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La pudeur encore taboue

10/05/2012

La pudeur encore taboue

Rarement abordée, la pudeur est pourtant au centre de la relation soignant-patient. Auteur du livre « La pudeur et le soin », Bruno Py a donné une conférence sur ce thème au CHU de Rennes, fin avril.

 

Sujet délicat, la question de la pudeur dans le soin peut aussi bien se poser pour le soigné que pour le soignant. Cette notion « très relative » a fait l'objet d'une conférence, le 26 avril, au CHU de Rennes, donnée par Bruno Py, maître de conférences à la faculté de droit de Nancy.
Auteur du livre « La pudeur et le soin »*, ce spécialiste en droit de la santé explique que « le soignant doit prendre en compte l’individu qu’il a en face de lui ». « Par exemple, il sait bien que demander à un enfant ou à un adolescent de se dénuder n’aura pas les mêmes implications. Selon l’état physique ou psychologique du patient, l’approche sera différente également », poursuit-il.
Bruno Py a rappelé que le cadre juridique prévu dans la loi du 4 mars 2002 soumet le professionnel de santé à l’obligation d’obtenir le consentement libre et éclairé du patient. « L’accès au corps du patient ne peut être possible qu’avec ce consentement », insiste Bruno Py. Sauf dans la situation où le patient est hors d’état de l’exprimer; le secours prime alors sur l’accord du malade.

« Tout soignant peut être choqué »
La pudeur du soignant, moins fréquemment abordée, est tout aussi importante. « Tout soignant peut être choqué par un corps mutilé ou brûlé, par des odeurs, des bruits, qui sont autant de facteurs de crispation, voire de traumatisme… Mais, on ne pourrait imaginer qu’un professionnel puisse choisir ses patients ou en refuser certains en fonction de ce qui affecte sa pudeur. On sait que certains traitements médicamenteux peuvent provoquer des comportements exhibitionnistes chez le soigné. » Le soignant est donc confronté - intrinsèquement pourrait-on dire - à des situations qui peuvent le heurter.
La question de l’activité sexuelle des personnes handicapées, avec des soignants renvoyés la plupart du temps à leur propre morale face à une réalité cachée, pose bien le problème de la pudeur du professionnel. « La démocratie sanitaire nécessiterait de parler ouvertement de cette réalité et de réfléchir ensemble à l’enjeu qui est celui des droits de toutes les personnes soignées, et non pas de laisser chaque soignant en butte à sa conscience. »
La vie sexuelle des personnes en situation de handicap moteur fera d'ailleurs l'objet d'un colloque, organisé par l'Association des paralysés de France, sur le thème « Professionnels : questions de couples, quelles réponses ? ». Il se tiendra le mardi 22 mai, de 9 heures à 17 h 30, à l'université de Versailles Saint-Quentin (Yvelines)**.

Olivier Quarante



*La Pudeur et le soin, sous la direction de Bruno Py, Editions Presse universitaire de Nancy, 18 euros.

** Renseignements, programme et inscription (obligatoire) au 01 30 44 14 41.

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