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07/06/2019

Crise aux urgences : quelques promesses mais beaucoup de déception

La crise se durcit aux urgences. La ministre a fait quelques promesses devant les médecins réunis en congrès. Les paramédicaux, qui animent le mouvement de grève, estiment n’avoir rien obtenu et appellent à durcir le mouvement.

Après avoir mimé la mort, sur le bitume devant le ministère de la Santé, à Paris ce jeudi 6 juin, les paramédicaux du collectif Inter-urgences, se sont mis « à poil », ou en sous-vêtements plutôt. C’était un bien plus juste reflet de l’ambiance, joyeuse et combative, de cette première manifestation, qui a réuni un petit millier d’infirmières et d’aides-soignantes, et quelques médecins, venus de Paris, Saint-Nazaire, Bordeaux, Mulhouse ou encore Lons-Le Saunier.

Cette mobilisation signe la montée en puissance de ce mouvement de grève long, débuté le 18 mars aux urgences de Saint-Antoine, et qui a fait tâche d’huile, sur l’ensemble du territoire, dans 85 services d’urgence à ce jour. Ils ont adopté des revendications communes : une prime de 300 euros mensuelle qui doit reconnaître la spécificité du travail aux urgences, des effectifs supplémentaires, et la réouverture de lits hospitaliers, la plupart des urgences étant saturés faute de lits pour hospitaliser les patients.

Des mesures immédiates

Le matin même se tenait, à l’autre de bout de Paris, le congrès des médecins urgentistes, où la ministre de la Santé s’est exprimée sur la crise que traversent les urgences. « N’ayons pas peur des mots : le quotidien est devenu insupportable pour beaucoup d’entre vous », a-t-elle reconnu devant une assemblée de médecins. Vantant une nouvelle fois les effets à venir du projet de loi « Ma santé 2022 », en cours de lecture au Sénat, elle a aussi promis des mesures « plus immédiates ».

Tout d’abord, une mission nationale est confiée au Conseil national des urgences hospitalières (CNUH) et au député Thomas Meynier. Sur le plan financier, il n’y aura pas d’enveloppe supplémentaire, mais des consignes données aux agences régionales de santé (ARS) et aux directeurs d’établissement pour flécher des crédits vers les urgences. Ceux-ci devraient permettre de faire des travaux de rénovation dans les urgences.

Deux promesses s’adressent aux paramédicaux des urgences. La première répond en partie à leur première revendication : le versement d’une prime individuelle de risque, à la main des directeurs d’établissements. A destination des infirmières cette fois, elle a encouragé les médecins urgentistes à développer des protocoles de coopération, pour développer les délégations de tâches pour lesquelles les infirmières recevraient une prime.

« Nous sommes extrêmement déçus »

L’après-midi, les paramédicaux qui manifestaient devant le ministère n’ont pas eu droit aux mêmes égards que les médecins : ils ont été reçus par son directeur adjoint de cabinet, Yann Bubien. Ils en sont sortis « sans rien », ont-ils déploré. « Sur les effectifs, ils renvoient vers les directions d’établissements, qui nous renvoient vers le national, regrette l’infirmier Hugo Huon, membre du collectif inter-urgences. Sur les fermetures de lits, ils ne sont même pas au courant de celles qui sont déjà en cours, en prévision de l’été. Sur la prime de risque, elle est déjà perçue par une partie des paramédicaux, on devrait gagner 20 euros par mois. Quant à la prime pour les délégations de tâches, elle est de 100 euros. Nous sommes extrêmement déçus. Ils voient pourtant que le mouvement se durcit, que cela devient dangereux. »

La mobilisation a en effet pris une ampleur nouvelle, au cours du week-end de l’Ascension, avec les réquisitions par les forces de l’ordre, à leur domicile, parfois au milieu de la nuit, d’infirmières, d’aides-soignantes et de médecins du service des urgences de Lons-le-Saunier (Jura). Celui est engagé depuis six mois dans une grève pour préserver sa deuxième ligne de Smur.

Appel à « durcir le mouvement »

Mardi 28 mai, l’équipe n’a pas supporté une situation de sous-effectifs particulièrement aiguë, alors que les paramédicaux multiplient les heures supplémentaires, non payées. Des arrêts maladie en cascade ont paralysé le service. Ce lundi 3 juin, c’est aux urgences de l’hôpital Lariboisière à Paris, sur-fréquentées, très exposées à la violence, et frappées par un décès en salle d’attente cet hiver, qu’une grande partie de l’équipe des paramédicaux de nuit s’est retrouvée en arrêt maladie. Le lendemain, la ministre s’est montrée critique pour ces professionnels : « En général, les soignants en grève viennent soigner avec un brassard pour assurer la continuité des soins. Là, ils se sont mis en arrêt maladie, c’est dévoyer ce qu’est un arrêt maladie. » Devant les médecins urgentistes réunis en congrès, elle s’est montrée plus empathique : « J’entends votre colère, je la comprends. » Pas assez, lui ont répondu les paramédicaux. Le collectif Inter-urgences appelle à « durcir le mouvement ».

Caroline Coq-Chodorge

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