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02/06/2021

À Lille, les usagers en santé mentale ont la parole

Qui pour parler au mieux des soins en santé mentale ? Sans aucun doute les usagers, répondent en chœur les équipes du G21, l’un des secteurs de l’EPSM de la métropole des Hauts-de-France. La philosophie du pôle repose sur une concertation constante de tous les acteurs de la santé, des élus et des usagers, représentés par des porte-parole. Un dispositif unique en France.

C’est une psychiatrie dite citoyenne. Depuis plus de quarante ans, psychiatres, soignants, éducateurs spécialisés, psychologues, élus locaux et associations unissent leurs compétences pour proposer une santé mentale dans la ville, sans murs, au plus près de l’usager. « Il est au milieu et on gravite autour », image Audrey Guesne, infirmière depuis vingt-et-un ans et depuis plusieurs années dans les équipes mobiles du G21. Celles-ci permettent de maintenir à domicile les patients et de réduire au minimum les hospitalisations, l’un des objectifs du secteur qui compte dix lits pour 85 000 administrés.

Des porte-parole élus intégrés aux directions

Depuis 2012, le pôle pousse plus loin l’idée de la démocratie sanitaire, le lien et la concertation avec les usagers et leur expérience. Ils sont représentés par des porte-parole élus. Six nouveaux ont été élus en avril 2019, pour deux ans, par d’autres usagers en cours de soin. Olivier Devaux est l’un de ces représentants.

L’homme était inspecteur d’assurance depuis trente ans quand, en 2014, il a fait un grave burn out. Début 2017, après trois ans à tenter de se soigner, il est reçu par un médecin de la Sécurité sociale. Inaptitude totale. « Catastrophe, s’exclame-t-il. J’avais un métier très riche en relation humaine. Tout s’est écroulé. » Quelque temps après, il découvre ce dispositif unique en France, dont lui parle une psychologue. « Il s’agit d’intégrer l’usager et son expérience aux structures de direction du pôle de santé. On intervient sur des choses très pratiques : un problème récurrent de chauffage et un lave-vaisselle pour les verres d’eau dans les CMP, par exemple. On intervient aussi en tant que personnes indépendantes, nous ne sommes pas une association, et bénévoles dans tous les comités de pilotage du pôle et dans toutes les réunions d’organisation. »

Problèmes du quotidien entendus

Les porte-parole repèrent alors des problèmes du quotidien dans les structures ou dans l’organisation et les font remonter parfois à la direction de l’établissement, parfois à la mairie. Une réponse tarde rarement à arriver. « On devrait faire appel plus souvent à eux », plaisante Coline Groulez, psychiatre du G21, à propos des courts délais de réponse des instances face à ces requêtes.

Dernier problème en date : « On a besoin de prises de sang avec un délai de réponse assez rapide dans certains cas sur le lieu d’hospitalisation. Celles-ci ne sont pas analysées au CHR de Lille où se trouve l’établissement mais dans un laboratoire d’analyses à trente bornes. Ça revient dans le meilleur des cas dans les 24 heures, s’insurge Olivier Devaux. On va faire un courrier à la direction du CHR pour qu’il y ait une convention entre la clinique du secteur G21 et le service de biologie médicale du CHR, qui sont sur le même site. »

Un changement qui pourrait en plus faciliter le travail des équipes. Aujourd’hui, l’idée est de faire mieux connaître le dispositif au sein du secteur et en France.

Thomas Laborde

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Lire le reportage « Au G21, là où les personnes ont remplacé les murs » paru dans L’Infirmièr.e, n° 9, juin 2021

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