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19/12/2018

Le premier pas

Cette jeune infirmière libérale raconte son quotidien dans son blog, « La Voie du soignant ». Ce mois-ci, dans « L'Infirmière libérale magazine », elle nous raconte le quotidien de cette Mme Raymonde, qui a beaucoup de mal à vivre sa perte de mobilité. Et son quotidien donne une leçon à l'Idel : l'urgence de ralentir maintenant, tant qu'il est encore temps.

Vous ne connaissez pas Mme Raymonde ? Pourtant, je suis sûre que vous prenez soin d’elle souvent... ou de quelqu’un qui lui ressemble. Mme Raymonde a 73 ans, c’est une ancienne professeur de français. Elle aime me raconter sa jeunesse, les barricades de 1968, le ralliement de la jeunesse étudiante, Berlin dans l’après-guerre et ses voyages avec son compagnon, M. René. La maison de Mme Raymonde est pleine de livres d’auteurs et de livres d’histoire car M. René enseignait l’histoire et la géographie. Mais il n’est plus là depuis plus de dix ans.

Dans la maison de Mme Raymonde, une extension mal construite menace de s’effondrer, surtout lorsqu’il pleut à torrent. Elle attend le retour de l’expert depuis près d’un an. Quand je l’ai rencontrée, elle me parlait déjà de ses difficultés de mobilité. Avec le temps, sa main gauche s’est figée dans une forme de crochet. Elle ne peut plus conduire et ne sort jamais sans son médaillon d’alerte et sa canne. Derrière ses lunettes dorées passe la solitude, et derrière ses cheveux blancs, une peur lancinante : celle de perdre la tête. Mme Raymonde préférerait partir dans son sommeil, sereine après avoir dit au revoir aux siens, « mais on est en France ».

Ce qui la pèse, c’est son manque d’indépendance. Quand je suis tombée enceinte, je me suis rendu compte que je vivais un petit bout de la vie de Mme Raymonde. Je ne pouvais plus ni conduire ni marcher sans être essoufflée. Fatiguée, je préférais rester seule chez moi, à voir passer le temps. La différence entre elle et moi ? Ma mobilité reviendra...

La perte de mobilité est d’autant plus difficile à vivre quand on est actif. Il y a d’abord l’impatience, puis le regret de ne pouvoir rien faire seul et enfin, la gêne de “déranger”, de demander de l’aide. Quand c’est passager, on peut se réconforter. Mais comment faire lorsque le temps est passé et qu’on sait que ça ne reviendra pas ? Se mouvoir, c’est mobiliser tout son être : le corps comme la pensée. Et nous allons trop vite ! Notre corps est déjà fatigué et notre esprit altéré. Le jour où tout ralentit, cela nous fait mal. Alors pensons à ralentir maintenant parce que Mme Raymonde, c’est un peu vous et moi demain. Prenons soin de nous comme de ceux qui sont les miroirs de notre lendemain.

Retrouvez les aventures de cette infirmière sur son blog : « La Voie du soignant ».

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