02/10/2020

Les États généraux infirmiers sonnent la mobilisation de la profession

Le 1er octobre se sont tenu les États généraux infirmiers : 34 organisations ont peaufiné 25 propositions pour une meilleure reconnaissance de la profession. Elles veulent désormais convaincre les parlementaires de les transcrire dans la loi.

Réunis dans le 13e arrondissement de Paris, les participants aux États généraux infirmiers ont débattu pendant toute la journée du 1er octobre, ajoutant un mot ici, retranchant une virgule là. Chaque formulation était pesée au trébuchet, puis soumise au vote des délégués des 34 organisations (syndicats, associations, etc.) qui sont à l’initiative du projet et qui représentent toutes les tendances du monde infirmier. Au bout de près de huit heures de travail, le résultat était là : 25 propositions qui doivent un jour, du moins tous l’espèrent, avoir force de loi pour qu’enfin, les infirmières soient « reconnues à hauteur de leurs compétences et responsabilités ».

Ces propositions couvrent différents domaines. Certaines sont d’ordre juridique, comme la première, qui demande à « modifier le Code de la santé publique, pour que l'infirmier ne soit plus "auxiliaire médical" mais professionnel de santé à part entière ». La 18e appelle pour sa part à « réactualiser le décret d’actes », quand la 22e entend « inscrire dans le Code de santé publique les professionnels infirmiers comme acteurs de premier recours ». D’autres propositions soutiennent la création de nouvelles activités, comme la 2e et la 3e, qui visent à créer des consultations infirmières, respectivement pour l’évaluation et la coordination du parcours des personnes âgées, ou comme la 4e et la 5e, qui entendent favoriser la prescription d’antalgiques ou de dispositifs médicaux.

La chasse aux parlementaires est ouverte

Mais la consultation et la prescription ne sont pas les seules thématiques abordées, et d’autres propositions touchent à la réingénierie des formations, à la création de nouvelles spécialités, à l’institution d’un ratio de patients par infirmière… L’idée est désormais de convaincre les parlementaires d’introduire ces 25 mesures sous forme d’amendements au Projet de loi de financement de la Sécurité sociale (PLFSS), qui a été dévoilé par le gouvernement le 29 septembre. « Nous irons les rencontrer sur leurs territoires afin de faire avancer nos revendications », annonçait en clôture des États généraux Thierry Amouroux, le porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CFE-CGC) qui a joué le rôle de maître de cérémonie pendant cette journée de discussions.

Mais au-delà de l’ambition législative, la fonction de ces États généraux semble aussi avoir été de lancer un cri d’alarme. « Aujourd’hui, les jeunes fuient le métier parce qu’ils savent qu’ils ne tiendront pas 42 ans à ce rythme », avertit Thierry Amouroux. « Beaucoup d’infirmiers ne croient plus en ce métier, approuve Antoinette Tranchida, présidente de l’Organisation des syndicats d’infirmiers libéraux (Onsil). Et s’ils n’y croient plus, on va vers une autre catastrophe sanitaire, qui sera le manque de soignants. » Tatiana Henriot, présidente de l’Union nationale des infirmiers en pratique avancée (Unipa), est plus pondérée, mais affiche la même amertume. « Aujourd’hui, nous sommes une profession sur laquelle on ne s’appuie pas, dont on gaspille l’expertise. » Reste à savoir si les parlementaires seront sensibles à cet appel de détresse…

Adrien Renaud

Les dernières réactions

  • 03/10/2020 à 10:24
    Dies Ire
    alerter
    34 organisations pour une profession qui, parait-il, est représentée par un ordre sensé porter la voix de celle-ci d'une façon forte voire tonitruante !
    Il n'y a plus rien à comprendre, hélas !
  • 06/10/2020 à 16:42
    stop
    alerter
    ils vont encore demander de l'argent quelle honte je crois qu'ils se sont trompés de métier!!!!!!!!!!!!!!!!!!
  • 08/10/2020 à 20:25
    P.
    alerter
    Ouh là ! 34 organisations mais combien d'adhérent(e)s. Ce n'est vraiment pas sérieux.
    Franchement le / la petit(e) jeune sortant de l'IFSI est capable de prendre en charge les patients comme indiqué ? En donnant un peu de temps au temps par la pratique, je ne dis pas mais tout de go, ce n'est pas sans risque. Dans les pays en voie de développement (ceci n'ayant rien de péjoratif dans mon esprit), faute de médecin c'est l'infirmier du village qui fait tout comme il peut. C'est le modèle ?

    La liste des signataires car elle mérite d'être connue (des coquilles vides). On n'y trouvera guère des organisations ayant pignon sur rue.

    Association des Enseignants des Écoles d’Infirmiers de Bloc Opératoire
    Marie-Sophie NIAY, présidente de l’AEEIBO

    Association Française des Infirmières de Cancérologie
    Pascale DIELENSEGER, présidente de l’AFIC

    Association Française des Infirmiers de Dialyse, Transplantation et Néphrologie
    Dominique SCHMITT, vice-présidente de l’AFIDTN

    Association Française des Infirmiers en Pratique Avancée de Gérontologie
    Loriane SALIEGE, présidente de l’AFIPAG

    Association des Infirmiers Libéraux du Bassin Alésien
    Dominique JAKOVENKO, président de l’AILBA

    Association Nationale des Puériculteurs.rices Diplômé.s et des Étudiants
    Emilie RIA, vice-présidente de l’ANPDE

    Association Libre des étudiants infirmiers de bloc opératoire
    Adeline BRIS, présidente de l’ALEIBO

    Association de Promotion de la Profession Infirmière
    Cathie ERISSY, secrétaire générale de l’APPI

    Comité d’Entente des Ecoles IADE
    Ghislaine ROUBY, présidente CEEIADE

    Comité d’Entente des Ecoles Préparant aux Métiers de l’Enfance
    Guylaine BABCHIA, présidente du CEEPAME

    CEFIEC
    Michèle APPELSHAEUSER, vice-présidente du CEFIEC
    michele.appelshaeuser@ch-epsan.fr - 06 10 50 33 52

    Collectif Inter Blocs
    Rachid DIGOY, président du CIB

    Collège des Infirmièr.e.s Puériculteurs.rices
    Charles EURY, président du CIP IPDE

    Conseil National Professionnel des Infirmier.es en Pratique Avancée
    Julie DEVICTOR, présidente du CNP IPA

    Convergence Infirmière
    Ghislaine SICRE, présidente de Convergence Infirmière

    IPAssociation Centre Val-de-Loire
    Barbara GOMBERT, présidente de l’IPAssociation

    Fédération Française des Infirmières Diplômées d’État Coordinatrices
    Anne-Hélène DECOSNE, présidente de la FFIDEC

    Fédération Nationale des Infirmiers
    Daniel GUILLERM, président FNI

    Groupement des Infirmiers de Santé au Travail
    Nadine RAUCH, présidente du GIT

    Organisation Nationale des Syndicats d’Infirmiers Libéraux
    Antoinette TRANCHIDA, présidente de l’ONSIL

    Réseau des Enseignants Infirmiers en Santé au Travail
    Véronique BACLE, présidente du RIIEST

    Société Française d’Evaluation et de Recherche Infirmière en Bloc Opératoire
    Dany GAUDELET, présidente de la SOFERIBO

    Société Française des Infirmier.e.s Anesthésistes
    Arnaud BASSEZ, président de la SOFIA

    Société Française de Recherche des Infirmiers en Pratique Avancée
    Sébastien CHAPDANIEL, président de la SOFRIPA

    Société de Recherche des Infirmières Puéricultrices
    Elisa GUISES, présidente SoRIP

    Syndicat national des Infirmiers Anesthésistes
    Christophe PAYSANT, président du SNIA

    Syndicat National des Infirmiers de Bloc Opératoire
    Olivier WACRENIER, président national du SNIBO

    Syndicat National des Infirmier.e.s Conseiller.e.s de Santé
    Saphia GUERESCHI, secrétaire générale du SNICS

    Syndicat National des Infirmiers et infirmières Educateurs en Santé
    Brigitte ACCART, secrétaire générale du SNIES

    Syndicat National des Professionnels Infirmiers
    Virginie SCHLIER, présidente du SNPI

    Union Nationale des Infirmier.e.s de Bloc Opératoire Diplômé.e.s d’Etat
    Magali DELHOST, présidente de l’UNAIBODE

    Union Nationale des Infirmiers Diplômés d’Etat Libéraux
    Sylvie CIRON, membre du CA de l’UNIDEL

    Union Nationale des Infirmiers en Pratique Avancée
    Tatiana HENRIOT, présidente de l’UNIPA
  • 09/10/2020 à 10:19
    srh
    alerter
    Merci à ces état généraux et à ces associations (si petites soient-elles) de se mobiliser pour valoriser notre profession si souvent bafouée et peu reconnue par rapport à nos compétences ( sauf quand il y a vraiment besoin, mais sans le reconnaître officiellement).
    Il est temps que la place de l'infirmier-e change. Les propositions sont cohérentes et inclue la formation qui accompagnera ces changements. Non nous ne serons pas dans une prise en charge au rabais comme évoqué dans un post précédant, les infirmiers sont responsables et conscients de leurs missions et de leurs limites. Ne soyons pas négatifs par rapport aux tentatives de faire avancer les choses et soyons actifs et impliqués si l'on espère que la profession évolue et trouve -enfin- son autonomie.

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