25/09/2020

EPI : difficultés d’approvisionnement et prix qui explosent

À partir du 5 octobre 2020, les Idel ne pourront plus bénéficier des masques issus des dotations d’État. Elles devront donc s’approvisionner elles-mêmes en masques chirurgicaux et FFP2. Et, donc, payer ces autres équipements de protection individuelle (EPI). Or, la facture commence à être lourde.

Dès le 10 juin 2020, la Fédération nationale des infirmiers (FNI) alertait sur le sujet : « Se fournir en surblouses ou en gants peut devenir compliqué ou très onéreux », expliquait alors le syndicat. Le 17 août, le Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil) dressait un constat plus alarmant encore en soulignant « la raréfaction des équipements de protection, allant parfois jusqu’à la pénurie totale, et une très forte inflation du prix de ces équipements (gants, surblouses, charlottes…) mais aussi du gel hydroalcoolique ».

Les prix des gants ont doublé voire triplé

« Il y a, en effet, des difficultés d’approvisionnement pour les gants. La production est essentiellement en Malaisie, et les usines ont été bloquées un certain temps [en raison du confinement, NDLR], explique Vincent Leroy, fournisseur de matériel médical. Avec le Covid-19, la demande internationale a explosé et les tarifs ont doublé voire triplé. » Ainsi, le prix « normal » d’une boîte de 100 gants en vinyle sans poudre s’élevait avant la crise à 4,70 € ; il atteint aujourd’hui 9,90 €. Mais cette situation ne concerne pas uniquement les gants. Des difficultés d’approvisionnement se profilent aussi pour les surblouses jetables. Les prix des tabliers ont également grimpé jusqu’à 120 € les 100 unités, contre 10 € auparavant. « Les prix fluctuent sans cesse. Les marchés sont très compliqués actuellement. Selon des grands faiseurs, cela devrait durer encore pendant six mois », remarque un autre distributeur de matériel médical, qui a choisi de commercialiser des surblouses lavables fabriquées en France.

Pour un encadrement des prix

Face à cette inflation des prix, les infirmières libérales sont démunies. La prime Covid d’équipement de 700 €, négociée avec l’Assurance maladie alors dirigée par Nicolas Revel, n’a pas pu être mise en œuvre. « Réglementairement, elle ne pouvait pas être attribuée aux infirmières qui avaient travaillé lors du confinement et avaient dû s’équiper, car elle faisait partie du dispositif de la prime versée pour la perte d’activité », précise Daniel Guillerm, président de la FNI. Et difficile de négocier des tarifs plus attractifs. « Nous n’avons pas accès aux plateformes d’achat mises en place par le gouvernement, car nos commandes ne sont pas assez importantes », explique Catherine Kirnidis, présidente du Sniil. La FNI incite donc ses adhérents à s’adresser à la plateforme créée par l’Union nationale des professions libérales (UNAPL), dont le syndicat est membre. L’URPS des infirmières de la région PACA a réussi à négocier un contrat avec un grossiste. « Nous avons obtenu une garantie d’approvisionnement et de prix stables jusqu’au 30 octobre, mais pas au-delà. Les infirmières passent leur commande sur notre site et nous les transmettons au grossiste qui les livre directement », détaille Lucienne Claustres-Bonnet, la présidente.

Les deux syndicats réclament donc un encadrement des prix des EPI comme pour les masques. Une demande qui reste, pour l’instant, sans réponse. « Pour un acte qui rapporte 10 €, nous dépensons 2,50 € en EPI. Nous allons travailler pour des clopinettes ! », s’insurge Catherine Kirnidis. « Soit le gouvernement prend des mesures réglementaires, soit l’État met la main à la poche », conclut Daniel Guillerm.

Magali Clausener

Les dernières réactions

  • 01/10/2020 à 18:23
    KRIS
    alerter
    BONJOUR
    Oui le matériel a un certain cout mais avec la crise civid nous Avon se dans un premier temps aide des mairies et masques en pharmacie
    Objectif du cabinet faire du stock
    Nous en avions avant la crise ceci car j'ai connu e Suisse d'aires épisodes viraux et consommation de matériel
    les masques j'en ai acheté a des prix dégressifs au fur et a mesure du temps pour les 4 infirmières un an se stock
    pour les gants il y a eu une période difficile maintenant c'est ok ainsi que sur blouses charlottes et chaussons
    Un cabinet infirmier est une micro entreprise
    une infirmière trouve normal d'avoir du matériel dans une structure hospitalière mais reste très frileuse ds un cabinet
    Le cout du matériel fait partie des charges déductibles des impôts
    ... savoir se responsabiliser
  • 01/10/2020 à 22:36
    Nans
    alerter
    Savoir se responsabiliser dites vous? Facile à dire.
    Même l’hôpital était démuni au début de la crise alors que dire des différents cabinets des professionnel de santé.
  • 02/10/2020 à 10:41
    kris
    alerter
    comment ai je fonctionne
    premièrement j'avais déjà surblouses une centaine
    Gants 4 boites
    Masques 1 boite
    surchaussures (les communautés musulmanes exigent les sur chaussures sur leur tapis)
    Charlottes
    Premier souci masques la mairie a rapidement pallier aux manques de tous les cabinets infirmiers
    Puis les gants
    Gel hydroancooliques+20 flacons avance et on fournit tous nos clients ayant des soins tous les jours
    Tous les jours je suis allée sur mon site fournisseur Robe Medical et des qu'il y avait un creneau je commandais
    J'ai pu trouver des litres de gel main ainsi on a pu remplir les flacons de nos patients
    en étant tous les jours sur mon site d'achat a ce jour les 50 masques coutent moins de 5 euros les 50
    sinon la pharmacie habituelle a nos patients ont pu me fournit qq boites de gants a un moment donne
    Ayant des amies en milieu hospitalier je suis mieux fournie
    Question avez vous acheté du matériel depuis la sortie de la crise
    avez vous su anticiper une nouvelle crise??
    notre cabinet n'a jamais su soigner sans bon matériel et j'ai une pièce complète de matériel a usage unique...ce qui nous permet de réagir sur tous les plans infirmiers
  • 04/10/2020 à 09:34
    Mac adam’s
    alerter
    Un cabinet infirmier n’est pas une entreprise comme les autres et, n’est même pas une entreprise, mais un service aux publics. En effet, le prix du service est fixé par l’état et ne peut être augmenté en cas d’augmentation des charges, ainsi les reste à vivre baisse pour le praticien si les coûts augmentent. En revanche une entreprise classique peut augmenter ses tarifs si ses charges s’accroissent tout en incluant celles ci dans ses charges.
  • 04/10/2020 à 10:02
    Kris
    alerter
    Un service oui
    Tarifs fixes par état oui
    Charges déductibles impôts oui
    Après chacun a sa conception du rôle du cabinet
    Je connais des cabinets qui ont fermés pendant la crise faute de moyen

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