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Autonomie

11/06/2019

Les spécialités infirmières veulent (encore) plus d'autonomie

Les Iade, les Ibode et les puéricultrices occupent dans le paysage infirmier une place à part qu’elles entendent bien conserver et approfondir. Pourquoi et comment ? C’est ce que leurs représentants étaient invités à expliquer vendredi dernier lors d’un débat organisé par l’Ordre national des infirmiers.

40 000. C’est le nombre d’infirmières qui, d’après l’Ordre national des infirmiers (ONI), exercent l’une des trois spécialités infirmières : Infirmière anesthésiste diplômée d’Etat (Iade), Infirmière de bloc opératoire diplômée d’État (Ibode) ou infirmière puéricultrice. L’ONI avait invité les représentants de ces trois disciplines à s’exprimer sur leurs pratiques et leurs projets au cours d’un débat organisé dans ses locaux vendredi dernier. Une discussion qui a permis, malgré les contextes différents vécus par ces professionnels, de montrer leur volonté commune d’accroître l’espace d’autonomie dont ils disposent déjà.

Chacun a ainsi pu profiter de la tribune ordinale pour exposer les terrains qu’il entendait conquérir. Les puéricultrices déplorent par exemple de ne pas disposer de la possibilité de prescrire certains bilans ou dispositifs, comme par exemple les dispositifs de soutien à l’allaitement. « Il y a des infirmières puéricultrices qui partent tous les jours avec des ordonnanciers signés qu’elles remplissent elles-mêmes », déplore Charles Eury, président de l’Association nationale des puéricultrices diplômées et étudiantes (ANDPE). « Elles sont conscientes des risques, mais ne peuvent pas faire autrement. »

Des combats à mener

Du côté des Ibode, le combat ne porte pas sur la prescription, mais sur l’application des fameux « actes exclusifs » (partiellement) instaurés par le décret de janvier 2015 : aide à l’installation du patient, suture, drainage, etc. Ces gestes ne peuvent théoriquement être effectués que par des Ibode, mais ils nécessitent la mise en place de protocoles dans les services. « Aujourd’hui, sans protocole signé par le chirurgien, nous ne pouvons pas mettre en place les actes exclusifs », regrette Magali Delhoste, présidente de l’Union nationale des associations d’Ibode (Unaibode). Celle-ci estime que tant que les Ibode ne seront pas plus nombreuses dans les services, « il sera difficile d’imposer les actes exclusifs ». D’où la nécessité selon elle de faciliter l’intégration des infirmières dans les écoles d’Ibode.

En termes d’autonomie, ce sont peut-être les Iade qui sont les plus avancées. « Nous ne travaillons plus sous protocole, mais selon une stratégie : une fois que l’objectif est déterminé, nous n’allons plus consulter le médecin, chercher un écrit, etc. », explique Nico Decock, membre du bureau du Syndicat nationale des Iade (Snia). Ce qui n’empêche pas la profession d’en vouloir plus. « Nous revendiquons un statut de profession intermédiaire, ce qui ne veut pas dire que nous nous sentons supérieurs aux autres », avance Nico Decock. « Mais notre pratique a évolué vers une telle identité professionnelle, avec une telle autonomie, que nous ne nous retrouvons plus ni dans les spécialités, ni dans les pratiques avancées. » Sur ce dernier point, les Ibode et les puéricultrices rejoignent les Iade : la pratique avancée, du moins telle que définie par les textes actuels, ne constitue pas l’horizon indépassable de leur évolution professionnelle.

Adrien Renaud

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