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20/11/2018

Vers plus de leadership

Stéphane Moiroux est infirmier en établissement médico-social, dans le canton de Genève. Ce mois-ci, dans « L'Infirmière magazine », il nous parle de ces assistants en soin et santé communautaire suisses, dont l'autonomie va grandissant… obligeant l'infirmier à assumer plus de responsabilités. Une évolution à ne pas louper !

Voilà deux ans que je coordonne une petite unité unique en son genre dans le paysage sanitaire suisse, voire européen : l’UATm. L’unité d’accueil temporaire médicalisée est une structure de court séjour pour personnes âgées fragilisées. Son rôle : éviter le passage par la case “hôpital” lors de difficultés médicales à domicile. On y soigne des pneumopathies ou décompensations cardiaques, on propose des bilans gériatriques ou des consolidations de prise en charge à domicile... Ce service de soins tient pourtant plus de l’appartement Ikea que du centre hospitalier. Une cuisine partagée trône au centre, l’infirmerie est ouverte sur l’espace commun, les soignants et patients mangent et vivent ensemble. Cependant, la vraie particularité de cet endroit n’est pas architecturale. À l’UATm, il n’y a pas d’aide-soignant ou d’infirmier (hors le poste de coordination). Ici ne travaillent que des assistants en soin et santé communautaire (ASSC).

L’ASSC est un métier récent (1). Selon la définition officielle, cet assistant « soigne et accompagne des personnes de tous âges. Il assure leur bien-être physique, social et psychique, organise leurs activités journalières (…). Sous la responsabilité du personnel infirmier, il applique certains traitements et effectue des actes médico-techniques. » (2) Concrètement, à l’UATm, l’ASSC gère l’ensemble du service. Il aide à la réalisation des soins quotidiens des patients, prépare, vérifie et distribue les traitements, administre les injections, installe les pompes d’alimentation, réalise les pansements, gère les situations d’urgence… Bref, la prise en soin des patients repose sur ce métier.

Bien sûr, il y a quelques limites à cette fonction. La prise de décision quant aux protocoles à suivre est sous la responsabilité de l’infirmier et un ASSC ne peut, par exemple, changer le type de pansement défini par l’IDE. Mais l’autonomie accordée à ce corps de métier est en constante augmentation. La part des établissements genevois faisant le pari de l’ASSC est croissante, le ratio de présence infirmière au sein de ces établissements tend à diminuer. La vraie différence avec le métier infirmier ne se situe pas tant au niveau de l’acte que de la réflexion.

L’ASSC reste formé pour réaliser des soins, aussi techniques soient-ils. L’infirmier, quant à lui, du fait du versant universitaire de ses études, peut se positionner dans les champs de l’analyse et de la gestion d’équipe. Ainsi, à la toute petite échelle cantonale genevoise, il doit, pour survivre, apprendre à se positionner et à se responsabiliser. Désormais, les critères d’embauche se basent sur les capacités de leadership, d’autonomie face à la prise de décision dépassant le cadre établi de notre fonction, de prise de position sur des domaines tels que la démarche qualité ou la formation. En Suisse par l’ASSC, en France par d’autres leviers, le métier évolue, ne ratons pas ce train en marche.

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