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06/01/2017

Contention, quand tu nous tiens

Plus ou moins forte, plus ou moins courante, la contention lors des soins fait partie du quotidien en pédiatrie. Une situation, relativement banale, qui place pourtant les professionnels face au dilemme d’user de la force pour le « bien  » de l’enfant.

Bénédicte Lombart, infirmière cadre de santé paramédicale, docteure en philosophie pratique et coordinatrice paramédicale de la recherche en soins, Hôpitaux universitaires Est parisien, hôpital Saint-Antoine (AP-HP)

Soigner un enfant n’est pas un conte de fées. Dans le monde réel des soins pédiatriques, les enfants ont peur, ont mal ou les deux. L’univers de l’enfance et celui des soins médicaux ne sont a priori pas compatibles. Effrayé, l’enfant peut se débattre et refuser le soin. Dans ce cas, il arrive que plusieurs adultes le maintiennent pour poursuivre le geste.

Plus ou moins forte, plus ou moins courante, la contention lors des soins fait partie du quotidien en pédiatrie. La revue de la littérature sur ce sujet témoigne d’une préoccupation professionnelle émergente. Quelques rares études de la fréquence de la contention ont été menées afin de sortir d’un questionnement empirique. Cette situation, relativement banale, place pourtant les professionnels face au dilemme d’user de la force pour le «bien » de l’enfant. Leur point de vue vis-à-vis de cette pratique a fait l’objet de l’étude qualitative Respect (1) annexe à la réflexion menée dans le cadre d’un doctorat en philosophie pratique. La contention forte était considérée par l’ensemble des participants comme une difficulté fréquente. Ils déploraient son utilisation, mais n’imaginaient pas d’alternatives à celle-ci, estimant que l’intérêt supérieur de l’enfant justifiait systématiquement l’usage de la force. La priorité allait à l’exécution du soin. Cependant, l’évocation du sujet déclenchait toujours gêne, malaise et émotions chez les participants qui témoignaient d’une nécessaire occultation de l’empathie envers l’enfant le temps de la contention forte. Nous avons alors imaginé que la contention s’apparente à un territoire particulier. Une sorte de triangle des Bermudes des soins… Un espace où l’enfant disparaît en quelque sorte du radar émotionnel du soignant, le temps du geste.

Cette constatation nous a amenés à proposer le concept de « cécité emphatique transitoire », qui semble répondre à la hiérarchisation des devoirs qui donne la priorité à l’exécution du geste technique. Il s’agit d’ouvrir des perspectives nouvelles, d’envisager les alternatives à la contention forte et de changer les pratiques. Car il existe des éléments concrets qui aident à prévenir et à limiter la contention tels que l’installation, la distraction, l’invitation paradoxale au mouvement pour obtenir l’immobilité et évidemment, l’analgésie adaptée à la nature du soin. Il s’agit de décider de laisser son action entrer en résonance avec celle de l’enfant, d’adapter ses soins aux réactions du petit, de rejoindre son univers. Décider de s’engager dans un prendre-soin spécifique, dans le care pédiatrique. La piste qui s’ouvre à nous désormais est celle de la prudence aristotélicienne qui unit à la fois « […] la capacité à avoir une vue d’ensemble et le sens du particulier. » (2)

1- Réflexion éthique soignante prévention contention.
2- La prudence chez Aristote, Pierre Aubenque, PUF, 2014.

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