14/12/2020

Coup de frein sur le déploiement du BSI

Le 67e congrès de la FNI s’est tenu du 8 au 10 décembre. L’occasion pour le syndicat représentatif des infirmiers libéraux d’inviter Thomas Fatome, directeur général de la Cnam, qui a fait un point sur plusieurs sujets relevant du champ conventionnel dont le ralentissement du déploiement du Bilan de soins infirmiers (BSI).

L’extension du BSI aux patients âgés de 85 ans et plus n’aura pas lieu comme prévu en janvier 2021. Thomas Fatome l’a confirmé lors du congrès de la Fédération nationale des infirmiers libéraux (FNI). « Nous croyons au BSI, il s’agit d’un outil que nous avons co-construit avec les partenaires conventionnels, a-t-il rappelé. Néanmoins, nous avons constaté que son utilisation en 2020 [pour les patients âgés de 90 ans et plus, NDLR] n’est pas en ligne avec les prévisions et anticipations que nous avons construites. » Pour l’Assurance maladie, il est nécessaire de travailler avec les partenaires conventionnels afin de comprendre les écarts entre ces prévisions et la réalité. Elle a d’ailleurs déjà commencé à mener des enquêtes de terrain sur ce sujet auprès des Idels. « Nous devons réfléchir ensemble aux suites à donner pour les prochaines étapes afin de garantir la solvabilité du dispositif », a-t-il fait savoir. Les Idels peuvent donc pour le moment, uniquement continuer à appliquer le BSI pour les plus de 90 ans.
Le président de la FNI, Daniel Guillerm, a tenu à rappeler que lors des négociations conventionnelles de l’avenant 6, les syndicats représentatifs avaient pointé du doigt le montant insuffisant de l’enveloppe dédiée au BSI, à savoir 100 millions d’euros. «  Il est vrai que nous avons quand même signé, en toute conscience, car c’était à prendre ou à laisser, s’est-il souvenu. Mais dans le cadre des prochaines discussions, il est hors de question d’envisager une dévalorisation des prises en charge infirmières. Nous sommes fermement acquis à cet outil de nature à asseoir le rôle de la profession dans la coordination clinique de proximité. »

Le télésoin opérationnel début janvier 2021

Autre point abordé par le directeur de la Cnam : la négociation de l’avenant 8 à la convention nationale des infirmiers portant sur le télésoin. « Certes, le champ d’application reste restreint mais il faut le prendre comme un début », a soutenu Thomas Fatome. Le ministre de la Santé, Olivier Véran, qui est également intervenu lors du congrès de la FNI, a affirmé que le télésoin devrait être opérationnel début 2021, « les Idels faisant partie de l’investissement numérique prévu par le Ségur de la santé », a-t-il expliqué. D’autres évolutions devraient également avoir lieu prochainement dans le domaine comme la dématérialisation de la carte vitale, la e-prescription, autant de chantiers pour lesquels la Cnam entend accompagner les professionnels de santé.

De la souplesse pour l’exercice coordonnée

Sur la question de l’exercice coordonné, abordé notamment dans le cadre de l’accord conventionnel interprofessionnel (ACI) pour les Communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS), Thomas Fatome ne se dit pas opposé au triptyque socle composé des médecins généralistes, des infirmiers libéraux et des pharmaciens d’officine, proposition portée par la FNI et d’autres syndicats.
Néanmoins, il reste ouvert à d’autres modes d’organisation car « il est difficile de trouver la bonne formule entre une logique d’équipe qui appelle à un peu de structuration, et la liberté que nous voulons laisser aux professionnels de santé pour éviter de les mettre dans des cases », a-t-il rapporté. Des discussions devraient reprendre la semaine prochaine sur ce volet de l’exercice coordonné. « Tout ce que nous souhaitons en revanche, c’est qu’il y ait du contenu », a précisé Thomas Fatome, ouvert à une forme de souplesse, mais avec la présence d’une équipe constituée pour produire la coordination dans la prise en charge des patients. « Et il faudra mesurer les changements car l’Assurance maladie investit de l’argent », a conclu le DG de la Cnam.

Laure Martin

Les dernières réactions

  • 17/12/2020 à 20:35
    Gigi
    alerter
    Vous êtes drôle, "à prendre ou à laisser" quand ce n'est pas bon on laisse et on ne s'en sert pas pour se justifier. C'est normal qu'on soit prise pour des idiotes, notre valorisation est faite à la baisse. Formidable, vous n'aurez bientôt plus personne à représenter.
  • 18/12/2020 à 16:35
    Sophie
    alerter
    Exactement Gigi, quand c'est à prendre ou à laisser et que c'est délétère il faut laisser, pas signer au risque de laisser un goût bien amer et décourager la profession se sentant alors complètement méprisée, dévalorisée et re-insister de faćon ferme sur des négociations valorisatrices
  • 21/12/2020 à 20:39
    Laurent06
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    De toute façon nous sommes toujours la dernière roue du carrosse, les médecins, les pharmaciens, les laboratoires, tout le monde se fait arroser grassement pendant qu'ils taillent sur les petites mains qui se lève de plus en plus tôt pour gagner des miettes.
    On l'a encore constaté avec les PCR, les laboratoires d'analyse arrivent à faire passer le prix le plus élevé d'Europe.
    Les test Antigénique: belle pub pour les pharmacies sur toutes les chaînes d'information, en omettant de citer les infirmiers libéraux. Après nous avoir pris les vaccins on est plus à ça près...
    Les pharmaciens "éthiques", qui reconnaissent que chacun a son boulot et refusent de faire ces test se font harceler, tandis que d'autres moins scrupuleux y voient une manne financière, un business qu'il faut croquer à pleine dent, testant à tout va et faisant payer en cash pour les mineurs non éligibles au remboursement.
    Nous, infirmiers, ne pouvons pas nous faire entendre car pris en otage par l'obligation de soin qui nous empêche de nous mettre en grève, et du côté des syndicats, c'est à se demander si les représentant se souviennent du travail de terrain, personne sur les plateaux télé..
    Enfin bref..... On a tous/toutes au moins 10 pages de griefs mais personnes ne se syndic ni n'ouvre un peu sa ------.
  • 31/12/2020 à 11:50
    Strokes08
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    Bonjour à tous, ce qui manque de sérieux et de clarté, c'est le manque d'une information officielle concernant ce report de BSI. Nous sommes le 31/12 et je n'ai reçu, pour ma part, aucun mail, message sécurisé ou autre concernant ce report. Est-ce sérieux de devoir se contenter d'une déclaration lors d'un congrès ?? Moi j'ai 2 patients entre 85 et 90 ans, dont la dépendance est couverte par des DSI, qui devait, ce que j'avais anticipé, se transformer en BSI. Donc merci de m'emmerder administrativement une fois de plus, sans grand écart tarifaire me concernant.
    Y a temps de choses à dire et à améliorer de part et d'autre, en 1er lieu l honnêteté, la sincérité ou la transparence. 10 euros c'est toujours trop pour dire bonjour et être reparti avant d'entrer, et jamais assez pour un soin digne de ce nom, c'est ce qu'il faut mettre en lumière. Et coté CPAM, la suspicion n'est pas pérenne pour le système, riche ou pauvre, apprenez à distinguer la qualité et l'effectivité du soin plutôt qu'à focaliser la syntaxe, les économies seraient alors autant économique qu'éthique.
    BONNE ANNEE pleine d'espoir, nous demeurons encore le meilleur système de santé et de redistribution au monde, pensez-y de part et d'autre, à ce train, comme dans l'éducation, nous finirons à la traine. Salutations

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