Les infirmières françaises mal préparées face à Ebola ? | Espace Infirmier
 

15/10/2014

Les infirmières françaises mal préparées face à Ebola ?

Le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI CFE-CGC) dénonce le manque d’information des soignantes au sujet de l’infection à virus Ebola.

« En dehors des douze services des hôpitaux de référence, les 500.000 autres IDE de France n’ont rien reçu, alors qu’elles sont en première ligne, accuse Thierry Amouroux, secrétaire général du syndicat. J’étais à Bichat (AP-HP, NDLR) lundi : quand je demandais au personnel de soin que je croisais où se trouvait l’hôpital de référence, ils m’orientaient vers Bégin (Saint-Mandé), alors que Bichat fait partie de ces établissements désignés par le ministère ! ».

Messagerie d'urgence

Le cabinet de Marisol Tourraine rappelle, pourtant, que toutes les informations sont disponibles sur son site et sur celui de l’Assurance maladie. Par ailleurs, « la CNAMTS (1) a adressé des mails d’information individuels à chaque infirmier libéral. D’autres messages ont été adressés à l’ensemble des établissements de santé et doivent être relayés aux infirmiers et aux aides-soignants par les directions des soins ».

Ceux-ci décrivent la clinique de l’infection et la conduite à tenir, précisant qu’il faut contacter le Samu centre 15 devant tout cas suspect : un patient de retour d’une zone considérée à risque (Liberia, Guinée, Sierra Leone, Nigeria et province de l’Équateur en République démocratique du Congo) depuis moins de 21 jours et présentant une fièvre supérieure ou égale à 38 °C.

Enfin, le ministère recommande à tous les soignants de s’inscrire au service de messagerie DGS-urgent, qui leur permettra de recevoir les alertes sanitaires et l’actualisation des conduites à tenir.

Répondre aux questions des patients

Le SNPI, cependant, ne désarme pas. « Nous ne sommes pas dans la psychose, mais nous demandons que les 500.000 IDE de France reçoivent la fiche technique que le ministère a élaborée. Cela leur permettra de repérer les symptômes, de connaître la marche à suivre et les protocoles de désinfection utiles. » Une action qui permettrait également de répondre aux questions des patients, de plus en plus nombreuses. « Ils nous interrogent sur cette infection et les risques de la contracter, remarque Thierry Amouroux. Si nous ne savons pas leur répondre, les gens s’inquiètent et pensent que le système de santé n’est pas en mesure de maîtriser une potentielle épidémie. »

Sandra Mignot
Photo: © Sherry Young/Fotolia


1- Caisse nationale d’assurance maladie des travailleurs salariés.

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