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12/11/2015

INTERVIEW

« La douleur induite n’est pas une fatalité »

À l’occasion du congrès de la Société française d’étude et de traitement de la douleur (Nantes, 12-14 novembre), Pascale Wanquet-Thibault revient sur l’importance de repositionner l’acte de soulager la douleur dans la pratique ordinaire des soignants. Elle est l’auteur du récent ouvrage Douleurs liées aux soins, préfacé par le Pr Alain Serrie.

La douleur induite par les soins est-elle une fatalité ?

Non, toute douleur induite n’est pas une fatalité. Si pendant longtemps il a été considéré que la douleur liée aux soins était inévitable, nous disposons désormais des moyens de la prévenir et nous en connaissons les conséquences néfastes pour le patient. Il est donc essentiel de s’y intéresser et de prévenir toute douleur associée à un soin.


Existe-t-il des études ou des données de santé publique sur ces douleurs iatrogènes? Diriez-vous que la communauté médicale (médecins et soignants) est suffisamment alertée de cette réalité pourtant quotidienne?

Il existe quelques données épidémiologiques. Néanmoins, elles sont nettement insuffisantes. Ces douleurs nécessiteraient des enquêtes d’envergure, largement diffusées. Leurs résultats pourraient faire l’objet de campagnes publicitaires, comme c’est le cas d’autres thématiques de santé. D’autre part, au sein des établissements, les travaux souvent réalisés par les Clud [comité de lutte contre la douleur] pourraient être plus systématiques et les améliorations réalisées faire l’objet de diffusion en interne.


Quel est le rôle de l'infirmière dans la détection et la prise en compte de ces douleurs liées aux soins? Vous parlez dans le livre à la fois d'une "posture individuelle et d'une réflexion d'équipe": que préconisez-vous?

Le rôle infirmier est central : l’infirmière est un professionnel de santé qui réalise de nombreux soins techniques, le plus souvent invasifs ; et par ailleurs, il est très souvent présent et impliqué lors des soins réalisés par les médecins. Enfin, en institution, il est responsable de la prévention des actes effectués par les autres soignants (aides-soignants, kinésithérapeutes). Il est également au centre du suivi de la traçabilité de l’évaluation de la douleur et du suivi de l’efficacité des traitements préventifs. Enfin, l’infirmière peut jouer un rôle moteur au sein de l’équipe pour initier ou accompagner une réflexion d’équipe sur cette question.

Propos recueillis par Emmanuelle Lionnet


Douleurs liées aux soins, Éditions Lamarre, octobre 2015, 184 pages, 24€

Pascale Wanquet-Thibault est cadre supérieur de santé, puéricultrice, titulaire d’un DU «Éthique et pratiques de la santé et des soins » et d’un DU « Prise en charge de la douleur en soins infiMrmiers ». Elle est membre de la commission professionnelle infirmière de la SFETD (Société Française de Traitement et d’Étude de la Douleur), membre de l’équipe pédagogique du DIU « Douleurs aiguës, chroniques et soins palliatifs pédiatriques », co-responsable du DU « Pratiques psychocorporelles ».

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