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23/06/2022

« L’Observatoire de santé au travail sera précieux pour adapter nos actions de prévention »

Le Dr Vinh Ngo a participé à la création d’un nouvel observatoire qui se donne pour mission de produire des données pseudonymisées en santé au travail en mutualisant les indicateurs de neuf SPSTI. L’objectif : améliorer la pertinence des actions en milieu de travail menées par les services. 

Le 36e Congrès national de médecine et santé au travail, qui s’est tenu à Strasbourg du 14 au 17 juin, a été l’occasion d’annoncer la création d’un Observatoire national de santé au travail. Neuf services de prévention et de santé au travail interentreprises (SPSTI) ont en effet décidé de mutualiser leurs indicateurs afin de dessiner de nouvelles perspectives pour la santé au travail. Parmi ces SPSTI, le Ciamt (Centre interentreprise et artisanal de santé au travail) compte près de 28 000 entreprises adhérentes en Île-de-France. Son directeur général, le Dr Vinh Ngo, fait part de son enthousiasme pour ce projet.

Pourquoi avoir créé cet Observatoire ? 

Nous avons fait le constat d’un manque de données pseudonymisées pour mener des études longitudinales, notamment sur la prévention du risque de désinsertion professionnelle ou le suivi au long cours des travailleurs. Nous avons donc souhaité mettre en commun les données issues de déclarations des salariés et des employeurs que nous suivons, tant sur l’exposition aux risques que sur le vécu professionnel. Cela nous permet par exemple de faire émerger les points de concordance et de discordance entre la perception des travailleurs et celle des entreprises. 

Comment ces données à grande échelle seront-elles utiles pour l’accompagnement des salariés ?

L’analyse de ces indicateurs permettra de mieux comprendre les facteurs d’usure prématurée des salariés, en fonction des populations et des contextes de travail, mais aussi les facteurs protecteurs qui contribuent à leur maintien en emploi. Cette meilleure connaissance nous permettra d’adapter nos suivis et nos actions de prévention. C’est aussi dans cette perspective qu’il est important d’intégrer à ces données l’évaluation des risques par les équipes des services de santé au travail.

Aujourd’hui, neuf organisations composent l’Observatoire. Sera-t-il élargi à d’autres services ? 

Dans l’idéal, il faudrait que tous les services de santé au travail puissent y participer. Cela demande de passer à des systèmes informatiques qui soient en capacité de dialoguer entre eux, avec des indicateurs harmonisés. Cette révolution numérique est nécessaire, mais la santé au travail peut déjà s’appuyer sur cette culture : notre dossier médical en santé au travail (DMST) est le seul qui soit traductible dans toutes les langues et transférable d’un service à l’autre. 

Vous portez une vision novatrice de la santé au travail…

Il est temps que la médecine du travail passe à une logique « 4 P » : personnalisée, préventive, prédictive et participative. J’ajoute d’ailleurs deux autres P, pour parcours piloté. Tout cela ne pourra se faire qu’à travers le partage et l’analyse de données, à l’image de ce que propose le Health Data Hub.

Propos recueillis par Lisette Gries

EN CHIFFRES

Salariés et employeurs ne déclarent pas les mêmes risques

La création de l’Observatoire national de santé au travail a été accompagnée de la publication de premiers chiffres, issus des données collectées par sept SPSTI auprès de quelque 164 000 salariés. 52 % d’entre eux déclarent être exposés à un risque d’ordre biomécanique (posture, manutention, etc.). Un tiers de ces salariés relève également des risques liés aux horaires atypiques, et la même proportion cite des facteurs physiques (bruit, intempéries, etc.). Enfin, 29 % sont exposés à des agents chimiques. Les employeurs déclarent que 67 % des travailleurs sont exposés à un risque d’accident. Ils citent aussi le facteur biomécanique comme risque principal (57 %), mais déclarent moins d’horaires atypiques (21 %) et d’exposition à un agent chimique (16 %). 

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