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Bus londonien angleterre rouge

05/03/2019

Comment le Brexit affectera la santé publique britannique ?

Toutes les formes de Brexit sont mauvaises pour la santé, mais certaines sont pires que les autres. Un article paru dans The Lancet le 25 février dernier fait le point sur les répercussions des différentes sortes de Brexit actuellement à l’étude sur la prise en charge de la santé des britanniques.

Les auteurs rappellent qu’actuellement quatre hypothèses de sortie de l’Union européenne (UE) sont possibles, en fonction des négociations en cours entre Theresa May et le Parlement européen.

- Un accord de retrait signé conjointement ouvrirait une période intermédiaire, jusqu’en décembre 2020, pendant laquelle, sans pour autant conserver son statut de membre de l’UE, la Grande Bretagne conserverait de nombreux aspects des lois existant actuellement en UE.

- À la fin de la période de transition, le Protocole d’Irlande du Nord prendrait le relais et instaurerait une frontière entre l’Irlande du Nord et la Grande-Bretagne.

- Une déclaration non contraignante légalement, la « déclaration politique des relations futures », déterminerait une philosophie de relations pour une période de 18 mois après la date butoir du 29 mars, permettant dans cet intervalle de négocier des accords, qui prendront effet au fur et à mesure de leur conclusion.

- Sans accord de Brexit, la Grande-Bretagne quitterait l’UE le 29 mars, ce qui en ferait un « pays tiers ».

Les auteurs ont pris le parti de mettre en avant les différences de fonctionnement entre les quatre hypothèses, dans les champs d’applications suivants :

- l’emploi des professionnels de santé,

- le financement du système de santé,

- les produits médicaux, vaccins et la technologie médicale,

- le droit du travail

- la gouvernance et l’autonomie du Royaume-uni en matière de santé publique.

Quelle quoi soit l’hypothèse qui prévaudra, les auteurs concluent que la Grande-Bretagne perdra en leadership dans le domaine de l’industrie pharmaceutique, en grande partie parce que les essais cliniques, et la recherche dans son ensemble est coordonnée au niveau européen. Quitter l’UE reviendra à perdre l’accès aux données de santé et à l’intégration dans des cohortes d’essais cliniques. À l’inverse, le gouvernement s’est engagé à ce que dans tous les scénarios le niveau de santé publique reste dans le standards européens, ce qui dépendra des lois que les gouvernements successifs voudront bien voter pour maintenir un niveau élevé de services de santé publique.

Du point de vue de la disponibilité des médicaments et dispositifs médicaux, la pire hypothèse est celle du Brexit sans accord, qui aurait des effets extrêmement délétères sur les imports et exports de produits pharmaceutiques, notamment dans le délai d’accès à certains radioisotopes. Dans les 3 autres hypothèses, l’Angleterre n’aurait plus ces problèmes d’approvisionnement, mais en ne faisant plus partie de l’Agence européenne du médicament, perdrait de son influence.

6 000 à 23 000 morts supplémentaires en 10 ans

Côté financement du système de santé, encore une fois, un Brexit « dur » supprimerait des financements pour le NHS (National Health Service) provenant de la Banque européenne d’investissement. D’autre part, tous les britanniques sortant du territoire national pour aller en UE devront souscrire une assurance médicale car les accords intereuropéens seront caducs.

L’effet indirect du Brexit sur la santé serait d’autant plus large que d’autres aspects, comme l’approvisionnement en produits alimentaires, seront potentiellement touchés : la Grande-Bretagne dépend essentiellement de l’importation pour les fruits et légumes frais. Une modélisation estime à 6 000 à 23 000 décès supplémentaires entre 2021 et 2030 dus à des pathologies cardiovasculaires en cas de Brexit sans accord.

Enfin, le défi à relever pour la Grande-Bretagne sera celui de l’emploi médical. Les auteurs prévoient un exode des professionnels originaires de l’Union européenne ou de l’Espace économique européen (UEE). La reconnaissance mutuelle des diplômes n’est pas prévue dans toutes les hypothèses actuellement discutées, ce qui affecterait les recrutements des professionnels de santé issus de l’UE ou l’EEE.

Les auteurs concluent que le scénario du Brexit sans accord est la pire des options pour la santé publique. Les autres scénarios présentent des avantages, notamment une autonomie nouvelle du NHS dans sa politique de santé, mais les moyens financiers resteront à trouver, et pourront évoluer au fil des gouvernements successifs.

Véronique Seignard-Kowalewski

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