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23/11/2016

PSYCHIATRIE

Une boîte à outils pour gérer les violences

Un kit de 29 outils a été lancé par la Haute Autorité de santé (HAS) à destination des équipes soignantes des unités de psychiatrie. Objectif : les aider à éviter, prévenir et gérer les moments de violence des patients adultes.

En 2015, 419 000 personnes ont été hospitalisées dans les services de psychiatrie en France, indique l’Agence technique de l'information sur l’hospitalisation (Atih). Et selon l’Observatoire national des violences en milieu de santé (ONVS), ce secteur est le plus touché par les épisodes de violence : 3 012 signalements en 2013. Et pourtant, « violence, santé mentale, psychiatrie sont souvent sources d’amalgames et de clichés qui occultent trois vérités fondamentales, a précisé le Dr Cédric Grouchka, membre du collège de la Haute Autorité de santé (HAS), lors de la présentation du projet « Mieux prévenir et prendre en charge les moments de violence dans l’évolution clinique des patients adultes lors des hospitalisations en service de psychiatrie ». D’abord, les personnes souffrant de troubles mentaux ne sont qu’exceptionnellement acteurs d’actes de violence (entre 3 et 5 %). Ces mêmes personnes, extrêmement vulnérables, sont 4 fois plus souvent l’objet de violence, 12 fois plus souvent de crimes violents, 140 fois plus souvent de vols. Et finalement, certains troubles sévères sont certes des facteurs de risque de passage à l’acte violent, mais ce ne sont que des facteurs parmi d’autres. »

Des patients plus victimes qu’auteurs

Selon les extrapolations de la Haute Autorité de santé (HAS), 3 incidents violents se produisent par semaine dans une unité d’hospitalisation en psychiatrie, soit environ 500 000 par an en France. « La violence survient à un moment critique où la souffrance est accrue. Et les conséquences peuvent être très lourdes : le patient violent est lui-même traumatisé, l’équipe soignante peut manifester des signes de stress post-traumatique, avec un sentiment d’abandon et d’impuissance », a indiqué le médecin, en précisant que les victimes sont « à moitié des professionnels de santé et à moitié des patients ». Or, bien qu’il soit possible d’agir, les soignants sont souvent démunis et n’ont pas les outils adéquats.

C’est dans ce but qu’a été constitué un groupe de travail – constitué de patients, familles, infirmiers, cadres de santé, psychiatres, psychologues, etc. tant du monde public que privé – qui s’est penché sur l’hospitalisation en psychiatrie générale adulte et l’hétéro-agression. « Nos patients sont beaucoup plus victimes qu’auteurs de violence, a rappelé le Pr Jean-Louis Senon, psychiatre et président du groupe de travail. Mais s’ils sont auteurs, le soignant doit apprendre à détecter cette violence qui peut survenir dans les moments critiques de la maladie et à y répondre. » Deux situations à risque ont été identifiés :
- le service d’admission : le patient va mal et est souvent opposant, l’équipe doit rapidement avoir des informations sur lui et savoir s’il a déjà eu des antécédents de violence. La mémoire infirmière, « la meilleure des choses », et le dossier médical sont indispensables.
- l’hospitalisation de long séjour : les patients ont le sentiment d’être des oubliés. De plus, l’extrême intimité avec d’autres patients ou soignants, qui représente « une intrusion dans la bulle d’intimité », peut être source de violence.

Face à la violence dans un service de psychiatrie, « le travail essentiel est celui de prévenir, a insisté le Pr Senon. On parle de prévention primaire (accompagner l’accueil du patient en souffrance face à une hospitalisation difficilement acceptée, l’informer avec empathie et respect), secondaire (repérer le patient irritable, l’isoler des autres, l’apaiser par les mots, le regard, l’attitude, éviter l’ultime recours à l’isolement et à la contention), et tertiaire (avoir une démarche post-incident, restaurer la relation thérapeutique, remettre en place le soin). » Cette boîte d’outils proposée par la HAS comprend ainsi 15 programmes d’amélioration des pratiques et 14 outils destinés aux équipes soignantes des unités de psychiatrie. Des fiches pratiques, repères concrets et outils dont le but est, précise le Dr Grouchka, de « limiter les mesures de restriction de liberté si les violences se produisent néanmoins ».

Karen Ramsay

Les dernières réactions

  • 23/11/2016 à 19:40
    thle
    alerter
    Cette réflexion témoigne d'une avancée et d'une prise de conscience des actes de violence en psychiatrie
    En position de cadre d'un service d'entrée et d'un service d'urgence psy, je ferais le constat suivant:

    - les jeunes diplômées sont souvent démunies devant un patient agité car il leur manque "ces outils" qui devraient être pris en compte dans la formation initiale.Certaines IDE n'ont jamais fait un stage en psy. Après plus de 30 ans d'exercice, je reste persuadé que les IDE souhaitant travailler en psychiatrie, devraient suivre un cursus de formation complémentaire
    - La relation soignant soigné s'apprend sur le terrain au fil des rencontres avec les différentes pathologies et avec le compagnonnage entre collègues.On ne peut pas demander à quelqu'un de savoir faire si elle n'a jamais appris.
    - Ma dernière remarque concerne la formation et les compétences médicales.Sans être nostalgique, je dirais que la "clinique" se perd..De ce fait,les états aigus voire violents n'ont pas les traitements adaptés à l'entrée.Les patients angoissés et potentiellement agressifs restent en l'état trop longtemps..
    -Enfin, je souligne que l'employeur est garant de l'intégrité physique des agents et qu'à ce titre ,il doit mettre à disposition tous les moyens nécessaires pour protéger les personnels.

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