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05/09/2017

Formations paramédicales : L’intégration universitaire, bientôt une réalité ?

Une mission sur la poursuite de l’intégration universitaire des formations paramédicales et maïeutique a été lancée le 1er septembre par les ministres de la Santé et de l’Enseignement supérieur. Objectif : mettre en œuvre les mesures issues du rapport de l’Igas, et de l'IGAENR.

C’est à Stéphane Le Bouler, coordonnateur de la Grande conférence de santé de février 2016 et secrétaire général du Haut conseil pour l’avenir de l’Assurance maladie (HCAAM), qu’a été confié le pilotage de cette mission, d’ailleurs saluée par les fédérations des formations paramédicales et maïeutique. Pour autant, le Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI) se veut plus modéré. « Alors que tout est bloqué depuis cinq ans, il était temps de relancer la réactualisation de ces formations, soutient Thierry Amouroux, secrétaire général du SNPI dans un communiqué. Par contre, créer une commission pour repousser ou enterrer une réforme est une pratique gouvernementale qui n’est pas nouvelle ! ». « On se moque de la profession infirmière », estime-t-il, rappelant que Marisol Touraine avait également saisi, dès octobre 2012, l’Inspection générale des affaires sociales (Igas) et l’Inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche (IGAENR), sans qu’il n’y ait de grands changements par la suite pour la profession.

Des propositions saluées

Le lancement de cette mission fait suite à la publication du rapport de ces deux inspections pour une meilleure intégration des formations paramédicales à l’université et la mise en œuvre des mesures de la Grande conférence de santé. Elles ont été chargées, à la suite de la cette conférence, d’examiner conjointement les modalités de mise en œuvre de quatre mesures : les droits sociaux des étudiants en formation paramédicale, l’évaluation de l’offre de formation, l’ancrage pédagogique de ces formations à l’université, et l’extension aux instituts paramédicaux du principe d’évaluation de l’enseignement supérieur. « Nous attendions ce rapport depuis un moment car nous avons été auditionnés en décembre 2016 », explique Clément Gautier, président de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) qui travaille sur ces thématiques depuis de nombreuses années.

La trentaine de propositions, définies par les inspecteurs, concernent majoritairement le renforcement du rôle des universités dans le schéma licence-master-doctorat. Dans le domaine des aides sociales, la Fnesi salue l’idée de mettre en place un guichet unique et un portail informatique commun pour les aides au logement et les aides financières respectivement gérées par le Crous et la Région. « L’idée serait de créer un portail unique avec une délégation de gestion des aides financières au Crous, explique Clément Gautier. Cela permettrait un traitement plus rapide des dossiers des étudiants.  »

Les inspecteurs suggèrent également d’intégrer les instituts de formation paramédicaux aux schémas globaux de restauration universitaire. « C’est une bonne mesure, notamment pour les instituts éloignés des grands centres universitaires et qui n’ont pas accès aux restaurants universitaires, estime le président de la Fnesi. Elle permettra de travailler à des conventions au niveau local, avec d’autres centres de restauration, hospitaliers par exemple, pour appliquer aux étudiants des tarifs équivalents à ceux du Crous. » La Fnesi se dit aussi satisfaite de la proposition des inspecteurs de mettre fin aux concours d’entrée en Ifsi. « L’idée serait de se diriger vers une sélection par dossier (outil admission post-Bac) et un entretien. C'est une amélioration mais ce n'est pas une fin en soi pour la Fnesi. Nous voudrions notamment la suppression de l'entretien oral », fait savoir Clément Gautier. Un modèle que défend la Fnesi.

Un travail conjoint

Désormais, l’objectif de la mission sera de concrétiser l’ensemble des mesures et de définir leurs modalités de mise en œuvre. Les fédérations des formations paramédicales et maïeutique saluent « la volonté engagée par les deux ministères d’amorcer conjointement un travail de fond incluant l’ensemble des fédérations, organisations professionnelles et des acteurs sociaux concernés ». Et rappellent que « le caractère inter et pluri-professionnel des prochains échanges sera essentiel afin que les spécificités et besoins de chaque filière soient respectés ». La Fnesi a d’ailleurs rendez-vous le 6 septembre pour discuter du déroulement de la mission. Les deux ministères ont exprimé leur souhait qu’une première étape soit conclue au plus tard en décembre 2017, afin notamment de permettre d’identifier les mesures destinées à entrer en vigueur à la rentrée 2018.

Laure Martin

Les autres mesures du rapport :

- Simplifier le parcours étudiant dans les formations paramédicales, qui serait alors aligné sur celui des autres étudiants à l’université.
- Mener à bien, à la fois, l’inscription des formations paramédicales dans le cadre licence-master-doctorat, le développement des parcours de recherche, et le renforcement de l’innovation pédagogique.
- Inscrire dans le code de l’éducation tous les diplômes d’État des professions paramédicales de niveau bac+3 et plus comme diplômes nationaux de l’enseignement supérieur et prévoir la délivrance automatique du grade de licence ou master correspondant.
- Réingénier les deux dernières spécialités infirmières (puéricultrices et Ibode) en 2 ans (comme les Iade) et les reconnaître au grade de master.
- Réingénier le diplôme de cadre de santé en maintenant sa durée à un an de formation, précédée d’une mise en situation professionnelle de cadre de santé d’au-moins un an, avec une sélection au lieu de l’actuel concours, couplée à un parcours universitaire de master de management en santé, une première année validée par VAE et 60 ECTS pour la seconde année, conduisant à un diplôme de master.

Les dernières réactions

  • 06/09/2017 à 23:54
    Tarte Ampion
    alerter
    Démagogie !
    C'est parce que certains gros malins ont voulu absolument faire entrer la profession infirmière dans le cursus universitaire que celle-ci s'est dégradée depuis plus de 15 ans.
    Pour quel bénéfice ? Salarial ? Reconnaissance ?
    Foutaises ! Nous sommes avant tout des gens de terrain, pas des universitaires. Et plutôt que de réparer les con... faites, voilà qu'on décide de foncer de nouveau dans le mur en klaxonnant.
    Pathétique et triste...
  • 07/09/2017 à 14:09
    Kadic
    alerter
    Je suis d'accord avec l'intégration au cursus universitaire et L-M-D. Je suis également d'accord pour que l'on supprime le concours d'entrée à lIFSI. Mais à quand la suppression des concours pour entrer dans les spécialités? Pourquoi doit-on passer des concours pour pouvoir faire évoluer sa carrière et se retrouver à passer des concours en concurrence directe avec des jeunes qui sortent tout juste de l'IFSI et qui remportent haut-la-main ce genre de concours, où il faut être ultra préparé? Ne peut-on pas nous évaluer sur dossier, projet professionnel, motivations? Pourquoi ne laisse-t-on pas plus la porte ouverte à des gens qui ont déjà quelques années à leur actif et qui voudraient acquérir d'autres compétences? Pouquoi a-t-on laissé " filer" le métier d'infirmière scolaire dans l'Education Nationale en laissant les infirmieres sous la responsabilité des Chefs D'Etablissements ce qui leur fait perdre leur autonomie dans leur travail..?
    Quand aurons-nous, comme les sage-femmes, kinés, ortophonistes, un métier indépendant, ou nous pourrions ne pas continuellement être les "sous-fiffres" de quelqu'un?

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