Les « puers » engagées dans la santé environnementale en quête de reconnaissance | Espace Infirmier
 
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11/05/2022

Les « puers » engagées dans la santé environnementale en quête de reconnaissance

Créé en septembre 2020, le Collectif Je Suis Infirmière Puéricultrice (JSIP) œuvre pour la reconnaissance de la profession, sa place dans la promotion de la santé de l’enfant et le soutien à la parentalité. Tout comme dans la prise en compte de la santé environnementale, notamment lors des 1 000 premiers jours.

La publication du rapport de la commission des 1 000 premiers jours en septembre 2020 n’a pas rempli d’enthousiasme Claire Royer de la Bastie, cofondatrice du Collectif JSIP. « Nous sommes l’une des professions qui articulons cette période des mille premiers jours or, nous n’avons pas été mises en lumière dans ce rapport, souligne la professionnelle, infirmière puéricultrice  diplômée depuis 2017. Le Collectif est né de la volonté d’obtenir une reconnaissance de nos compétences et notamment une revalorisation salariale. Nous avons le même diplôme que les infirmières avec une année de spécialisation en plus. Nous avons la volonté de nous former auprès des enfants, des familles et des auxiliaires puéricultrices mais cela n’est pas pris en compte. Il est souvent difficile de se faire financer cette année supplémentaire par la formation professionnelle, et il est très courant qu’elle repose sur de l’autofinancement. De plus, nous sommes exclues de la prime d’exercice en soins critiques en vigueur depuis le mois de janvier. Nous voulons tout simplement la place qui nous est due. »

Savoir-faire spécifiques

Le but du Collectif JSIP est bien de faire reconnaître cette expertise. « Dans notre profession d’IDE puéricultrice, nous ne pouvons pas seulement faire des soins techniques, ajoute Claire Royer de la Bastie. Pour que l’enfant accepte le soin, nous l’accompagnons dans son environnement avec ses parents. Nous sommes formées à la parentalité. Nous exerçons dans des lieux très variés, comme les services de réanimations pédiatriques, les PMI ou à la direction d’établissements d’accueil de jeunes enfants. Parfois on nous confond avec les assistantes maternelles et les assistantes puéricultrices ! Et aujourd’hui, de plus en plus de personnes s’autoproclament professionnels de la parentalité… » Adopter la bonne attitude, utiliser le vocabulaire adapté, mettre en place sur le terrain des postures professionnelles apprises de manière théorique sont des savoir-faire défendus par le Collectif . « Une autre de nos revendications concerne la reconnaissance de notre formation en master et la création d’une IPA pédiatrie en deux ans, ajoute-t-elle. Cela nous permettrait de gagner en autonomie en réalisant la consultation de la pédiatrie de suivi de l’enfant sain. Ce sont des choses que nous faisons déjà au quotidien depuis plusieurs années mais sans reconnaissance… Il faudrait une vraie nomenclature de soins pédiatriques. » Concernant l’infirmière en pratique avancée (IPA) pédiatrie, cela pourrait aboutir en 2023. Dans tous les cas, le sujet était affiché par Olivier Véran et en discussion avec la Direction générale de l’offre de soins (DGOS), avant les dernières élections présidentielles…

Bientôt un guide d’écopuéricultrice

« Notre environnement a un réel impact sur la santé mentale, émotionnelle et affective de l’enfant, et de l’adulte en devenir, rappelle la cofondatrice du Collectif JSIP. Très vite nous avons donc créé une branche en santé environnementale. » Aborder le choix des contenants lors de la diversification, sensibiliser à l’utilisation des téléphones grâce à une affiche dans les services de néonatologie en partenariat avec l’Association santé environnement france (Asef), alerter sur les champs électromagnétiques… De multiples démarches ont vu le jour. Un guide d’écopuéricultrice est en cours de préparation. « Nous sommes en phase d’écriture, confie Karine Pontroué, infirmière puéricultrice depuis 2016, titulaire d’un diplôme interuniversitaire Santé environnementale depuis 2019, et en charge de la santé environnementale au sein du Collectif. Le but est de recenser les informations sur ce sujet et d’apporter des connaissances aux parents, de les diffuser, et aussi de questionner les pratiques des professionnels afin de faire connaître la santé environnementale dans la profession et par les infirmières puéricultrices elles-mêmes. » Le Collectif JSIP (255 membres et 4 500 sur Facebook) mise beaucoup sur la communication et les réseaux sociaux pour faire passer ses messages et connaître ses actions. Il a intégré le Collectif inter-associatif pour la santé environnementale (Cise), le Collectif d’action face à l’urgence en santé environnement (Cause) et le réseau Île-de-France Santé Environnement. Le 19 mars, aux côtés d’élus, de scientifiques et d’ONG, il a signé « L’appel de Grenoble » en faveur d’un Giec de la santé environnementale. En espérant être entendus !

Isabel Soubelet

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