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30/03/2018

La capacité d'être, clé du soin en psy

Michel Pinardon est ex-infirmier des services hospitaliers en psychiatrie et psychothérapeute. Il revient ici sur la nécessaire formation des infirmiers en soins psychiatriques et la relation particulière qui se noue avec les patients dans ce service.

Quelle compétence en psychiatrie au XXIe siècle ? La question peut paraître étrange tant elle semble évoquer l’époque révolue où l’ignorance et l’empirisme nourrissaient la violence des rapports entre les personnes malades et celles censées en prendre soin. Après avoir progressé entre 1945 et la fin des années 1990 – quand la psychiatrie institutionnelle a pris son essor – elle est redevenue cruellement d’actualité.

On constate, dans de nombreuses équipes de soin, une souffrance permanente due à la raréfaction des effectifs mais aussi à l’absence de connaissances spécifiques depuis la disparition de la spécialisation d’infirmier psychiatrique, en 1992. Nous, infirmiers, voyons arriver des collègues venus de médecine ou de chirurgie, et d’autres fraîchement diplômés, sans aucune notion de psychopathologie.

Plus gênant : le peu de formation psychiatrique proposée à ces arrivants, qui sont souvent très angoissés. Leur méconnaissance des phénomènes psychologiques de base, notamment des notions de transfert et de contre-transfert, les rend peu assurés de leur compétence en la matière, ce qui fragilise beaucoup leur « être-soignant ». Or, c’est la capacité d’être qui est efficace en psychiatrie, car c’est elle qui permet aux patients de s’appuyer sur la structure psychique des soignants, en attendant de pouvoir le faire un jour eux-mêmes.

Comme nous le disions plus haut, la base théorique est indispensable en ce qu’elle donne une grille de lecture compréhensible du fonctionnement général du psychisme. Cependant, elle est loin d’être suffisante car personne ne vit dans le général. Chaque malade apporte son génie propre dans sa pathologie et dans son expression, ce qui demande au soignant ouverture d’esprit et capacité d’adaptation.

Cela l’amène à cette situation inconfortable : une fois les bases théoriques assimilées, il doit les oublier temporairement afin de se mettre dans une position d’écoute, et seulement dans cette position. La fonction première du soignant est d’être là, présent à lui-même ainsi qu’à l’Autre, en laissant de côté préjugés et présupposés. Le patient a des choses à dire et à faire entendre, que ce soit par son expression corporelle ou son langage verbal.

Il est capital de porter toute l’attention nécessaire à ce qu’il exprime, ici et maintenant. C’est une posture très humble où on accepte de ne pas savoir trop vite, où on permet à son doute, parfois à sa peur, de s’exprimer dans sa conscience sans porter de jugement vers soi-même ou vers la personne qui exprime sa souffrance. Cela suppose une connaissance suffisante des autres, mais surtout de soi, en trouvant des ressources dans sa capacité de ressentir et de penser.

À partir de là seulement, le soignant peut s’engager efficacement dans le processus de soin, avec la perspective que la rencontre et la confiance entre soignant et soigné adviendront sous les meilleurs auspices.

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