21/10/2015

Premier recours, urgence à agir

65 000 généralistes aujourd’hui, 58 000 annoncés dans cinq ans. Alors que le nombre de médecins ne cesse de baisser, la question de l’évolution de la pratique infirmière revient comme une évidence.

Vincent Kaufmann, infirmier, consultant au cabinet Acsantis, membre du comité de rédaction de L’Infirmière magazine

Chaque année, l’Atlas de la démographie médicale documente les installations des médecins par territoire et donne lieu à moult articles sur le déficit croissant de généralistes : zones rurales, villes moyennes et banlieues sont les premières affectées. Même Paris, forcément privilégié dans l’inconscient national, est notoirement touché : -21,4 % de médecins généralistes entre 2007 et 2014 ! Et ce n’est pas fini : 65 000 généralistes aujourd’hui, 58 000 annoncés dans cinq ans.

Pourtant, dans le nécessaire virage ambulatoire qui replace l’hôpital dans une mission technique et doit favoriser les prises en charge à domicile, toutes les organisations sollicitent le médecin traitant, le plus souvent généraliste : hospitalisation à domicile (HAD), services de soins infirmiers à domicile (SSIAD), programme anticipé de retour à domicile (Prado), soins palliatifs... Le nombre de généralistes installés est également un enjeu pour le kinésithérapeute, l’infirmière libérale ou le pharmacien, car le manque de prescripteurs fragilise de fait leur modèle économique. Quant aux médecins exerçant dans un territoire sous-doté, leur quotidien se complexifie : chaque départ en retraite sature les listes d’attente, amène à refuser de nouveaux patients, à limiter les visites à domicile…

Dans ce contexte, le déploiement annoncé, dans la loi de santé, du tiers payant généralisé a cristallisé les tensions entre des médecins fatigués et des décideurs politiques qui, depuis trop longtemps, n’ont pas su ou voulu modifier en profondeur :
– un recrutement des étudiants en médecine qui favorise les CSP+, peu enclines à s’installer sur des territoires ruraux ou dans les banlieues dites « sensibles » ;
– une formation médicale qui valorise d’autres spécialités que cette « médecine du quotidien » pourtant essentielle ; – l’absence de régulation territoriale de l’installation des médecins, derniers professionnels de santé dans cette situation.

Heureusement, des modèles prétendument datés, les centres de santé et leurs médecins salariés, trouvent une seconde jeunesse et d’autres, en exercice libéral, se développent, à l’image des maisons de santé pluriprofessionnelles. Ces modes d’exercice, plus attractifs, appellent aussi de nouvelles logiques de travail, encore à parfaire, notamment entre médecins et infirmières.

Alors que le nombre de médecins baisse et celui des infirmiers est plutôt élevé, revient comme une évidence la question de l’évolution de la pratique infirmière, décrite à l’article 30 du même projet de loi. Au vu des enjeux, souhaitons que cette intention se développe rapidement, par exemple sous la forme d’un master de pratiques avancées validant les compétences d’une infirmière clinicienne, agissant ici dans le premier recours.

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