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09/04/2019

L’écrivain Martin Winckler conjugue l’hôpital au féminin

Dans son dernier roman « L’école des soignantes », le médecin et écrivain Martin Winckler imagine un nouveau monde du soin, empreint d’humanisme et de féminisme. Entretien.

Espace infirmier : Votre dernier roman est-il une suite de vos précédents ouvrages (1) ?

Martin Winckler : Mes premiers romans étaient l’expression d’une colère en réaction à la façon dont est exercée la médecine. « Le chœur des femmes » (P.O.L 2009) était une réflexion sur la possibilité d’un exercice différent. « L’école des soignantes » est une réflexion sur la manière d’enseigner. J’ai imaginé un hôpital-école utopique à partir d’un idéal féministe. Les personnes soignées participent à l’apprentissage des soignantes et à tout moment sont invitées à prendre part aux décisions qui les concernent.

Espace infirmier : Expliquez-nous cet hôpital-école que vous avez imaginé...

Martin Winckler : C’est la description d’un système utopique, entre les années 2034 et 2039, dans une région sanitaire autonome, la communauté urbaine de Tourmens, une enclave imaginaire située en France. La santé a été réorganisée de façon égalitaire à partir de l’idéal féministe. Par convention, le livre parle de soignées et de soignantes afin de rompre avec la domination masculine. Les rapports de pouvoir sont incompatibles avec le soin. Or, la première hiérarchie est celle du genre. Les femmes ont été négligées et méprisées par le corps médical pendant des millénaires. Par exemple, la façon dont est considérée la période des règles est une vision sexiste. Les fondateurs de l’hôpital-école estiment que si l’on parvient à soigner correctement les femmes, on saura répondre aux besoins de toutes les personnes.

Espace infirmier : Quelles sont les solutions pour améliorer les conditions de soins et de travail ?

Martin Winckler : A mon sens, le changement ne viendra que d’une action collective des usagers et des soignants, à l’image des combats menés jadis pour le droit de vote, le droit à la contraception et à l’IVG.

Espace infirmier : En 2016, vous avez publié « Les brutes en blanc » (Flammarion) qui critiquaient les soignants…

Martin Winckler : C’était un pamphlet qui dénonçait les maltraitances médicales de certains professionnels. Habituellement, un médecin n’est pas censé critiquer ses pairs. C’était une question morale pour moi : parce que je suis médecin, je dois justement protéger les usagers. Etant donné ma position d’écrivain, je me suis fait le porte-voix des professionnels qui ne pouvaient ou n’osaient parler.


Propos recueillis par Claire Manicot

(1) Martin Winkler est l’auteur d’une vingtaine de romans. « L’école des soignantes » vient de sortir chez P.O.L 2019.

Martin Winckler vous propose des rencontres en librairie :
9/04 : Toulouse, aux Ombres blanches à 18 h ;
10/04 : Rennes, à La nuit des temps à 18 h 30 ;
11/04 : Le Havre, à La Galerne à 18 h ;
12/04 : Paris, aux cahiers de Colette à 18 h ;
13/04 : Pithiviers, à la librairie Gibier à 15 h ;
16/04 : Vincennes, aux MillePages à 19 h ;
17/04 : Rouen, à L’Armitière à 18 h ;
18/04 : Paris, à L’instant à 19 h ;

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