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28/06/2022

Exit la perméthrine pour se protéger des moustiques et des tiques !

Les recommandations sanitaires pour les voyageurs publiées par Santé publique France préconisent l’abandon des sprays vêtements à base de perméthrine et précisent le bon usage des répulsifs cutanés.

Jusqu’à présent recommandés pour se protéger des piqûres de moustiques et de tiques dans les zones à fort risque de transmission d’une maladie vectorielle (paludisme, chikungunya, dengue, Zika ou maladie de Lyme pour les tiques), les sprays vêtements à base de pyréthrinoïdes (généralement de la perméthrine, en France) ne bénéficient plus d’un rapport bénéfice/risque favorable en population générale, même en usage de courte durée. Ces recommandations pour les voyageurs publiées début juin dans le Bulletin épidémiologique hebdomadaire s’appuient sur un rapport récent de l’Inserm documentant, outre la toxicité environnementale de ces insecticides (notamment vis-à-vis des organismes aquatiques), leurs effets sur la santé humaine. Ceux-ci peuvent apparaître lors d’une exposition chronique – professionnelle, par exemple, avec une présomption d’association à la survenue de certains cancers –, mais aussi ponctuelle chez les femmes enceintes et les jeunes enfants avec, dans ce cas, une présomption forte d’induire des troubles du développement neuropsychologique de l’enfant. L’imprégnation des vêtements par la perméthrine reste en revanche recommandée pour des populations particulières (militaires, réfugiés) lorsqu’ils n’ont pas accès à des moustiquaires imprégnées.

Répulsifs cutanés, toujours quatre molécules recommandées

Le DEET, l’IR3535, l’icaridine et l’huile d’Eucalyptus citriodora hydratée cyclisée restent les quatre molécules recommandées en application cutanée sur les zones découvertes du corps pour se protéger des moustiques et des tiques. L’huile d’Eucalyptus citriodora hydratée cyclisée est extraite de l’huile essentielle d’eucalyptus citronné qui s’en distingue par sa richesse en PMD (paramenthane-3,8-diol), la substance répulsive active. En revanche, l’huile essentielle d’Eucalyptus citriodora, comme d’autres huiles essentielles, n’offre pas une durée d’action suffisante pour protéger efficacement des piqûres d’arthropode. Il en est de même des bracelets anti-insectes.

« Parmi ces molécules, le DEET reste le répulsif de référence », indique le Dr Nathalie Boulanger, pharmacienne et entomologiste médical au Centre national de référence de la maladie de Lyme, à Strasbourg, qui a participé à l’élaboration de ces dernières recommandations. Il peut être préféré dans les zones où le risque de transmission d’une maladie vectorielle est important – notamment climats tropicaux et zones impaludées pour les moustiques, et régions à forte densité de tiques (Alsace, Lorraine, Limousin en France, ou certaines régions d’Europe centrale ou de l’Est). L’action des répulsifs cutanés sur les tiques est néanmoins plus aléatoire que sur les moustiques. L’IR3535 est le seul répulsif utilisable dès l’âge de 6 mois, à la concentration maximale de 20 %. L’huile d’eucalyptus hydratée cyclisée est en revanche désormais déconseillée avant 3 ans et, selon les concentrations, en cas de grossesse, mais tous les produits ne se sont pas encore alignés sur ces recommandations.

CONSEILS PRATIQUES

Se protéger des maladies vectorielles à tiques

« La meilleure des protections contre les tiques est le port de vêtements, à condition qu’ils soient bien couvrants car les tiques peuvent s’y accrocher et migrer vers la peau », note le Dr Boulanger. Il convient par ailleurs au retour de balade d’inspecter l’ensemble du corps, notamment aux endroits où la peau est fine (arrière des oreilles, cuir chevelu, aisselles, nombril). Si une tique est détectée, la retirer à l’aide d’un tire-tique ou, à défaut, d’une pince à épiler en la saisissant au plus près de la peau pour ne pas l’écraser puis désinfecter. Si une partie de la tête est restée accrochée, le système immunitaire s’en débarrassera. « Du moment que le corps a été enlevé, il n’y a plus de transmission possible de pathogènes », rassure la spécialiste. Après retrait, la zone de piqûre est à surveiller pendant un mois afin de contrôler l’absence de survenue d’un halo rouge d’au moins 5 cm, première manifestation de la maladie de Lyme.

Nathalie Belin

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