28/10/2020

Ordre infirmier : les candidats déclarent leur flamme à la profession

Ouvertes depuis le 14 octobre, les élections qui doivent aboutir à renouveler la moitié des conseils départementaux et interdépartementaux de l’Ordre des infirmiers se clôturent ce jeudi. Trois candidats expliquent pourquoi ils veulent s’engager.

Jean-Sébastien Nizou, Idel à Marseille (Bouches-du-Rhône)

Défendre un diplôme qu’il estime en danger. Voilà ce qui a poussé Jean-Sébastien Nizou, infirmier installé en libéral depuis treize ans dans le centre de Marseille, à se présenter aux élections ordinales de cette année. « Mon diplôme, c’est ce que j’ai de plus précieux », affirme-t-il. Or, ce diplôme est d’après lui « en train de se déliter » à coups de glissements de fonction successifs : « Les auxiliaires de vie se mettent à faire des toilettes, les pharmaciens vaccinent, de nouvelles professions comme les assistants médicaux sont en train d’être créées pour seconder les médecins… », énumère-t-il. C’est donc parce que le Phocéen estime que l’Ordre est le garant du diplôme qu’il a décidé de briguer l’un des sièges en jeu dans son département. Il se présente en binôme avec une consœur, Corinne Ardoin, elle aussi Idel à Marseille.
Mais leur candidature n’a pas été sans heurts. Jean-Sébastien Nizou déplore notamment que sa profession de foi ne soit pas visible sur la plateforme Neovote, sur laquelle se déroule le scrutin. Il s’estime ainsi désavantagé. « Il fallait que le document fasse une page, alors que notre profession de foi en faisait deux, explique-t-il. Nous sommes en colère, nous nous sentons dépossédés de notre candidature et nous pensons que nous aurions dû être mieux accompagnés. » Qu’à cela ne tienne : si sa candidature ne recueille pas suffisamment de voix, Jean-Sébastien Nizou a déjà décidé qu’il se présenterait à nouveau la prochaine fois. « Mon engagement va s’intensifier », promet-il.

Isabelle Treps, Ibode à Saint-Affrique (Aveyron)

2020 aurait pu être l’année de toutes les ruptures pour Isabelle Treps. Tout d’abord, cette Ibode du CH de Saint-Affrique, dans l’Aveyron, vient de prendre sa retraite. De plus, le mandat qu’elle assume depuis une dizaine d’années au Conseil départemental de l’Ordre des infirmiers de Rodez arrive à échéance. Mais finalement, 2020 pourrait plutôt être pour elle l’année de toutes les continuités : la soignante a décidé de conserver une activité partielle dans son établissement, et elle s’est lancée dans l’élection pour obtenir un nouveau mandat de conseillère ordinale. Sa principale motivation ? « Ce que je veux, c’est continuer de siéger en commission disciplinaire », explique-t-elle. Celle-ci est une instance de niveau régional dont ses membres sont élus au sein des conseils départementaux. Être réélue pour Isabelle Treps est donc une condition pour poursuivre cette activité. Mais il ne faudrait pas croire que l’Ibode est mue par la volonté de sanctionner ses collègues. Pour elle, siéger en commission disciplinaire, infliger un avertissement ou un blâme quand il le faut, c’est avant tout travailler pour les infirmiers dans leur ensemble. « Je pense qu’il faut défendre notre profession, et que cela passe par une certaine exemplarité », indique-t-elle.

Sylvie Ciron, Idel à Gueugnon (Saône-et-Loire)

C’est une voix familière dans le monde libéral : Sylvie Ciron, membre du conseil d’administration de l’association Unidel, a eu à maintes reprises l’occasion de prendre la parole pour défendre les intérêts des Idels. Mais pour cette quinquagénaire installée à Gueugnon, l’engagement associatif ne suffit pas. « Ce qui m’intéresse dans l’Ordre, c’est de défendre la pluralité de nos modes d’exercice au sein d’une institution neutre, équitable », détaille-t-elle. D’où sa candidature pour occuper un siège dans le collège libéral du conseil interdépartemental de la Nièvre et de Saône-et-Loire. Bien sûr, Sylvie Ciron n’ignore rien des critiques souvent adressées à l’Ordre. « L’Ordre n’est que ce qu’on en fait, estime-t-elle. Il est souvent décrié, mais c’est surtout qu’il n’est pas utilisé à bon escient. Les infirmiers qui disent que l’Ordre ne sert à rien ont en partie raison, mais ils sont aussi en partie responsables de ce qui arrive. » Sa logique est simple : « Pour que l’Ordre soit vraiment représentatif, il faut que tous s’investissent », ajoute-t-elle. Et après les élections au Conseil départemental, vise-t-elle des fonctions au Conseil régional, voire national ? « Je fais les choses pas à pas, tempère l’Idel. Ce qui m’importe, c’est que la profession avance… Il ne faut pas se précipiter. »

Adrien Renaud

Les dernières réactions

  • 29/10/2020 à 19:58
    P.
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    Les infirmier(e)s salarié(e)s ont de notoriété publique boudé leur inscription à l'Ordre. Personnellement, je les comprends. Mais si demain ces salarié(e)s étaient massivement inscrits (par la contrainte, la pression, par l'aboutissement de leur réflexion le cas échéant...) la majorité qu'ils et elles représentent dans le corps électoral ordinal pourrait conduire à ce que les libéraux soient mis sur la touche. Je ne sais pas si ça plairait à ces derniers? J'écris ça au cas où ces libéraux inscrits à l'Ordre finiraient par se dire : ça suffit, les salarié-e-s doivent aussi inscrits à l'Ordre où être interdits d'exercer. La tête des autorités en charge de la santé surtout (mais pas seulement) en ces périodes de tensions si de telles interdictions devaient tomber. Bienvenue à l'Ordre pour les candidat(e)s.
  • 31/10/2020 à 10:33
    Dag
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    Bonjour,

    Pendant que votre profession est en train de souffrir, l'Ordre continue à faire pression pour obliger les infirmiers à s'y inscrire alors même que les Magistrats font appel dans 90% des cas aux médecins en cas de litige devant les Tribunaux.

    J'espère que dans les années à venir, l'inscription à l'Ordre sera facultative : Libre aux gens de s'inscrire ou non. Votre profession est malade et vous ne faites rien pour la protéger réellement.

    - 1°/ Vous avez laissé les AS pouvoir exercer la fonction d'Assistant médical.
    - 2°/ Vous avez applaudi lorsque le Ségur de la Santé a été acté, alors même qu'une majorité de soignants, des professeurs, des médecins, des IDE, des AS estiment qu'il s'agit d'un accord totalement insuffisant, n'empêchant actuellement la fuite de personnel dans les hôpitaux.
    - 3°/ Vous vous en prenez aux AS qui exercent des fonctions IDE alors même que vous savez que ces pauvres AS font des tâches réservées aux IDE sous pression de leur employeur.
    - 4°/ Vous envoyez des huissiers de justice à des ex-infirmiers qui ont définitivement abandonné cette maudite profession avec raison et utilisez des sociétés de recouvrement pour réclamer le paiement de la cotisation.

    Osez me dire que mes propos sont diffamants. Mes propos reposent sur des preuves.

    J'espère à l'avenir que l'adhésion à votre Ordre sera facultative car à la différence de l'Ordre des Médecins, dont les compétences sont reconnues par les juges (on fait appel aux médecins experts quand un litige concerne un IDE), vos compétences sont limitées à de la fonction disciplinaire.

    J'espère que mon message ne sera pas alerté au nom de la Liberté d'Expression, droit supra-constitutionnel.

    Réveillez-vous, votre profession est à terre !
  • 31/10/2020 à 11:05
    P.
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    @Dag

    Si l'Ordre fait autant pression pour obtenir les inscriptions des infirmier(e)s salarié(e)s, c'est surtout pour faire entrer de l'argent dans les caisses et rétablir sa situation financière... désastreuse (puisque ayant comptabilisé en budget prévisionnel et déjà dépensé les cotisations des salarié-e-s qui ne sont pas au rendez-vous).

    Cette pression pour obtenir l'inscription de gré ou de force s'exerce surtout vers les petites structures (ou envers ceux et celles qui entrent dans la profession puisque lors de leur recrutement leur employeur leur demande souvent comme justificatif cette inscription, si ce n'est pas l'ARS elle-même pour délivrer la carte de professionnel de santé, sur laquelle il y a d'ailleurs le logo de l'Ordre infirmier !).

    Dans de gros établissements comme l'AP-HP, personne n'ose de trop envers le personnel déjà en place ! (les syndicats du personnel, tous, montrent des dents régulièrement). Chiche que des milliers d'infirmier(e)s ne puissent pas prendre leur service du jour au lendemain car interdits d'exercice du fait de l'Ordre ! Chiche, je le redis...

    Maintenant, si les libéraux (via l'Ordre qui est de fait le leur aujourd'hui) insistent pour que les salariés soient aussi inscrits (et cotisants) à l'Ordre (avec un tarif réduit, il faut le reconnaître), qu'ils prennent garde. Les salariés sont majoritaires dans la profession ! Grosso modo, 128 000 libéraux, versus 470 000 salarié(e)s. Chiche !
  • 31/10/2020 à 13:30
    Dag
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    @P

    Bonjour P. et merci pour ces précisions.

    Effectivement, j'étais déjà informé de la situation financière de l'ONI, désastreuse au passage. Utiliser des sociétés de recouvrement, dont le cout est élevé (ce ne sont pas des bénévoles pour avoir eu l'occasion de les côtoyer), cela suffisant que l'ONI doit, à mon avis, je n'en ai pas la preuve, c'est une hypothèse, avoir du soucis en ce moment avec les commissaires aux comptes !

    On ne fait pas appel à des huissiers de justice. D'ailleurs, je précise aux lecteurs infirmiers, aux jeunes et moins jeunes. Si vous recevez un courrier d'un huissier/société de recouvrement :

    - 1°/ en lettre simple/mail = poubelle
    - 2°/ en lettre recommandée = demandez à recevoir une décision de justice avec la mention de l'article 700 du code de procédure civile. Un Huissier n'a pas le droit de vous réclamer un centime sans ce document et il le sait parfaitement !


  • 31/10/2020 à 13:31
    Dag
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    oubli :

    On ne fait pas appel à des huissiers de justice pour le plaisir. Faire appel à un Huissier, un juriste assermenté, ça a un coût non négligeable aussi.
  • 31/10/2020 à 18:02
    Dies Ire
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    En 2008, les premières élections ordinales infirmières ont réussi l'exploit d'entrainer quasiment 87 % d'abstention : la messe était déjà dite, mais quelques acharnés l'ont maintenu à flot, vaille que vaille, surtout pour tenter de boucher une dette colossale due à des dépenses pharaoniques.

    Bon, à priori, la situation ne semble guère s'être améliorée et ce, malgré l'appui indéfectible des différents pouvoirs en place qui a conduit à obliger les employeurs à communiquer les listes des infirmiers employés afin de les contraindre à s'inscrire et surtout à payer.

    L'ordre infirmier est inutile et, aux difficultés actuelles et réelles de la profession, s'ajoute le fait qu'il faut payer pour l'exercer : pour l’attractivité, on peut mieux faire.

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