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25/09/2019

L’hôpital psychiatrique peut-il encore soigner des malades ?

C’est la question, alarmante, que pose un rapport parlementaire sur la santé. Ses deux rapporteurs prennent position pour un virage ambulatoire « beaucoup plus poussé ».

« L’offre de services en santé mentale correspond-elle aux besoins de la population ? La prise en charge psychiatrique offerte à nos concitoyens est-elle de qualité sur l’ensemble du territoire ? » Non et non, ont répondu les deux députées Caroline Fiat (France Insoumise) et Martine Wonner (En marche), dans leur rapport parlementaire « flash » rendu, mercredi 18 septembre, sur « l’organisation de la santé mentale ». La première est aide-soignante, la seconde médecin psychiatre, et elles font un état des lieux alarmant de la psychiatrie en France, après de nombreuses auditions et des visites de terrain. « L’hôpital psychiatrique, tel qu’il existe aujourd’hui en France, peut-il encore soigner les malades ? » s’interrogent-elles.

Manque de formation

La politique du secteur psychiatrique, qui a maillé le territoire national, est selon elles à bout : développée à la fin des années 1960, elle devrait assurer un accès égalitaire à des soins psychiatriques gradués, bien organisés. Dans chaque secteur, un hôpital pivot est chargé d’organiser le parcours des patients domiciliés sur le territoire : l’hospitalisation dans les murs de l’hôpital, mais aussi la prise en charge « hors les murs », dans des centres médico-psychologiques (CMP), centres d’accueil thérapeutiques à temps partiel, appartements thérapeutiques, etc.

Au-delà du secteur, bien d’autres acteurs interviennent : d’autres établissements publics et privés, des acteurs du médico-social chargés du handicap psychique, les psychiatres, généralistes et infirmiers libéraux, sans oublier l’Education nationale, la police, la justice, etc. Or, beaucoup sont mal formés pour détecter et prendre en charge les maladies psychiatriques, en particulier les médecins généralistes, insistent les deux rapporteurs.

Des retards importants de diagnostic

Dans ce mille-feuille, les patients errent. Les retards aux diagnostics sont très importants : « Dans le cas de la schizophrénie, la durée de la psychose non traitée est évaluée à deux ans et, en ce qui concerne les troubles bipolaires, le retard est estimé entre huit et dix ans ». Dans la plupart des CMP, l’attente est d’un an avant une première consultation médicale, de trois mois chez un psychiatre libéral. Le malade en crise échoue très souvent aux urgences, avant d’être hospitalisé. Dans de telles conditions, le recours à l’hospitalisation sans consentement, souvent en situation de crise, s’accroit.

L’hôpital psychiatrique se retrouve à son tour surchargé de patients, « au bord de l’implosion, écrivent les deux députés. La sur-occupation des lits est un fléau pour les patients et les soignants ». Dans des établissements, les députées ont constaté que des patients placés en chambre d’isolement ne pouvaient plus retrouver leur chambre « car elle a été attribuée à un autre ». Ou encore que « des patients en soins libres se retrouvaient en unités fermées », faute de places. Pourtant, la densité de lits d’hospitalisation est une des plus élevées parmi les pays de l’OCDE, relèvent-elles.

Rouvrir des lits?

La principale proposition de Caroline Fiat et de Martine Wonner est « d’opérer un virage ambulatoire beaucoup plus poussé », notamment grâce à un « déploiement massif d’équipes mobiles sur l’ensemble du territoire mais aussi de structures d’amont et d’aval ». Pour développer le travail en réseau, elles soutiennent le développement des contrats locaux de santé mentale (CLSM) et des projets territoriaux de santé mentale (PTSM), chargés de coordonner l’ensemble des acteurs de la psychiatrie. Elles souhaitent aussi la création d’une Agence nationale de la santé mentale. Les deux députés ne sont pas d’accord, en revanche, sur l’opportunité de rouvrir des lits. Pour Caroline Fiat, c’est « à court terme au moins, une nécessité absolue ». Pour Martine Wonner, cela ne ferait, « au contraire, que reporter les tensions de quelques années ».

Caroline Coq-Chodorge

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