01/02/2021

Pénibilité : aménager les fins
de carrière des Idels

Dans une étude publiée mi-janvier, la caisse de retraite Carpimko montre que les infirmières libérales (Idels) souffrent particulièrement de la pénibilité au travail. Elle demande à ce que la profession puisse bénéficier de départs anticipés.

La crise sanitaire avait failli faire oublier le problème des retraites. Mais la Carpimko, elle, s’en est souvenue. Cette caisse autonome qui gère la retraite des auxiliaires médicaux libéraux (Idels, mais aussi pédicures-podologues, masseurs-kinésithérapeutes, orthophonistes et orthoptistes) a publié, mi-janvier, une étude sur la pénibilité au travail des professions dont elle a la charge. Et les résultats plaident, d’après elle, pour la mise en place d’une fin de carrière aménagée.
« L’objectif de cette étude était d’amener à une réflexion sur la réforme des retraites, afin de tendre vers une reconnaissance de la pénibilité telle que la connaissent nos collègues salariées, détaille Corinne Bourseaud, Idel dans le Puy-de-Dôme et Secrétaire générale de la Carpimko. Aujourd’hui, nous partons à la retraite à 67 ans, alors que notre étude met en évidence des taux de pénibilité élevés, notamment pour ce qui est de l’hyperstress, mais aussi de la condition physique. »

Un certain degré d’épuisement psychologique…

L’enquête, qui a été menée par le cabinet Stimulus entre fin juin et début juillet 2020, a concerné près de 13 000 auxiliaires médicaux, dont 6 272 Idels. On note que 73 % d’entre elles déclarent un degré d’épuisement « modéré » ou « sévère », et que 57 % présentent des manifestations de burn out.
À cela s’ajoutent des journées de travail d’une amplitude qui « atteint facilement treize à quatorze heures », pour une durée moyenne de travail de onze heures , précise l’étude. Pas étonnant, dans ces conditions, que 43 % des répondantes présentent un niveau d’hyperstress, défini comme un niveau de stress « tel qu’il représente un niveau de risque pour la santé de la personne ».

… et physique

Ces facteurs psychologiques s’accompagnent de facteurs physiques. 58 % des répondantes indiquent ainsi « toujours » ou « souvent », au cours d’une journée de travail, être amenées à soulever ou déplacer des charges ou des patients de plus de 15 kg. Et 29 % déclarent avoir plus de quatre heures de trajet professionnel par jour, avec les contraintes posturales qui vont avec.
De manière plus générale, les Idels sont très souvent amenées à adopter des postures pénibles. C’est ainsi que, sans surprise, elles sont 99 % à déclarer adopter « souvent » ou « toujours » une position debout. Un chiffre qui atteint 94 % pour la position penchée en avant, et 87 % pour la position accroupie. Et 93 % déclarent « ressentir une fatigue physique ou des douleurs à cause de [leur] activité de travail ».

Une réforme à venir

Mais pourquoi porter ce débat maintenant, alors que la crise du coronavirus a remis aux calendes grecques la réforme des retraites, celle-ci ayant même été qualifiée en décembre par Richard Ferrand, président de l’Assemblée nationale, « d’excellente première réforme de deuxième quinquennat » ? Parce que la reconnaissance de la pénibilité ne passe pas que par la réforme des retraites.
« Il y a une loi sur la santé au travail qui arrive courant février à l’Assemblée nationale, indique Corinne Bourseaud. Nous aimerions en profiter pour raccrocher les wagons, et entamer une réflexion sur la prévention de notre usure professionnelle et la mise ne place d’une carrière aménagée. » Une réflexion qui ne doit bien sûr pas, selon la Secrétaire générale de la Carpimko, passer par une augmentation des cotisations, mais « par une aide de l’État ».

Adrien Renaud

Les dernières réactions

  • 05/02/2021 à 09:22
    PATBIANCO
    alerter
    très bonNE article
    LEs infirmières sont épuisées !!
    Et les infirmiers bordel !!
    J ai ai marre de cette époque feministe outrancier!!
    VIVE LES INFIRMIERS

  • 05/02/2021 à 12:24
    oisodesiles
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    parce que vous trouvez que les autres IDE en fin de carrière vont mieux?
    que dire d'une IDE de plus de près de 60 ans dans un service de réanimation ? elle ne porte pas de charges lourdes ? elle ne travaille pas debout en permanence ? elle n'a pas une souffrance psychologique à voir mourir 1/3 de ses patients? et elle ne subit pas de stress?
    ce genre d'article qui ne fait qu'opposer les libérales aux autres professionnelles est absurde.
    il faudrait que nous arrêtions ce corporatisme qui ne fait qu'affaiblir notre profession et qui ne permet en aucun cas de la souder et réunir.
    c'est le cas de l'Ordre, il n'en a que pour les IDEL. durant cette année de pandémie, il ne s'est jamais adressé aux IDE mais toujours aux IDEL. je les ai personnellement interpellé pour un problème en tant que salarié et on m'a répondu : "voyez avec votre employeur" ! CQFD, l'Ordre, tu ne me sers à rien d'autre qu'a me racketter 30 euros par an! merci l'unité
  • 06/02/2021 à 10:53
    Isa34
    alerter
    On n'est pas prêt de gagner quoi que ce soit avec de telles jalousies !!! Désespérant, pathétique...
  • 06/02/2021 à 11:17
    Vincent
    alerter
    Déjà pour oisodesiles, il ne s'agit pas d'opposer différentes catégories d'infirmiers(es) mais le sondage a été fait par la Carpimko, la caisse des indépendants. Il ne concerne donc que ceux-ci, vu que le personnel salarié n'a pas été interrogé. Pour les autres si la CNRACL avait fait le sondage, les libéraux n'auraient pas été sollicités.
    Ensuite ce qui me paraît un peu cynique c'est que la Carpimko fasse ce type de sondage sachant que sur leur prestations sociales nous sommes dans un autre monde par rapport aux salariés. Délais de carence de 90 jours en cas de maladie ou autre, retraite possible à 62 ans (depuis janvier 2019 sous contrainte gouvernementale) mais l'ASV seulement à 65 pour le taux plein, sinon c'est 67 ans pour le taux plein et je ne vais pas vous faire la liste de tout le reste. Pas étonnant que la caisse soit excédentaire. Pour le reste concernant la profession, pas besoin de payer un institut de sondage pour savoir dans quel état moral celle-ci est. Entendez vous se mobiliser les syndicats pour le personnel soignant ? Non, on ne fait pas partit de la Sncf ou Edf ... Ils savent que ce n'est pas leur fond de commerce. Peu (très !!) de syndiqué(es), très impliqué(es) dans leur travail et haut niveau de responsabilité par rapport à celui-ci, réquisition en cas de grève (donc tout fonctionne et n'ennuie personne) bref, ce n'est pas près de s'améliorer ...
  • 07/02/2021 à 11:04
    chesnel
    alerter
    Lorsque vous devenez infirmières ou infirmiers vous avez
    quatre choses à faire
    vous inscrire à l'ordre
    vous syndiquer
    prendre une assurance responsabilité civile
    prendre une complémentaire santé mutualiste de préférence
    Vous pourrez ensuite participer dans chacune de ces structures aux actions qu'il mènent et peser sur leurs orientations et choix
    C'est un peu facile de critiquer sans s'impliquer
    oui il y a des militants syndicaux qui se battent réellement pour améliorer les conditions de travail de leurs collègues
    oui il y a des conseils ordinaux qui viennent en aide aux salariés des EHPAD privées ......et que ne s'intéressent pas uniquement au libérales..
    Oui il y a des mutuelles qui s'engagent auprès de leurs adhérents et les accompagnent dans toute leur carrière et au delà grâce a solidarité intergénérationnelle
    s'engager militer cela permet de voir les problèmes de manière plus globale et de croire que c'est pas la solidarité que l'on va privilégier le bien commun ; Pour nous infirmières évitons le clivage entre les différents lieux d'exercice restons unis et débattons dans la bienveillance sur nos divergences comme cela se fait sur cette page .Notre richesse ce sont ces multiples possibilités d'exercices : en établissement en ville en milieu scolaire prison armée monde du travail bref dans toute la société ;;; sachons valoriser cela politiquement ;
    meilleurs salutations confraternelles

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