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28/01/2014

La journée de 12 heures en débat

Le fonctionnement en deux fois 12 heures, qui se développe dans les services, est-il la solution ? Les Journées nationales d’études des cadres de santé, les 16 et 17 janvier à Montpellier, ont apporté des éléments de réponse.

La pression salariale en faveur de l’instauration à l'hôpital des journées et nuits de 12 heures est de plus en plus forte dans l’Hexagone (1). « Le temps des deux jours/deux nuits, hérité des années 1980, est bel et bien révolu, a affirmé Jérôme Rumeau, directeur coordonnateur des soins au CH de Narbonne. Aujourd’hui, la forte poussée des agents pour un passage de 7h42 à 12 heures (NDLR, au CH de Narbonne) déstabilise les directions, car le temps de travail est réglementé à 9 heures et dérogatoire à 12 heures » (2). Par ailleurs, avec « l’émergence des dossiers patients informatisés, on ne peut plus avoir des temps de transmissions supérieurs à 30 minutes », a-t-il souligné.

Burn out

Des effets positifs sont vantés par certains professionnels, comme « un meilleur lissage des activités sur la journée » ou « une continuité de la prise en charge ». Mais, ce nouveau rythme de travail « n’est pas adapté à toutes les spécialités; il se met plus facilement en place en MCO qu'en gériatrie ou en psychiatrie, relève Jérôme Rumeau, pour qui « il faut garder des services où peuvent être intégrés les agents qui ne sont pas à temps complet pour préserver la mobilité ».

« Si les personnels apprécient d’avoir moins de jours de travail et une meilleure qualité de travail », ils ont aussi « peur des erreurs et de la fatigue psychique en fin de journée », a noté Béatrice Barthe, enseignante chercheuse en ergonomie à l’Université Toulouse 2, qui s’est penchée sur le sujet. Et celle-ci de relever qu’aujourd’hui, il y avait « pas de recul suffisant pour analyser ce travail posté en deux fois 12 heures » et qu’« en termes d’horaires de travail », il n’y avait pas « de remède miracle » mais des « solutions locales ».

Des réticences partagées par Brigitte Calvet, médecin anesthésiste chef de pôle au CH de Béziers, qui a souligné le risque fort de « burn out, la fatigabilité et la perte de vigilance », « notamment la nuit où 12 heures ça reste très lourd ».

Attractivité

Le médecin a, néanmoins, reconnu que le rythme de travail est « un point d’attractivité sur le plan paramédical  ». « Les agents souhaitent être recrutés pour des services en 12 heures (gynécologie-obstétrique, urgences) », a-t-elle constaté.  Par ailleurs, il permet « de gérer la pénurie sur le plan administratif ».

Au-delà, dans la gestion du temps de travail à l’hôpital, c’est aussi « le sentiment d’appartenance à l’institution » qui est questionné, tout comme «l’absentéisme », « les nouvelles modalités d’échanges (mails, réseaux sociaux, demande d’e-learning…) », ainsi que la performance, a remarqué Romain Jacquet, DRH du CHRU de Montpellier - dont 12% des salariés sont en 12 heures. 7h30, 12 heures… avant tout, et surtout, c’est la réalité du travail qu’il faut interroger.

Danielle Julié


1- Généralement avec le rythme suivant : trois jours de travail-deux jours de repos-deux jours de travail-trois jours de repos.
2- Selon le décret du 4 janvier 2002 relatif au temps de travail dans la fonction publique hospitalière. La durée hebdomadaire maximale légale est de 48 heures.


Pour aller plus loin, lire l'enquête à paraître dans L'Infirmière magazine n°338, daté du 1er février.


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