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10/03/2021

Les sciences infirmières en attente d’une volonté politique

Les résultats de la seconde campagne de qualification d’enseignants-chercheurs en sciences infirmières viennent d’être publiés. L’occasion de faire le point sur les recrutements réalisés dans les universités.

Pour cette deuxième session, dix personnes ont été qualifiées aux fonctions de maître de conférences en sciences infirmières. Le nombre de dossiers déposés cette année était sensiblement le même que l’an dernier. Juste après sa création, en décembre 2019, la section des sciences infirmières du Conseil national des universités (CNU) avait examiné 55 candidatures pour la qualification aux concours de maître de conférences et de professeur des universités. Elle avait dû bâtir rapidement les critères d’éligibilité à ces postes. Ont été retenus la production scientifique, l’enseignement orienté sur la méthodologie de recherche et l’implication dans la promotion des sciences infirmières, via la participation à des associations, des sociétés savantes ou des programmes de recherche.

UN SEUL POSTE DE MAÎTRE DE CONFÉRENCES EN 2020

En mars dernier, la section 92 du CNU avait approuvé 19 qualifications pour les postes de maître de conférences et deux pour ceux de professeur. Selon son président, Rémi Gagnayre : « Les candidatures qui ont été écartées pour les postes de maître de conférences ne correspondaient pas aux exigences de publication. Certains candidats ont vu dans la qualification une perspective de reconnaissance professionnelle et n’ont pas bien saisi sa dimension avant tout scientifique. » Les disciplines du doctorat obtenu par les candidats qualifiés les plus représentées dans cette sélection sont les sciences de l’éducation et de la formation (dont sont issus trois des six membres de la section), la santé publique et la sociologie. La campagne de recrutement dans les universités au printemps dernier n’a pas été à la hauteur du nombre d’enseignants-chercheurs qualifiés par la section des sciences infirmières. Un seul poste de maître de conférences a été ouvert pour la rentrée 2020, à la faculté de santé de l’université d’Angers. Stéphane le Bouler et Isabelle Richard, artisans de l’universitarisation des sciences infirmières qualifiaient le recrutement de « passage à l’acte en matière de forces de recherche(1) ». La création de postes en sciences infirmières est en effet la troisième étape de l’universitarisation, après la création de la section des sciences infirmières du CNU et les campagnes de qualification. En décembre 2019, ces mêmes auteurs considéraient que « les manifestations d’intérêt sont nombreuses du côté des présidents d’universités et des responsables des UFR santé, et tout laisse à penser que le dispositif aura un impact important et fera levier en termes d’intégration universitaire ». Comment expliquer que ce passage à l’acte n’ait pas encore eu lieu ?

DES OBSTACLES À LEVER

« Ce que l’on peut dire, c’est que cette campagne ne s’est pas accompagnée de créations à la hauteur de l’installation de la section, estime Rémi Gagnayre. Le retour est assez faible et dénote peut-être que la recherche en sciences infirmières n’est pas connue ou comprise. Nous avons besoin d’un soutien politique, qu’en ce moment important, le politique porte et supporte cette recherche. Nous espérons que le ministère de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche va flécher des postes dans les universités. » En effet, l’ouverture de postes dans les universités est décidée suite à une sélection parmi les demandes présentées par les différents laboratoires de recherche, qui ont eux-mêmes procédé à un classement de leurs besoins. Nouvelles nées, les sciences infirmières ne sont pas les mieux placées pour fédérer, au sein des laboratoires, des candidatures prioritaires. Ces obstacles devraient être en partie levés à la rentrée prochaine. À la faveur du Ségur de la santé, des moyens vont être affectés par le ministère des Solidarités et de la Santé pour une première vague de recrutement dans les filières paramédicales universitaires.

1 Isabelle Richard I., Le Bouler S., « La création de nouvelles sections du Conseil national des universités », Recherche en soins infirmiers, avril 2019, n° 139, pages 8 à 11. 

Marie-Capucine Diss

Les dernières réactions

  • 11/03/2021 à 19:15
    Sven
    alerter
    Bonjour

    L’universitarisation de la formation n’a eu qu’un seul et unique effet ; le retour du patriarcat médical.
    Où est l’amélioration de la qualité des soins où est le développement des compétences infirmières ?
    L’université connaît-elle seulement ce qu’est le métier d’infirmier ?
    Certaines universités n’ont pas de département de sciences Infirmières ni mème paramédicales.
    Les infirmiers ne sont pas associés à la construction des masters en santé
    On a vendu du rêve aux infirmiers pour mieux les mettre sous tutelle.
    Sven

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