Aide-soignant : incohérence sur la validation des diplômes | Espace Infirmier
 
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31/08/2022

Aide-soignant : incohérence sur la validation des diplômes

Alors que l’année 2021-2022 a été marquée par l’entrée en vigueur du nouveau référentiel de formation des aides-soignants, le Comité d’entente des formations infirmières et cadres (Cefiec) alerte sur des incohérences dans l’interprétation des textes, complexifiant la validation du diplôme.

Ce sont des réponses du ministère de la Santé qu’attend le Cefiec sur l’application des textes. Car les jurés des Instituts de formation d’aides-soignants (Ifas), qui vont prochainement se réunir pour valider les diplômes des futurs professionnels, sont confrontés à des difficultés liées aux textes. La réingénierie de la formation s’organise en blocs de compétences, composés eux-mêmes de modules. Comme l’explique le Cefiec, les élèves n’ayant pas validé un module d’un bloc de compétences se trouvent dans l’obligation de refaire la totalité du bloc concerné.

Incohérences d’interprétation

Cependant, le Cefiec observe une iniquité territoriale quant à l’application de cette règle, certaines Agences régionales de santé (ARS) précisant que les élèves doivent valider uniquement le module non validé tandis que d’autres régions se prononcent pour la revalidation complète du bloc de compétences. « Ce n’est pas la première fois que nous alertons sur des incohérences dans l’interprétation des textes, indique Michèle Appelshaeuser, présidente du Cefiec. Le ministère nous avait promis un comité de suivi un an après la mise en place du référentiel et rien n’a été fait. Aujourd’hui, à l’heure de la validation des diplômes, les jurés se trouvent en difficulté vis-à-vis des élèves demandant des réponses pour la validation de leur diplôme. » Le Cefiec plaide pour que seul le module soit à valider, car « si l’élève doit repasser tout le bloc de compétences, il va perdre deux à trois mois, retardant d’autant son arrivée sur le marché de l’emploi, dans un contexte majeur de pénurie de professionnels », estime Michèle Appelshaeuser.

Faciliter l’accès à l’exercice du métier

S’ajoute à cette problématique celle des élèves en situation de redoublement ou de validation des acquis de l’expérience (VAE) sur la base de l’ancien programme. « L’abrogation du texte est prévue pour janvier 2023, ce qui leur laisse peu de temps pour l’obtention du diplôme d’État, souligne la présidente du Cefiec. Dans l’état actuel des textes, si les apprenants ne valident pas leur formation d’ici janvier 2023, ils se verront annuler l’ensemble de leurs acquis et devront refaire l’intégralité de la formation. » Le Cefiec préconise un dispositif de reconnaissance d’acquis tout en leur laissant le temps de continuer leur cheminement. « Aujourd’hui, avec toutes ces contraintes, nous avons l’impression que les tutelles empêchent les gens de s’orienter vers cette profession et que tout est fait pour qu’ils ne puissent pas exercer un métier qualifié, dénonce Michèle Appelshaeuser. Pourquoi ne pas faciliter les choses ? »

Double rentrée… à éviter

Autre difficulté pour les Ifas cette fois-ci : l’une des solutions préconisées par le ministère pour répondre à la pénurie de personnel soignant, notamment chez les aides-soignants, est de mettre en place deux rentrées sur l’année, l’une en septembre, l’autre en janvier. Le Cefiec souligne que là aussi, cette obligation est interprétée différemment selon les régions et les ARS, certains Ifas ayant l’obligation d’effectuer cette double rentrée quand d’autres en sont exemptés. « De toute façon, il s’agit d’une fausse bonne idée, pointe du doigt la présidente du Cefiec. Car avec la non-valorisation du métier, nous n’arrivons déjà pas à remplir la session de septembre, alors pourquoi vouloir faire deux rentrées ? » D’autant plus qu’elles doivent s’effectuer à moyens constants alors que leur organisation double les ressources de fonctionnement, bâtimentaires, et mobilisent des ressources humaines supplémentaires.

Pour renforcer l’attractivité du métier, le Cefiec plaide, entre autres, pour une action sur les inégalités au cours de la formation. Les élèves aides-soignants n’étant ni étudiants, ni lycéens, ils ne bénéficient d’aucun avantage lié à ces statuts. « L’année est lourde financièrement pour eux, il faut que leur statut soit rediscuté », conclut Michèle Appelshaeuser.

Laure Martin

À LIRE ÉGALEMENT

- Soyer L., Tanda N., « Aide-soignant : comprendre la réforme de la formation », L’infirmière n°21 (juin 2022)

- De Vaumas E., « Aides-soignants : plus de compétences, mais toujours sous la coupe des IDE », sur espaceinfirmier.fr, le 22/06/2021

- Martin L. « Aides-soignants : réingénierie du diplôme en ordre de marche », sur espaceinfirmier.fr, le 27/04/2021

Les dernières réactions

  • 22/09/2022 à 11:25
    Elina Valasquez
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    La réaction a été supprimée car elle ne respecte pas la charte du site.
  • 24/09/2022 à 10:44
    Yushra
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    Moi j'ai validé mon diplôme DEAS,avec le nouveau référentiel, mais ya les résultats de certains élèves qui me laissent sans voix, pourquoi ne pas fournir des atestation comme la dernière fois pour les permettre de compléter cette pénurie de soignant.
    Je connais une élève de ma promo qui a 17,75 de moyenne du bloc 3, et qui a été recaler de 0,25 points du module 3.
    C'est dommage car elle a travaillé en gastronomie avec l'attestation et même la cadre de l'hôpital là réclame toujours. Hôpital viens de perdre une très bonne soignante car elle abandonne le milieu de la santé.
    Je pense que c'est un grand n'importe quoi ce référentiel, ces compétences et modules

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