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29/09/2017

Violences dans les établissements : les infirmières cibles numéro un

Dans les établissements de santé, les infirmières sont les plus touchées par les actes de violence. C’est ce que révèle le rapport de l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), publié fin septembre.

« Un résidant m'a frappée à plusieurs reprises au visage lors de son coucher. J'ai reçu deux coups de pied dans la mâchoire et sur la tempe droite. » « Altercation entre une famille en visite auprès d'une personne soignée. […] En voulant séparer deux personnes, je me suis fait attraper au poignet droit, une aide-soignante s'est fait frapper au visage par une enfant. Appel de la sécurité puis des forces de l'ordre. »

Ces faits de violence sortent tout droit du rapport 2017 de l'Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS). Ce dernier recueille les signalements d’atteintes aux personnes ou aux biens qui se sont produits en milieu de santé. Portant sur les données recueillies en 2015 et 2016, le rapport constate une hausse de ces derniers, ainsi que du nombre d’établissements déclarants, qui reste toutefois minime. Ainsi, en 2015, 337 établissements (5,94 % des établissements) ont déclaré 15 990 signalements ; en 2016, 360 établissements (6,23 % des établissements) ont déclaré 17 596 signalements.

Les infirmières premières victimes

Sans surprise, ce sont les soignants qui sont les plus exposés. En 2015, 7537 infirmières ont déclaré avoir subi des violences durant leur service. Elles étaient 8415 en 2016. Viennent ensuite les médecins (1261 puis 1371) puis les autres personnels soignants, majoritairement des aides-soignantes.

Au total, ils ont été 15 220 en 2015 et 17 837 en 2016 à avoir subi des violences sur leur lieu de travail. Toutes victimes confondues, les atteintes aux personnes ont généré, en 2015, 3336 jours d’arrêt de travail et 3 896 en 2016.

D’ailleurs, le bilan social des établissements publics de santé sociaux et médico-sociaux mentionne que la quatrième cause d’arrêt de travail rapportée par les établissements est due au contact avec un malade agité. Les signalements de violence ont donné lieu en 2015 à 2 121 plaintes et 224 mains-courantes (1 993 plaintes et 215 mains-courantes en 2016).

Psychiatrie, gérontologie, urgences en tête des signalements

« Toutes atteintes confondues, en 2015 et 2016, les services les plus concernés par les atteintes sont la psychiatrie avec environ un cinquième des incidents déclarés (25 % en 2015 et 23 % en 2016), les urgences (13 %), la gériatrie et la médecine (11 %). »

La nature des atteintes varient selon les spécialités : 54 % en 2015 et 47 % en 2016 des atteintes aux personnes en psychiatrie sont des violences physiques « au cours desquelles le personnel hospitalier est victime dans plus de huit cas sur dix ». Le plus souvent, les atteintes sont liées à la pathologie des patients (31 % en 2016). C’est majoritairement le cas également en gériatrie (42 %) ou dans les structures en lien direct avec ces services.

À noter que pour la première fois, en 2015, l’ONVS a permis aux établissements de distinguer dans leur signalement les faits dont la cause principale est directement liée à un trouble psychique ou neuropsychique (TPN) ayant aboli le discernement ou le contrôle des actes de l’auteur. Sur le total, 15 % en 2015 et 17 % en 2016 des faits sont liés à un TPN et pour leur immense majorité, il s’agit d’atteinte aux personnes.

Quant aux services d’urgences, ils sont particulièrement exposés aux agressions verbales qui y sont quotidiennes (78 % en 2015 / 81 % dont en 2016), et les agressions physiques y sont nombreuses (22 % en 2015 / 19 % en 2016).

Reproches sur la prise en charge

La plateforme de l’ONVS recense 14 194 auteurs de violence signalés en 2015 et 15 853 en 2016. Dans près de neuf cas sur dix, ce sont des patients (9 712), puis des visiteurs ou des accompagnateurs (2 715), suivis, de loin, par les personnels. Les patients auteurs sont 26 % à avoir commis une atteinte en raison d’une pathologie. Les proportions sont similaires en 2016.

Quelles sont les causes de cette violence ? Dans la majorité des cas, (60 % en moyenne), les auteurs reprochent la prise en charge du patient, puis le temps d’attente jugé excessif (presque 12 % pour les deux années). L’alcoolisation et le refus de prescription viennent en troisième et quatrième positions.

« Tous ces motifs nécessitent une analyse des causes profondes des violences et incivilités par les établissements afin de déterminer les mesures à mettre en place qui sont du domaine de la prise en charge et du parcours du patient ainsi que du domaine de la sécurité », relève l’ONVS.

L’Observatoire note l’importance d’un neuvième motif désigné sous le terme « autres » et indiqué dans la majorité des cas (52 % en 2015 et 55 % en 2016). Les agents y renseignent des motifs variés : refus de soins, violence verbale et/ou physique sans raison apparente, altercation avec un membre de la même famille, automutilation, etc. La fiche signalement de l’ONVS évolue pour les inclure et affiner ainsi l’observation.

Les événements de violence ont majoritairement donné lieu à une intervention du personnel en renfort de leurs collègues. Avec la professionnalisation des services de sécurité des établissements, dans 30 % des cas, le personnel de sécurité intervient en appui.

Laure Martin

(1) Les signalements recueillis sur la plateforme signalement de l’ONVS ne sont pris en compte que sur la base du volontariat des établissements. Les chiffres ne reflètent donc qu’une tendance précise et ne permettent pas d’extraire des statistiques comparées significatives d’une année sur l’autre au niveau national.

Pour consulter l’intégralité du rapport :

http://solidarites-sante.gouv.fr/professionnels/ameliorer-les-conditions-d-exercice/observatoire-national-des-violences-en-milieu-de-sante/article/rapport-annuel-onvs-2017-donnees-2015-2016

Et le Guide méthodologique ONVS :« Prévention des atteintes aux personnes et aux biens » (avril 2017) :

http://solidarites-sante.gouv.fr/IMG/pdf/guide_onvs_-_prevention_atteintes_aux_personnes_et_aux_biens_2017-04-27.pdf

Points clés

• Le recueil des signalements est effectué selon une échelle de gravité.

La moitié des déclarations correspondent à des atteintes de niveau 3 selon le code pénal (violences volontaires, menaces avec armes, agressions sexuelles). En 2016, les atteintes de niveau 1 (injures, insultes, provocations, chahut) représentent un tiers des signalements (33 %). Viennent ensuite (16 %) les atteintes de niveau 2 : menaces, violences involontaires, port d'armes. Les atteintes de niveau 4, particulièrement graves, sont heureusement plus rares (1 %) : violences avec arme (141 signalements), viols, séquestrations, voire prise d'otage (un signalement).

• Profil des établissements déclarants

Les établissements publics de santé (EPS) sont à l’origine de la majorité des signalements. Données 2016 : 290 EPS ont procédé à des signalements sur 924 EPS, soit 81 % des 17 596 signalements pour 32,1 % des EPS déclarants. Sur les 1 533 établissements de santé privés à but non lucratif (EBNL), 42 EBNL ont déclaré 905 signalements, soit 12 % des 17 596 signalements pour 2,7 % des EBNL déclarants. Enfin, 28 des 1 314 établissements de santé privés à but lucratif (EBL) ont déclaré 155 signalements, soit 8 % des 17 596 signalements pour 2,1 % des EBL déclarants.

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