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15/03/2019

Isabelle Paret, Idel : « Après un problème médical, je dois faire le deuil de ma profession »

Isabelle Paret, infirmière libérale dans le Var, lançait, à la suite d’un problème médical, une cagnotte en ligne (1) pour parvenir à payer ses cotisations Carpimko. C’était fin 2017. Aujourd’hui, elle est contrainte d’arrêter son activité libérale. Témoignage.

Espace infirmier : Pouvez-vous nous rappeler votre situation ?

Isabelle Paret : Entre 2008 et 2016, mon cabinet libéral a très bien tourné. Mais un matin d’avril 2016, je me suis réveillée avec une sciatique paralysante en raison d’un kyste – qui s’est avéré par la suite être une tumeur – entre deux lombaires qui comprime le nerf, ce qui nécessitait une opération chirurgicale. En attendant, sur ordre de mon chirurgien, j’ai réduit mon activité professionnelle et supprimé les soins de nursing, soit 85 % de ma clientèle. Mais la diminution de l’activité n’implique pas celle des charges. Ma situation financière s’est donc lourdement aggravée et, venant à bout de mon épargne, je ne suis plus parvenue à payer mes cotisations Carpimko dans leur intégralité. J’ai donc lancé une cagnotte pour payer mes dettes. Depuis mars 2017, je suis en arrêt total de travail. La prévoyance a bien pris le relai pendant les 90 jours de carence de la Carpimko mais par la suite, cette dernière a refusé de me payer car justement, je n’étais pas à jour de mes cotisations malgré la mise en place d’un échéancier. Elle a alors fait appel aux huissiers.

Comment a évolué votre situation par la suite ?

Etant en grande difficulté financière, j’ai fait une demande de redressement judiciaire au tribunal de grande instance (TGI) pour mon activité libérale. Mais le TGI a estimé que je n’avais pas assez de dettes professionnelles pour être admise à ce titre. Or, j’ai justement fait des efforts pour payer mes charges professionnelles, quitte à être endettée d’un point de vue personnel. J’ai été un peu dépitée de cette décision, d’autant que j’avais toujours mon combat avec la Carpimko à mener. Car même si j’ai été mise en arrêt de travail en mars 2017, elle m’a demandé de payer la cotisation pour mes deux mois de travail sur l’année 2017, soit 2900 euros. Mais je n’avais plus d’argent. La situation serait néanmoins en train d’être réglée.

Qu’en est-il de votre activité en libéral ?

Lorsque je me suis fait opérer en novembre 2018, le chirurgien a découvert que je n’avais pas un kyste mais une tumeur bénigne au niveau des lombaires, ce qui a conduit à une neuropathie séquellaire. Les conséquences sur le nerf sciatique sont importantes notamment au niveau de ma cuisse, et je ne peux pas rester en position debout longtemps. Le chirurgien estime que je dois être reclassée comme travailleur handicapé. J’ai donc fait une demande de radiation à la Caisse primaire d’assurance maladie (Cpam) pour pouvoir déposer une demande de liquidation judiciaire au TGI et cesser mon activité professionnelle. Je suis convoquée le 4 avril devant le TGI.
Aujourd’hui, face à cette situation, je vais mieux. Mais il y a encore un mois, psychologiquement, c’était lourd. Pour moi, être infirmière, c’est être présente physiquement auprès du patient, être dans l’action, et si je ne peux plus exercer en libéral, je pensais au moins pouvoir pratiquer dans un service de soins hospitaliers. Mais cela ne va pas être possible. Je fais donc le deuil de ma profession. Mon arrêt de travail est encore renouvelé pour un temps indéfini, mais j’imagine que lorsque je pourrai retravailler, je trouverai un intérêt et je parviendrai à être heureuse de mon activité professionnelle comme infirmière scolaire, à la Sécurité sociale ou à un autre poste.

Propos recueillis par Laure Martin

(1) Lire « L’Infirmière libérale magazine », n° 346, avril 2018, L’Exercice au quotidien Difficultés économiques, une Idel fait appel à la solidarité.

Les dernières réactions

  • 21/03/2019 à 05:00
    Cocol
    alerter
    Salut bon courage.
    La Carpimko ne comprend jamais rien...
    Elle rançonne les IDEL.
    Ou va notre argent...
    Les IDEL que je connais qui sont retraités me disent bien qu’il ne faut pas s’attentre à toucher la lune.
    Je suis avec vous.

  • 21/03/2019 à 06:53
    Cath6734
    alerter
    Je compatis totalement avec témoignage car en tant qu'IDEL nous sommes en grande précarité dès que le moindre "accident de la vie" (comme on les appelle aujourd'hui nous tombe dessus !! URSSAF et CARPIMKO sont toujours aussi impitoyables envers nous et la CARPIMKO est sans doute la pire !! Je suis à 4 ans de la retraite, j'aurai bossé 41 ans ! En 2016 j'étais dans un cabinet de soins dans un village avec deux collègues qui voulaient chacune récupérer la tournée à son compte ! L'une a été condamnée par la Chambre disciplinaire pour "faux en écriture" mais la deuxième m'a laissé à la rue ! Elle a été manipulée les quelques patients qui nous restaient, vieux, fragiles et en fin de vie évidemment, elle a été condamnée par la Chambre Disciplinaire pour "détournement de patientèle" mais exerce toujours dans le village et continue à calomnier ses collègues ! Il m'est très difficile de redémarrer une tournée dans ces conditions, je fais des petits rempla à droite à gauche mais personne ne vous aide dans les villages ! J'avais bossé 25 ans dans mon propre cabinet de soins à Strasbourg, 25 années de bonheur ! Pour des raisons personnelles j'ai déménagé à Montpellier et là au niveau professionnel c'est la catastrophe ! Un conseil : ne venez pas
  • 21/03/2019 à 07:01
    Cath6734
    alerter
    correction : "elle a été manipuler" les patients évidemment !
    suite et fin !
    Un conseil : ne venez pas bosser dans l'Hérault, c'est la guerre entre IDEL, et la Cpam et l'Ordre ne vous font aucun cadeau car zone surdotéee !:(
    Pour en revenir à la CARPIMKO, le point est passé de 2.5 en1986 à 1.25 aujourd'hui, belle arnaque après 40 ans de cotisation, on ne touchera rien faut le savoir ! Et parce qu'aujourd'hui en grande difficulté financière après toutes ces histoires, j'ai téléphoné à la CARPIMKO la semaine dernière pour prendre ma retraite, la personne au téléphone m'a répondu que ce ne serait pas avant 62 ans ! sic !! Et que si je n'étais pas contente je devais écrire à Macron ! Je lui ai répondu que puisque Macron ne voulait pas me payer ma retraite avant 62 ans il me paiera mon burn-out !!! J'ai adoré mon métier mais je suis écoeurée de ce que des collègues perverses et un gouvernement impitoyable pour la santé en ont fait !!

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