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02/09/2016

Hausse du sentiment d'insécurité à l'hôpital

Dans son rapport 2015, rendu public le 26 août dernier, l'Observatoire national des violences en milieu de santé recense 14 502 signalements d'atteintes aux personnes et aux biens en 2014. En hausse par rapport à 2013, ce chiffre traduit le ras-le-bol des hospitaliers.

« Agression verbale et physique du fils d'un patient hospitalisé aux urgences à l'égard d'une IDE des urgences en raison d'un délai d'attente de 15 minutes (temps nécessaire à l'arrivée des ambulanciers en charge de la mutation du patient dans un autre établissement) et d'une incompréhension (motif mutation). Propos utilisés « incapable de soigner, être nulle, être un hôpital de merde ». L'agresseur a voulu porter un coup de poing à l'IDE. Il a été arrêté à temps par l'ambulancier. »

Ce signalement est l'un des 14 502 atteintes aux biens ou aux personnes déclarées en 2014 auprès de l'Observatoire national de la violence en milieu de santé (ONVS). Dans son rapport annuel 2015, l'ONVS constate que « le nombre de déclarations est en hausse » par rapport à 2013 (12 432), alors même que le nombre d'établissements sanitaires et médico-sociaux participant (1) est en baisse (337, contre 353 en 2013). « L'hôpital est par nature un lieu hors du commun où la souffrance et l'angoisse ont toujours été présentes. On ne peut donc pas dire qu'il y a plus de violences, mais que leur origine ou leur forme a changé, nuance le rapport. Ce qui augmente cependant est l'aggravation du sentiment d'insécurité ressenti par les personnels de santé. La tolérance face à des violences dont les causes sont parfois mal identifiées ou à des violences gratuites est devenue très faible. »

45% des victimes sont infirmières

En 2014, les atteintes aux personnes représentent 72% des signalements reçus par l'ONVS. Près de la moitié des déclarations correspondent à des atteintes de niveau 3 selon le Code pénal (violences volontaires, menaces avec armes, agressions sexuelles). Les atteintes de niveau 1 (injures, insultes, provocations, chahut) représentent un tiers des signalements. Viennent ensuite (18%) les atteintes de niveau 2 : menaces, violences involontaires, port d'armes. Les atteintes de niveau 4, particulièrement graves, sont heureusement plus rares (2%) : violences avec arme (159 signalements), viols, séquestrations, voire prise d'otage (un signalement).

Dans 9 cas sur 10, les auteurs de violence sont des patients ou visiteurs et les victimes, les professionnels de santé : aides-soignantes (46%), infirmières (45%), médecins (9%). Le personnel d'accueil est à l'origine de 6% des signalements. Un chiffre sous-estimé selon l'ONVS. « Il est très difficile d'estimer les violences, essentiellement verbales, supportées par les agents d'accueil des établissements, notamment au niveau de la caisse/admission, en raison d'une sous-déclaration très importante dans ce secteur », notent les auteurs.

Psychiatrie et urgences en première ligne

Comme les années précédentes, la psychiatrie arrive en tête des services déclarants des violences (21%), suivie par les urgences (15%), la médecine et la gériatrie (9% chacun). L'ONVS souligne l'importance de distinguer -pour mieux les prévenir- les violences liées à la pathologie, qui sont majoritaires en psychiatrie et en gériatrie, des violences liées aux souffrances, au stress et aux frustrations, qui s'expriment tout particulièrement aux urgences ou encore en pédiatrie. « Les conditions d'accueil (services ponctuellement surchargés, longueur de l'attente, manque de personnel, communication insuffisante) peuvent constituer des facteurs de tensions supplémentaires », soulignent les observateurs.

Atteinte à la santé physique et mentale des salariés

Ces statistiques doivent interpeller car les actes de violence « portent atteinte à la santé physique et mentale des salariés », insiste l'ONVS. Dans le bilan social 2012, 25% des établissements hospitaliers ont déclaré que le contact avec un malade agité était l'une des trois principales causes d'arrêt de travail. Les remarques désobligeantes, les insultes voire les agressions influent également sur la qualité des soins, relève l'ONVS, citant une étude publiée en août 2015 dans la revue Pediatrics. « Les résultats montrent que le temps nécessaire à l'établissement du diagnostic et la rapidité de mise en place du traitement approprié ont été particulièrement affectés par les remarques désobligeantes. »

D'où l'importance pour les établissements de déclarer les violences de façon exhaustive, de leur donner une suite judiciaire et d'utiliser les outils mis à leur disposition pour les prévenir, notamment en élaborant et signant un protocole d'accord santé-sécurité-justice.

Aveline Marques



1- Les déclarants représentent 25% des établissements publics, mais seulement 2 à 3% des établissements privés. Dans son rapport, l'ONVS intègre également les données transmises par les ordres des médecins et des pharmaciens, qui recensent les violences commises à l'encontre des professionnels libéraux.

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