L'équipe mobile du Caarud en mission exceptionnelle après la tempête Alex. Au premier plan, Sandra Marson, et au second, Charlotte Cognet.

12/01/2021

Addictions : des maraudes dans la vallée de la Roya

Dans cette vallée isolée, l’unité mobile du Caarud Lou Passagin du groupe SOS Solidarités basée à Nice intervient en lien avec la plateforme territoriale d’appui. Après la tempête, les maraudes organisées poursuivent leur action dans la durée sur le volet des addictions.

Infirmière en soins généraux à l’hôpital de Breil-sur-Roya (Alpes-Maritimes) et coordonnatrice de la maison de santé pluriprofessionnelle située au sein de ce même hôpital, Christelle Gregorio veille à ce que les soins soient assurés dans la vallée de la Roya, qui s’étend sur 30 kilomètres. Une tâche complexe dans un environnement géographique difficilement accessible. Depuis quelque temps, la structure travaille de concert avec l’équipe mobile du Centre d’accueil et d’accompagnement à la réduction des risques pour les usagers de drogues (Caarud) Lou Passagin, qui s’est proposé pour organiser des maraudes dans la vallée. « Ils développement vraiment “l’aller vers” dans les villages. L’objectif est de créer du lien et de faire du repérage. Le repérage est essentiel car les personnes ne se sentent pas forcément concernées par les addictions et ne pensent pas à demander de l’aide. De mon côté, en tant que coordonnatrice, je suis là pour trier les informations et indiquer aux médecins l’existence de cette équipe mobile. Notre objectif est vraiment de développer notre répertoire de ressources sur tout le territoire de cette vallée. »

Au cœur de la tempête

À contexte exceptionnel, action exceptionnelle. La tempête Alex, qui a sévi dans les Alpes-Maritimes dans la nuit du jeudi 1 er au vendredi 2 octobre 2020, a laissé derrière elle des maisons détruites, des routes fermées, des villages coupés du monde et des habitants isolés, en détresse, durant une longue période. Face à la gravité de la situation, l’équipe mobile du Caarud s’est rendue sur place pour des interventions exceptionnelles. « Une fois toutes les autorisations obtenues, nous avons apporté en hélicoptère, avec ma collègue éducatrice Charlotte Cognet, de la méthadone aux personnes qui ne pouvaient pas prendre leur traitement, précise Sandra Marson, assistante de service social et, depuis quatre ans, référente de l’équipe mobile. Puis nous sommes montées deux fois par semaine, notamment pour continuer notre travail de proximité, et ponctuellement pour apporter des denrées alimentaires et des produits de première nécessité. Après la tempête, nous avons constaté une recrudescence de personnes qui avaient augmenté leur consommation habituelle d’alcool ou de drogue. »

Un travail dans la durée

Cette action est loin d’être un « one shot ». Elle est le résultat d’une démarche de longue haleine menée par le Caarud Lou Passagin du groupe SOS Solidarités située à Nice qui, depuis 2019, a étendu ses actions sur l’est du département avec un axe spécifique sur la vallée de la Roya. « Au quotidien, nous accueillons les personnes qui consomment des substances psychoactives licites ou illicites et qui ne sont pas encore dans une démarche de soins, souligne Sandra Marson. Nous proposons un accueil inconditionnel, avec du café, des petits déjeuners, des douches et des machines à laver. Notre équipe mobile se déplace à bord d’un camion blanc. Elle intervient à Nice bien sûr, mais aussi dans les vallées où les personnes sont plus isolées. Notre objectif est aussi de réduire les risques pour les usagers de drogues. Nous fournissons du matériel stérile pour éviter les contaminations aux hépatites B et C et au VIH par l’utilisation de seringues multiples. Et nous dispensons des messages de prévention. Nous réalisons également des tests rapides d’orientation diagnostique (Trod). Et nous sommes là surtout pour écouter et accompagner. » Ce travail de longue haleine s’inscrit dans la durée, et essaime au fur et à mesure. « Avec Christelle Gregorio, nous avons un projet en cours de création au cœur de la vallée de la Roya, l’ouverture d’un local pour être au plus près des personnes, ajoute Sandra Marson. Nous serions vraiment en complémentarité de la plateforme territoriale d’appui. Ce qu’il faut avant tout c’est créer du lien, car sans lien, il n’est pas possible de travailler et d’accompagner les personnes. »

Isabel Soubelet

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