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06/11/2018

Fin d'exercice

Cette infirmière libérale raconte, sur son blog, ses dernières semaines d'exercice libéral, son départ précipité, le passage vers le salariat, les crises de larmes… Ça fait six mois aujourd'hui qu'elle est partie. Et ça ne lui manque pas.

6 h 15, le soleil entre timidement en scène. Quelques fins nuages à l’horizon mais rien qui ne puisse présager un rayonnement gêné. Je démarre la voiture. Cette fois-ci, je sais que les clés ne mettront pas le contact plus de deux ou trois fois avant que je ne retrouve mon “chez-moi ”. Il y a peu, elles le faisaient encore plus de trente fois dans une journée... si ce n’est cinquante. Mon départ s’est fait dans la précipitation : joies de la collaboration libérale qui se transforme, au gré du temps, en subordination à peine masquée.

Courage : fuyons !

C’est à peu près ce à quoi se résument ces dernières semaines d’exercice libéral. Pas d’au-revoir déchirant auprès de patients suivis depuis des années, pas de clé rendue la larme à l’œil. Non. Soulagement et angoisse mêlés face à ce qui m’attendait, administrativement et, surtout, financièrement. Je n’ai cessé de travailler, la transition s’est faite en mode juxtaposition jusqu’à ce que je craque après des journées de plus de douze heures, enchaînant tournée du matin et service de l’après-midi. Pourtant, l’idée était plutôt pas mal : honorer mes trois mois de préavis de collaboratrice au long cours (huit ans) et commencer un 80 % en tant que salariée. Faire entrer la trésorerie qui m’aurait permis de clore mon activité libérale rapidement et même mettre un peu d’argent de côté, pour pouvoir pallier la différence importante de revenus pendant les mois suivants. Mais ça, sur le papier, c’était limpide, simple. Trop. La réalité, elle, s’est faite plus complexe.

16 h 30... Grande surface bondée un samedi après-midi. Bloquée à la caisse, je remarque cette petite femme voûtée que je connais, que j’ai bien connue. Elle se retourne, me dévisage... Elle m’a reconnue aussi : huit ans de passages réguliers pour des soins, on oublie certains patients, la plupart même, mais pas elle, non. La dame me dit que je lui manque, plutôt par politesse que par sincérité, me raconte quelques petites banalités et puis son tour arrive. On se salue, je lui souhaite de continuer à bien se porter, elle me sourit et s’en va. Je souris aussi, me rendant compte que ça y est, la page est maintenant définitivement tournée. Ça fait six mois maintenant. J’y suis arrivée. Ça ne me manque pas. Fin d’exercice…

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Les dernières réactions

  • 07/11/2018 à 19:10
    Christophe
    alerter
    Salut, Anne,
    J'ai été touché par ton récit.
    Moi-aussi, j'ai brutalement quitté le libéral après plus de... 13 ans d'activité !
    Mais pas sur une fin programmée, suite à un burn-out.
    Et retour à la vie salariale, que je refusais pourtant d'envisager.
    Et aujourd'hui, ...
    "Non, Rien de rien, Je ne regrette rien ! "

    J'aurais souhaiter échanger avec toi, peut-être t'apporter quelques conseils, et peut-être en avoir en retour de ta part.

    Bon courage,
    Biz.

    christophe.ayzac@wanadoo.fr.
  • 08/11/2018 à 07:36
    nenette
    alerter
    Moi j'ai 24 ans de libérale mais je ne fais pas 65 malades par jour personne ne nous y oblige surtout dans des communes ou nous sommes 30 infirmières à se partager la clientèle .J'ai toujours pris mes Après midi .Et mes malades lorsque je les quitterai pour ma retraite je m'en rappellerai car le contact est différent de l'hôpital
    Ce ne sont pas des chiffres . Il ne se passe pas un jour sans que je ramène un pot de confiture de l'huile d'olive des kiwis des tomates des œufs et de beaux remerciements de la reconnaissance
  • 08/11/2018 à 07:53
    Christophe
    alerter
    Tout à fait d'accord avec toi, Nenette, on a toujours le choix, et rien ne nous oblige...
    Mais tout dépend du secteur d'exercice et des Km quotidiens, ainsi que des types de soins qui sont parfois très longs.
    Et certains secteurs sous dotés font "qui faut y aller", déjà par Conscience Professionnelle, et également par Obligation Légale !
    Mais la Reconnaissance de mes patients, je l'ai ENCORE aujourd'hui, et j'ai toujours droit à "Ma Soupe" chez l'une d'elle, le miel dans ma BAL avec surprise, le Rab de haricots et de fruits, Champagne et Bons Vins en fin d'année, malgré plusieurs années d'arrêt d'activité.
    Et oui, faut pas confondre "Amour" et "Tambour", Ça ne se joue pas avec la même Baguette.
    Et puis, sans augmenter son CA, y'a les cotisations qui explosent et qui te font rentrer dans l'engrenage, la spirale...
    Mais Nenette, le plus important, c'est de PRENDRE SON PIED avec nos Patients et continuer d'une façon ou d'une autre à SOIGNER AVEC NOS TRIPES !
    BIZ.

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