21/01/2021

Olivier Véran : pas de grandes annonces pour la psychiatrie

C'est une tradition, depuis quelques années, que le ministre de la Santé s'exprime lors du Congrès de l'Encéphale dédié à la psychiatrie. À distance cette fois, Olivier Véran a assuré la continuité de la tradition lors d'un discours d'une quinzaine de minutes, enregistré. Il s'y est efforcé à mettre en avant, malgré la contestation, les avancées du Ségur.

C'est indéniable aujourd'hui : la psychiatrie est le parent pauvre du monde médical. La crise a précipité le secteur dans un désarroi sans précédent. La santé mentale des Français s'aggrave, les urgences psychiatriques, les tentatives de suicide, les troubles du comportement, les addictions ont flambé ces derniers mois. C'est dans ce contexte qu'Olivier Véran est intervenu, ce jeudi 21 janvier, lors de la 19e édition du congrès de l'Encéphale, rendez-vous majeur la communauté psychiatrique. « L'idée que la santé mentale nous concerne tous, qu'elle est l'affaire de tous commence enfin à s'imposer dans le pays, a introduit Olivier Véran. La dimension psychologique de la crise est tout aussi importante que la dimension somatique ».

Le point sur les actions en cours

Cette tribune fut l'occasion pour le ministre de faire le bilan d'une feuille de route initiée il y a déjà deux ans et demi et d'insister sur les apports d'un Ségur ô combien contesté par les acteurs sur le terrain. « 60 millions d'euros supplémentaires sont venus renforcer l'offre de soins en santé mentale et psychiatrie en 2020. 160 postes de psychologues au titre du Ségur, ont été créés dans des centres médico-psychologiques », assure-t-il. Par ailleurs, « le déploiement du dispositif de vigilance de rappel et de suivi des personnes ayant fait une tentative de suicide se poursuit. 15 000 patients ont intégré ce dispositif déployé dans douze régions métropolitaines et deux régions d'outre-mer ». « Tout ça, c'est très peu, s'insurge Delphine Glachant, psychiatre présidente de L'Union syndicale de la psychiatrie. C'est du saupoudrage par rapport aux besoins dans une telle situation de détresse. »

Des consultations de psychologues pour les enfants

Les enfants et les jeunes (18-24 ans) ont occupé une place importante dans les mots d'Olivier Véran. Il a ainsi rappelé une mesure du Ségur, encore, de financement à hauteur de 12 millions d'euros par an pendant trois ans de psychologues au sein de centres de santé pour un repérage précoce, ainsi que la prise en charge de consultation psychologiques pour les enfants, rendue accessible dès 2022. « Les pédopsychiatres alertent sur la sévérité des troubles chez les enfants pendant la crise », souligne le représentant. Un risque d'usage excessif des écrans « qui ont assuré un lien incontournable vers l'extérieur et la continuité de la scolarité ces derniers mois », a été soulevé. Une feuille de route spécifique, dans le cadre d'une lutte contre les addictions, sera mise en place dès la fin du premier trimestre 2021 autour de la problématique. « C'est plutôt une bonne chose de mettre ces problématiques en avant, le fait que tout le monde s'en empare. La pédopsychiatrie souffre terriblement, commente Delphine Glachant. Mais il y a un risque de morcellement de la prise en charge des enfants. »
Pour les étudiants, 80 postes de psychologues et 60 d'assistantes sociales seront créés dans les services de santé universitaires et Crous.
Pour les soignants, le développement de plateformes d'écoute et le renforcement des cellules d'urgence médico-psychologiques se poursuivent. Enfin, un effort sera affiché dans le financement de la recherche et les programmes de coopération.

Olivier Véran a à peine mentionné la contention et l'isolement en assurant qu'un plan d'accompagnement serait mis en place pour aider les établissements à se réorganiser et à se conformer à la nouvelle réglementation. « On a dénoncé le fait que tout ça passe par la loi de financement de Sécurité sociale alors que cette question, ce n'est pas une affaire financière, c'est une question de fond à réfléchir… »
Dans l'ensemble, le ministre a insisté sur la diversification de l'information et des outils de sensibilisation pour le public comme pour les professionnels, « pour lutter contre la stigmatisation et rentrer dans une culture de la prévention pas encore assez développée. » « On est tellement en manque de moyen dans les hôpitaux psychiatriques, conclut Dlephine Glachant. Tout ça semble occulter le véritable besoin de renforcement des structures. »

Thomas Laborde

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