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20/02/2017

Partager plus que le dossier médical

Pour faire du dossier médical partage autre chose qu’une banale feuille de transfert informatisée, il semble nécessaire d’apprendre à travailler avec nos différences personnelles et institutionnelles et de construire ensemble des projets d’accompagnements transversaux.

Stéphane Moiroux, infirmier en EMS dans le canton de Genève, membre du comité de rédaction de L’Infirmière magazine

La continuité des soins d’un établissement à un autre, mais surtout entre le domicile et l’institution de santé, est un enjeu majeur pour les infirmiers que nous sommes. En effet, la qualité d’une prise en charge ne se résume plus seulement à la compétence individuelle ou aux moyens mis en œuvre par une équipe de soin, mais également à notre capacité à maintenir une certaine cohérence de soin et de pensée dans cet accompagnement. Une continuité qui doit être portée tant par une volonté de travail en interprofessionnalité que par des outils spécifiques. Le dossier médical partagé (DMP) apparaît alors comme la colle miracle…

Seulement, cette colle ne tient pas seule. La plate-forme Mondossiermédical.ch, déployée à Genève, en Suisse, peut être un bon catalyseur d’expérience. À ce jour, le système fonctionne plutôt bien. Il compte plus de 20 000 dossiers ouverts sur une population d’environ 500 000 personnes. La moitié des médecins du canton y sont inscrits et la moyenne de documents dans chaque dossier (lettres, examens, bilans biologiques…) avoisine les 110. Informatiquement parlant, cet outil fonctionne comme une sorte d’aspirateur de données entre un logiciel professionnel et un autre. Les professionnels peuvent donc recevoir, voire y envoyer des informations sans quitter leur interface habituelle.

Seulement, sur le terrain, l’outil ne fait pas tout. On se rend vite compte que pour concrétiser son usage et sa fonction, il a fallu, et il le faut encore, associer à sa mise en place une vraie politique de changement des pratiques professionnelles. Le travail en interprofessionnalité ne s’improvise pas. Il demande un partage de connaissances, bien sûr, mais aussi un partage de responsabilités et un partage d’ego. Ainsi, un vrai travail de fourmi est mené en parallèle de l’implémentation de Mondossiermédical.ch., qui consiste à rencontrer chaque acteur du soin ou du social pour amener ces intervenants à s’écouter et les entraîner à construire avec les différences et particularités de chacun. Ces « fourmis » doivent, petit à petit, essaimer l’idée d’une pensée d’un patient au sein de la cité avec toutes les ramifications (sanitaires, sociales et environnementales) et la complexité interprofessionnelle que cela comporte. Le ciment nécessaire au bon fonctionnement futur du DMP réside alors dans ce changement de positionnement professionnel des uns vis-à-vis des autres. Pour faire du DMP autre chose qu’une banale feuille de transfert informatisée, il semble nécessaire d’apprendre également à travailler avec nos différences personnelles et institutionnelles et de construire ensemble des projets d’accompagnements transversaux. Le DMP prendrait alors tout son sens et permettra de conserver cette cohérence dans nos approches, nos pensées et nos soins tant nécessaire au patient. 

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