Une serre dédiée au bien-être en santé, à Paris | Espace Infirmier
 
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01/04/2022

Une serre dédiée au bien-être en santé, à Paris

La Villa Magallon, ancienne serre au sein du jardin de la Clinique Saint Jean de Dieu à Paris (VIIe arrondissement) récemment rénovée, propose des soins de support aux patients de l’établissement, et des ateliers dédiés aux femmes atteintes d’un cancer du sein sous hormonothérapie.

Acupuncture et douleur chronique, yoga, danse, apprendre à mieux se nourrir ou comment s’habiller, rechercher un emploi ou reprendre le travail après un cancer… Voilà un petit aperçu des ateliers de soins de support proposés au sein de la Villa Magallon, un bâtiment tout en vitres de 70 m² situé dans le jardin de la clinique Saint Jean de Dieu, à Paris, et qui a été réhabilitée dans le respect du patrimoine existant. Cet espace dédié au bien-être en santé et à l’accompagnement des patients, inauguré le 8 mars, accueille depuis le début de l’année un programme d’éducation thérapeutique ciblé sur la cancérologie du sein et l’hormonothérapie.

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L’observance des traitements, axe voulu par l’équipe infirmière

Les professionnels en place ont développé des ateliers spécifiques. « C’est un projet de l’équipe infirmière qui a voulu axer le travail sur les traitements avec comprimés, souligne le docteur Hélène Hérin, oncologue, qui a rejoint l’équipe comme remplaçante en novembre 2020 et s’est formée à l’ETP. On sait que deux ans après le début de l’hormonothérapie, seuls 60 % des patients observent le traitement. » Aude Verdavainne, infirmière référente en chimiothérapie et titulaire d’un DU de psychologie-oncologie confirme : « L’après-cancer est toujours un peu difficile à gérer, le but des ateliers que nous avons mis en place, d’une durée d’une heure à 1 heure 30, est d’aider les patientes à comprendre leur traitement afin qu’elles le prennent dans la durée. Après une chirurgie et une radiothérapie, elles peuvent éprouver un sentiment d’abandon et se sentir lâchées dans la nature, à devoir prendre un comprimé, seules à leur domicile. Nous sommes là pour les accompagner. »

Sachant que le traitement qui consiste « en une prise quotidienne d’un comprimé pendant cinq à dix ans engendre de multiples effets secondaires indésirables. Les douleurs articulaires, la prise de poids et les bouffées de chaleur étant les plus fréquents. Le cancer a un impact sur toutes les activités de la vie, et les soins de support font partie du processus de reconstruction de la patiente », précise Hélène Hérin. Changement d’image corporelle, fatigue, sécheresse vaginale, de nombreux sujets doivent être entendus et ne plus rester tabous. L’offre de soins de support est proposée dès la consultation d’annonce, « et au fur à mesure des soins nous informons des dates possibles », précise Aude Verdavainne

Ateliers et groupes de parole ciblés

Les quatre ateliers ciblés menés par l’oncologue, des infirmières, la psychologue et une assistante sociale en place depuis mars abordent le fonctionnement de l’hormonothérapie, la gestion de ses effets secondaires, la façon de vivre avec son hormonothérapie, et les droits en tant que patiente. « L’objectif est vraiment de permettre aux patientes d’échanger entre elles, ajoute Hélène Hérin. Les ateliers sont interactifs, positifs et gratuits. » Une première session  s’est déroulée en mars, la seconde se tiendra en mai prochain. En parallèle, et à la demande des patientes, deux groupes de parole ont vu le jour : un pour les jeunes patientes de 25 à 35 ans qui ont des préoccupations spécifiques comme la fertilité ou leur carrière professionnelle (lire le zoom sur ci-dessous) brusquement stoppée, et un groupe « cancers chroniques ». « Organiser les groupes de parole dans la serre, un lieu nouveau et vraiment chaleureux, a créé une dynamique et enrichi les échanges patientes-soignants », confie Aude Verdavainne qui participe au groupe cancers chroniques.

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Globalement, l’objectif de l’ensemble de ces ateliers est bien d’être au plus près des besoins des patientes. « Nous leur donnons de la liberté dans les contraintes, estime Bettina Presutti, psychologue, salariée à temps plein de la clinique. Nous leur proposons un cadre et nous essayons de les accompagner dans leur tempo de manière souple et libre. De mon côté, je suis disponible pour les rencontrer et les écouter à tout moment. » Une démarche qui semble porter ses fruits. L’équipe soignante travaille aujourd’hui sur le thème « Vie intime et santé sexuelle » avec un psycho-onco-sexologue, sujet qui sera ensuite intégré dans la consultation d’annonce.

Isabel Soubelet, photos Clinique Saint Jean de Dieu

ZOOM SUR…

L’atelier « cancer et travail » s’appuie sur l’expérience patient

Camille Bouet Dumonteuil, prise en charge pour un cancer du sein en 2017 à la Clinique Saint Jean De Dieu a suivi sur place des ateliers beauté et de réflexologie plantaire. Elle a eu l’idée de monter un atelier « Cancer et travail » avec la DRH de Velvet Consulting, le cabinet de conseil en marketing, ventes et relations clients où elle travaille, et Ana De Sousa, responsable des soins de support à la clinique. « Le but est d’aborder toutes les questions techniques et juridiques, comme le mi-temps thérapeutique, l’invalidité ou la prévoyance, précise la jeune femme. Je ne donne pas de solutions aux personnes mais j’apporte un éclairage neutre pour les accompagner et les aider à déculpabiliser sur toutes les questions qui tournent autour du travail grâce à mon expérience patient. »

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Les dernières réactions

  • 17/05/2022 à 20:48
    Henriette Amunazo
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