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18/10/2021

Du sport prescrit pour le bien-être psychique

Les 4es Assises du sport-santé sur ordonnance, qui se sont tenues le 11 octobre dernier, ont été l’occasion de montrer l’intérêt de ce dispositif dans la prise en charge des troubles psychiques. Professionnels et bénéficiaires ont témoigné des bienfaits de l’activité physique et ont présenté des initiatives locales.

Les Semaines d’information sur la santé mentale se sont achevées ce dimanche 17 octobre, et, hasard du calendrier, elles ont coïncidé avec les Assises européennes du sport-santé sur ordonnance, qui se sont tenues à Strasbourg, lundi 11 octobre. L’un des ateliers était consacré à l’élargissement du sport-santé sur ordonnance à la santé mentale.

À Strasbourg et à Caen, des initiatives ont permis cette ouverture. En Normandie, l’établissement public en santé mentale (EPSM) propose depuis plus de douze ans des ateliers de sport à ses résidents. En 2016, des patients atteints de troubles psychiques ont pu participer à un séjour thérapeutique de voile organisé par la municipalité, ce qui a constitué le point de départ d’une étroite collaboration entre l’EPSM et la Ville de Caen. « Le sport-santé sur ordonnance est en principe proposé aux patients qui souffrent de certaines pathologies chroniques, mais la Ville de Caen accorde une dérogation pour les personnes atteintes de troubles psychiques stabilisés, a détaillé Nadine Patte, infirmière coordinatrice du service Sport de l’EPSM. La Ville assure un appui logistique et l’EPSM délègue une équipe composée d’une psychiatre et de cinq paramédicaux. »

Les patients peuvent bénéficier de trente séances, à raison de deux par semaine, et ont le choix entre une vingtaine d’activités différentes. Chaque semaine, ce sont 140 personnes qui peuvent donc se remettre au sport. À la fin du dispositif, les bénéficiaires sont accompagnés afin qu’ils s’orientent vers d’autres propositions. « Notre fonctionnement repose sur la complémentarité des compétences de la Ville et de l’EPSM, au bénéfice des soins », s’est félicité Nadine Patte.

Inclus pour d’autres pathologies

« L’intérêt du sport pour la santé mentale est multiple : amélioration des symptômes, diminution des troubles du sommeil, rupture de l’isolement, effet sur les neurotransmetteurs, lutte contre les effets indésirables des traitements… », a listé le docteur Pierre Kalipé, interne en psychiatrie aux Hôpitaux universitaires de Strasbourg qui réalise une thèse sur le sujet. Pourtant, les patients atteints de troubles psychiques ont des niveaux de dépense physique inférieurs aux recommandations de l’OMS. Aujourd’hui uniquement recommandé par la HAS dans la prise en charge de la dépression, le sport-santé sur ordonnance accueille pourtant déjà des patients qui souffrent d’autres pathologies, comme la schizophrénie, la bipolarité ou les troubles borderline, lorsqu’ils sont inclus en raison de pathologies « secondaires » : pathologies cardiovasculaires, prise de poids, diabète, etc.

« Je suis diagnostiquée psychotique, mais ce sont pour mes problèmes de poids et d’arthrose que mon généraliste m’a prescrit de l’activité physique », a témoigné Murielle Tavernese. Cette ancienne artiste de cirque est inscrite aux activités Pilates et fitness-santé proposées par la Maison du sport-santé de Strasbourg. « J’ai pu retrouver du tonus musculaire, donc une meilleure posture, j’ai donc moins souffert du dos, je suis sortie de la plainte, j’ai retrouvé le sourire… et tout cela est bon pour mon bien-être moral et psychique. » Incluse dans un groupe avec des profils variés, elle a apprécié de pouvoir s’inscrire « dans une dynamique collective, où l’autre est un tremplin ».

Formés aux premiers secours en santé mentale

Poussés par les bienfaits avérés du sport-santé en santé mentale, les acteurs du Contrat local de santé mentale (CLSM) de Strasbourg ont planché sur un dispositif dédié. Depuis quelques semaines, le sport-santé sur ordonnance peut ainsi être prescrit par les généralistes aux personnes atteintes d’un trouble psychique stabilisé. « Alors que le sport peut être vu comme un vrai remède, trop peu de patients ont accès à l’offre classique des clubs, parfois onéreuse et souvent mal adaptée », a insisté Agnès Reading, patiente bipolaire et présidente de la Maison de la santé mentale de l’Eurométropole de Strasbourg. Membre du groupe de travail qui a planché sur cet élargissement du sport-santé sur ordonnance, elle a détaillé les choix opérés pour le dispositif : « Il n’y aura pas de séance spécifiquement réservée à la santé mentale. Tous les bénéficiaires seront mélangés, mais les éducateurs sportifs sont formés aux premiers soins en santé mentale, afin d’être capables de réagir en cas d’urgence, si une personne fait une bouffée délirante, par exemple. » Les médecins prescripteurs ne sont pas tenus non plus de préciser de quel trouble la personne est atteinte.

Ce virage dans la prise en charge des atteintes psychiques est majeur. « Douze millions de Français présentent un trouble psychiatrique et la santé mentale représente le premier poste de dépenses sociales », a glissé le docteur Kalipé. L’enjeu est donc de taille et ces initiatives pourraient en inspirer d’autres.

Lisette Gries

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