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20/11/2018

#20novembre : infirmières oubliées… mais peu mobilisées

Ce 20 novembre, les infirmières se sont rassemblées sur l’ensemble du territoire pour protester contre leurs conditions de travail et un plan Santé 2022 dont elles s’estiment les grandes oubliées. Les principaux responsables syndicaux ont été reçus au ministère de la Santé cet après-midi, mais sans résultat concret.

Après les gilets jaunes, la marée blanche ? L’ensemble de la profession était invité à manifester ce 20 novembre, à l’appel de seize associations et organisations syndicales (1). « J’ai assisté à la présentation du plan Santé par Emmanuel Macron (en septembre dernier, NDLR) et j’en suis sortie effarée », relate Catherine Kirnidis, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil). Le lendemain, les principaux syndicats s’accordaient sur une action unitaire. Le mot d’ordre : les « infirmières oubliées » se mobilisent.

 

« On travaille depuis plusieurs semaines pour faire un mouvement fort, et on attend d’être enfin reconnues et entendues », indiquait Catherine Kirnidis, la veille de l’événement. Dans chaque région, les infirmières se sont massées devant les préfectures. Des rassemblements officiels auxquels devaient s’agréger des initiatives locales, y compris en Outre-mer, telles que des manifestations, des opérations escargot ou des « mises en bière » symboliques.

   

À Bordeaux, sous un ciel gris, plus d’une centaine d’infirmiers se sont réunis sur l’esplanade en face du conseil régional. Mais l’ambiance était plutôt bon enfant, nous raconte Olivier, infirmier libéral : « Même si j’ai croisé quelques IDE des Landes et du Pays-Basque, le fait que les gilets jaunes aient bloqué la ville hier a dû freiner certains, ce qui explique une mobilisation en demi-teinte. Pourtant, pour préparer la grève, j’ai distribué à mes patients un courrier leur expliquant nos revendications et j’ai eu des retours très intéressants, y compris de certains médecins. Quelles que soient les orientations philosophiques ou politiques, tout le monde est très inquiet de la dégradation des soins. »

Les libérales en force

À Paris, la mobilisation se déroulait sous les fenêtres du ministère de la Santé. En blouse ou chasuble au-dessus de la doudoune, une bonne centaine de manifestants étaient présents à l’angle des avenues Duquesne et Ségur. Toutes les spécialités étaient représentées, des anesthésistes aux puéricultrices en passant par les Ibode et les infirmières scolaires. Le gros des troupes était cependant constitué des infirmières libérales – les réquisitions ayant, de l’avis général, joué à plein à l’hôpital.

« On est les grandes oubliées du maintien de la personne âgée à domicile, du virage ambulatoire et plus largement du plan Santé », s’agace Clémentine, 35 ans. Pour cette infirmière libéral parisienne, les 660 000 infirmières françaises sont « invisibilisées », quel que soit le mode d’exercice : « À l’hôpital, en libéral, en crèche ou dans les cliniques, on est les petites mains pas chères. » En libéral depuis deux ans après avoir exercé à l’AP-HP, elle se voit mal poursuivre à long terme.


À Paris, les soignants de l’hôpital Foch étaient nombreux pour ignants réunis place St Etienne, ont dénoncé, entre autres, le manque de reconnaissance des compétences infirmières. (crédit photo : K. R.)

Autre grief récurrent, les tarifs de l’actuelle nomenclature. « On est payé au rabais et on en a marre. Quand on va à domicile, c’est 7 euros brut pour une injection ! Il faut en faire, des actes… », dénonce Magalie, 39 ans, Idel dans le 16e arrondissement de Paris. Hélène, 40 ans, en libéral à Ermont (Val d’Oise), renchérit en englobant les collègues hospitalières :« Je pense que quelqu’un qui travaille à l’usine est mieux payé. »

   
   

Pas de miracle en vue

Dans ce contexte, la création des 4 000 postes d’assistants médicaux dévoilée dans le plan Santé est vécue comme une provocation : une concession coûteuse aux médecins, doublée d’un refus de renforcer le rôle pourtant pivot des infirmières dans le système de santé. Et ce, d’autant que les négociations conventionnelles, entamées en début d’année, sont au point mort depuis l’été (Elles devraient néanmoins reprendre le 4 décembre, a indiqué Agnès Buzyn, NDLR).

En début d’après-midi, le ministère de la Santé a accepté de recevoir huit représentants syndicaux et d’entendre leurs revendications (voir encadré). C’est Mickaël Benzaqui, tout récemment nommé conseiller au ministère de la Santé, qui a reçu la délégation. D’après le Sniil et la Fédération nationale des infirmiers (FNI), aucune concession n’a été faite par l’exécutif. Face à ce qu’ils considèrent comme une sourde oreille du gouvernement, les syndicats ont déposé une demande d’entretien auprès du Président de la République.


Ce que demande la profession ?

- Reconnaître la place centrale des infirmiers dans le projet de loi de financement de la sécurité sociale (PLFSS) 2019, actuellement en cours d’examen au Sénat ;
- À l’hôpital, adapter les effectifs infirmiers à la charge de travail ;
- Achever la mutation des études en un parcours licence-master-doctorat en sciences infirmières, avec des spécialités en bonne et due forme ;
- Placer les 120 000 infirmières libérales au cœur du virage ambulatoire et de la lutte contre la désertification médicale grâce à la révision de la nomenclature des actes ;
- Faire de l’Idel le « spécialiste du soin à domicile », capable après avis du médecin de participer à décider de l’inclusion d’un patient en SSIAD ou HAD ;
- Développer la consultation infirmière et l’accès direct aux infirmières, notamment pour les patients chroniques et les personnes âgées à risque de dépendance ;
- Reconnaître la pénibilité professionnelle, en libéral comme à l’hôpital ;
- Intégrer la profession dans les concertations publiques sur les sujets de santé publique, au même titre que les médecins ;
- Revaloriser les primes de week-end et de nuit, ainsi que les salaires.


1. Les 16 associations et organisations syndicales : Association française des infirmiers de dialyse, transplantation et néphrologie AFIDTN), Association des enseignants et des écoles d’infirmiers de bloc opératoire (Aeeibo), Association nationale des puéricultrices(teurs) diplôm(é)s et des étudiants (ANPDE), Comité d’entente des écoles d’infirmiers anesthésistes diplômés d’État (Ceeiade), Coordination nationale infirmière (CNI), Convergence infirmière, Fédération nationale des infirmiers (FNI), Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil), Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia), Syndicat national des infirmiers de bloc opératoire (Snibo), Syndicat national des infirmier(e)s conseiller(e)s de la santé (Snics), Syndicat des infirmier(e)s éducateurs en santé de l'éducation nationale (Snies), Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), Union nationale des associations d’infirmiers de bloc opératoire diplômés d’État (Unaibode), et Union nationale des infirmiers diplômés d’État libéraux (Unidel).


Yvan Pandelé

Les dernières réactions

  • 22/11/2018 à 10:53
    colostrhom
    alerter
    .......de toute façon, les gens s'en contre fou ils savent bien que nous irons les soigner ..!
    je ne parle même pas de notre gestionnaire de ministre, notre système est un système basé sur le fric et non sur l'humain !

    Si un jour vous piquez un ministre .faites lui mal qu'il soit sur de notre incompétence!
    il appelera les assistants médicaux ou son médecin qui fera forcément mieux....!!!
    Nous sommes des voleurs, des larbins, des bonnes soeur, des lèches medecins.....
    NOUS AVONS UN METIER FORMIDABLE QUE NOUS AIMONS ET C EST AVEC NOTRE GRAND REGRET QUE NOUS L AIMONS TROP CAR NOUS NOUS AIMONS L HUMAIN PAS LE FRIC:!

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