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10/11/2021

IPA « urgences » : les textes… en attendant leur application

Les textes précisant les activités des infirmiers en pratique avancée (IPA) aux urgences sont enfin sortis. Et même s’ils déçoivent en partie la profession, ils ont toutefois le mérite d’exister.

On ne l’attendait presque plus. Promise par Agnès Buzyn en 2019 dans son pacte de refondation des urgences, la mention « urgences » du métier d’IPA avait fini par devenir l’Arlésienne de la profession. Mais tout arrive : le 25 octobre dernier a paru au Journal officiel le décret encadrant l’exercice de ces futurs soignants. Deux jours plus tard, il était suivi par un arrêté listant les motifs de recours qui leur permettent d’intervenir. C’est une étape importante pour l’évolution du métier, mais les observateurs se gardent de crier victoire : le décret et l’arrêté sont les fruits d’un compromis… ce qui engendre certaines frustrations.

« Je ne vais pas dire que ces textes correspondent aux attentes de la profession, mais ils correspondent au consensus des groupes qui ont travaillé sur le sujet », estime ainsi Julie Devictor, présidente du Conseil national professionnel (CNP) des IPA. « Si ça ne tenait qu’à moi, on aurait été bien plus loin », affirme de son côté le Dr Youri Yordanov, urgentiste à l’hôpital Saint-Antoine de Paris, qui s’est particulièrement impliqué dans les discussions.

Deux parcours

Principal point de frustration : l’autonomie octroyée aux futurs IPA, que beaucoup jugent trop limitée. Les textes créent en effet deux parcours. Dans le premier, dit « médico-paramédical », l’IPA « participe, après décision du médecin […] et sous sa conduite diagnostique, à la prise en charge des urgences vitales ou complexes ». Les motifs de recours qui déclenchent ce type de parcours sont de nature grave ou complexe : syndrome coronarien aigu, intoxication médicamenteuse, diarrhées ou vomissements du nourrisson, etc.

Le second parcours, dit « paramédical », est celui qui, en théorie du moins, laisse le plus d’autonomie à l’IPA. Ce dernier est en effet réputé « compétent pour prendre en charge un patient et établir des conclusions cliniques » dans des situations « présentant un moindre degré de gravité ou de complexité » : ingestion de corps étranger sans signe de gravité, brûlure ou consultation tardive pour brûlure, hors signe de gravité, etc. Mais le hic, c’est que dans ce parcours, l’arrêté précise noir sur blanc que la compétence de l’IPA vaut « dès lors qu’un médecin […] intervient au cours de la prise en charge ».

Risque de rejet par le Conseil d’État

« Cette intervention médicale dans le parcours paramédical fait que je ne suis pas complètement satisfait de la future autonomie », explique Florian Bois, qui fait partie des très rares étudiants IPA mention « urgences » (en l’absence de textes, seule l’université d’Aix-Marseille s’est lancée dans cette mention pour l’année 2021-2022, et cinq étudiants sont inscrits). « C’est un ajout qui a été fait parce que la loi n’autorise pas la primo-prescription pour les infirmiers, décrypte Julie Devictor. Sans cela, le Conseil d’État allait rejeter le texte. »

Heureusement, la formulation choisie laisse une grande liberté d’interprétation. « Le fait de n’avoir pas précisé outre mesure ce que doit être l’intervention du médecin dans le parcours paramédical permettra aux organisations locales de prendre la main, estime Youri Yordanov. C’est la politique des petits pas. » Même analyse du côté de Florian Bois. « Pour moi, cela veut dire qu’on pourra prendre en charge des patients directement après orientation par l’IOA [Infirmier organisateur de l’accueil, ndlr], commencer la prise en charge, et ensuite faire intervenir un médecin, un peu à la manière dont les internes font sénioriser leurs prescriptions », estime l’étudiant IPA.

Reste que quel que soit le degré d’autonomie qu’ils laissent aux IPA, les deux parcours ne sont pas près de constituer la majorité des prises en charge aux urgences. Si l’on excepte Florian Bois et ses quatre compagnons de master, les premiers étudiants IPA ne pourront choisir la mention « urgences » qu’à la rentrée 2022, et ne seront diplômés qu’en 2023.

Adrien Renaud

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