. Les soignants ont un rôle à jouer dans la protection de ces enfants, aux côtés des professionnels de l’éducation, de la police et de la justice. Le 28 juin dernier, un groupe de travail constitué à la demande d’Adrien Taquet, secrétaire d’État en charge de l’enfance et des familles, a remis son rapport(1) dans lequel il propose et détaille des pistes d’actions qui pourraient être mises en place.

Catherine Champrenault, procureure générale près de la cour d’appel de Paris et présidente du groupe de travail, fait le constat que la communauté des adultes est relativement impuissante à protéger les enfants victimes de prostitution, pourtant prohibée par la loi depuis 2002. « Le jeune mineur prostitué ne s’identifie pas lui-même comme une victime de violences sexuelles ou une victime d’exploitation sexuelle. […] Les jeunes prostitués ignorent, ou ne veulent pas entendre qu’ils sont en danger, tant au niveau moral que physique », remarque-t-elle.

FORMATION ET COORDINATION DES ACTEURS

Le groupe de travail recommande, entre autres, une meilleure formation des soignants. « Lors des soins sur une problématique de maladie somatique ou de violences intrafamiliales, les professionnels de santé prennent appui sur des listes de signaux devant les alerter. Il devrait en être de même pour le repérage des situations prostitutionnelles […], suggère le texte. L’inscription de la prostitution des mineurs dans les formations des soignants à la protection de l’enfance, à la maltraitance et à la médecine de l’adolescent semble pertinente. »

« Une meilleure coordination des acteurs de santé est indispensable à une prise en charge optimale. Un renforcement du personnel médical et paramédical de certains services-clés (maladies infectieuses, gynécologie, psychiatrie) est indispensable pour organiser un véritable “aller vers” des structures sanitaires, en complément du travail fait par les associations », expose le rapport. Le texte cite notamment le travail de l’association Entr’Actes (59), qui a inclus une infirmière, un addictologue et une gynécologue dans ses maraudes pour apporter informations et soins aux jeunes. Le chantier est vaste, et le rapport décline ses préconisations sur près de 200 pages. Le Mouvement du Nid signale que 25 % des prostitués ont commencé à un âge moyen de 14 ans. Un indicateur de la nécessité de se saisir du sujet.

1. Le rapport est disponible sur : bit.ly/2WplQDP

LES KINÉS ONT LEUR GRADE

C’est une reconnaissance attendue depuis longtemps : les titulaires d’un diplôme d’État de masseur-kinésithérapeute accèdent désormais au grade de master, selon un décret publié au Journal officiel du 15 août. Pour rappel, la réforme des études, qui date de 2015, avait porté le cursus à cinq ans.

COVID-19 : LE DÉPISTAGE PAR LES IDELS FACILITÉ

Face à la hausse des demandes de tests Covid-19, l’URPS Infirmiers d’Île-de-France, soutenue par l’ARS, propose un dispositif visant à rendre la réalisation des tests plus accessible (antigénique ou PCR) dans les permanences des cabinets infirmiers. Les Idels peuvent faire remonter leurs nouveaux créneaux via la plateforme gratuite inzee.care. Cette dernière, à disposition des patients, ainsi qu’un numéro de téléphone dédié (01 88 33 48 80, accessible 7 j/7), leur permet de prendre rendez-vous.

VIOLENCES CONJUGALES

Des formations spécifiques pour les professionnels en addictologie

Une circulaire du 2 juillet(1), mise en ligne le 13 août, prévoit la désignation d’un référent « violences faites aux femmes » dans chaque centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour usagers de drogue (Caarud) et centre de soins, d’accompagnement et de prévention en addictologie (Csapa). Une disposition qui s’inscrit dans le cadre des mesures du Grenelle contre les violences conjugales de novembre 2019 envisageant notamment la mise en œuvre de formations spécifiques à destination des professionnels en addictologie. Le référent « chargé de la sensibilisation du personnel sur la question des femmes victimes de violences et de l’identification des partenaires utiles » suivra donc, dans ce cadre, une journée de formation spécifique, au second semestre 2021 : mécanismes de la violence, repérage et prise en charge, méthodologie de constitution d’un réseau des partenaires de la prise en charge des femmes victimes de violences, etc. Une mallette pédagogique contenant des outils leur sera remise à cette occasion.

1. La circulaire est disponible en ligne sur : bit.ly/3zlj2qe