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23/10/2018

Infirmières oubliées ? Infirmières mobilisées !

Treize syndicats et associations infirmiers, tous modes d’exercice confondus, appellent à une mobilisation nationale le 20 novembre. Objectifs ? Défendre un système de santé de qualité et, surtout, soutenir la place des infirmières dans la stratégie de transformation du système de santé.

« Nous sommes très fiers car c’est l’ensemble des syndicats infirmiers et des associations qui appellent à la mobilisation, souligne Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI-CFE-CGC). Il est très important de montrer l’unité de la profession face à l’oubli dont font l’objet les infirmières dans le plan “Ma santé 2022”. » Ce que dénoncent les syndicats et associations ? La vision médico-centrée du gouvernement « qui ne donne aucun moyen aux infirmiers, pourtant en première ligne pour relever ces défis ».

Les mauvaises priorités

Côté hôpital, avec un Objectif national des dépenses d'Assurance maladie (Ondam) à 2,3 % en 2018, on a dû économiser 960 millions d’euros. « Quelles économies supplémentaires seront demandées en 2019 avec un Ondam à 2,5 % ? », se demandent les signataires (1) de l’appel à la mobilisation. « Tous les hôpitaux sont dans le rouge et mènent des plans d’économies, rappelle Thierry Amouroux. Comme les ressources humaines représentent 70 % du budget d’un hôpital, les conséquences se font ressortir sur les postes de soignants. Nous constatons une aggravation de la souffrance des professionnels et la baisse de la qualité des soins. » Et d’ajouter : « En parallèle, les médecins libéraux semblent faire pitié puisqu’on leur propose 4 000 postes d’assistants médicaux à hauteur de 50 000 par tête, financés par l’Assurance maladie pour plusieurs années. »

Les syndicats et associations infirmiers estiment qu’il aurait été plus cohérent de consacrer cet argent à la création de postes en Ehpad, à la réactualisation du décret d’actes et d’exercice des infirmiers datant de 2002, ou encore à la réingénierie du diplôme des infirmiers de bloc opératoire ou des infirmiers puériculteurs. « Le gouvernement crée un nouveau métier alors que les infirmiers salariés n’ont même pas été revalorisés », regrette Catherine Kirnidis, présidente du Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil).

En première ligne… mais en dernière intention

Parmi les autres points d’échauffement : le manque de considération du gouvernement vis-à-vis des infirmières libérales dans l’élaboration du Projet de loi de financement pour la sécurité sociale (PLFSS), qui n’offre des réponses qu’aux médecins, ou encore, la non-reprise des négociations conventionnelles pour les libéraux.

« Toute la question de la réorganisation des soins, avec le déploiement des communautés professionnelles territoriales de santé (CPTS) et des hôpitaux de proximité, se fait sans nous, pointe du doigt Catherine Kirnidis. Nous sommes en première ligne pour la prise en charge des patients, mais on ne nous consulte pas malgré nos propositions. Nous sommes face à un immobilisme dans les négociations conventionnelles, nous ne comprenons pas pourquoi on ne tient pas compte de nos propositions. » « Dans le plan Santé, le seul moment où l’on parle des infirmières, c’est avec les pratiques avancées, mais il n’y en a que 300 en formation, rappelle Thierry Amouroux. A côté, il y a 600 000 infirmières de niveau licence. Ce n’est pas cette seule fonction qui répondra au besoin de reconnaissance des infirmières. »

Laure Martin

1. Association française des infirmiers de dialyse, transplantation et néphrologie (AFIDTN), Association nationale des puéricultrices(teurs) diplôm(é)s et des étudiants (ANPDE), Coordination nationale infirmière (CNI), Convergence infirmière, Fédération nationale des infirmiers (FNI), Organisation nationale des syndicats d'infirmiers libéraux (Onsil), Syndicat national des infirmiers anesthésistes (Snia), Syndicat national des infirmiers de bloc opératoire (Snibo), Syndicat national des infirmier(e)s conseiller(e)s de la santé (Snics), Syndicat des infirmier(e)s éducateurs en santé de l'éducation nationale (Snies), Syndicat national des infirmières et infirmiers libéraux (Sniil), Syndicat national des professionnels infirmiers (SNPI), Union nationale des associations d’infirmiers de bloc opératoire diplômés d’État (Unaibode).

Les dernières réactions

  • 23/10/2018 à 14:22
    Pilou
    alerter
    Il faut que la FNESI mobilise également ses troupes car c'est de leur avenir dont il est question !
  • 24/10/2018 à 19:12
    Stéphane A
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    Encore une mobilisation en mode infirmier »ére »s ? C’est à dire tou(te)s au travail si nous travaillions et dans la rue avec des banderoles si nous sommes en repos. Le tout en se tenant la main deux par deux comme des enfants de maternelle ?
    Si nous voulons nous faire entendre de nos interlocuteurs assis dans leur fauteuil derrière des fenêtres insonoriser et des barrages de Compagnies Républicaines de Sécurité, il nous faudra être plus sonore et vindicatif.
    Alors ce sera sans moi D’antant Que le 20 novembre je serai en vacance.
  • 24/10/2018 à 19:24
    PLR
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    Je compte 13 organisations syndicales ou associations professionnelles signataires de cet appel ! Le taux d'adhésion est tel dans la profession que cela justifie 13 organisations ? Et encore elle ni y sont pas toutes.
  • 24/10/2018 à 19:37
    Stéphane A
    alerter
    Réponse à PLR

    13 organisations les doigts sur la couture cela n’a Jamais mais bouger (même à la marge) la situation de la profession. Seul une véritable grève avec arrêt total du travail (hors soins urgence vital) voilà ce que j’attends. Vous pouvez manifester mais si le travail se fait comme lors d’une journée normale alors votre action est un coup d’épée dans l’eau.
  • 24/10/2018 à 19:53
    PLR
    alerter
    13 organisations le doigt sur la couture ? C'est un jugement (pas très confraternel). N'importe comment, toute profession a les syndicats qu'elle mérite. Moi je voulais simplement souligner que 13 organisations c'est déjà beaucoup trop pour représenter une profession. Il ne faut donc pas s'étonner que ça finisse par être inaudible. Le syndicalisme, c'est d'abord des arbitrages entre intérêts potentiellement divergents dans un même groupe professionnel, d'où émergent ensuite des revendications pour tous et peu à peu des regroupements d'organisations au-delà de la petite chapelle de chacun. Le fait même qu'il y ait 13 organisations (et toutes n'y sont pas) c'est déjà la preuve que ce travail n'a pas été fait ou que personne n'a eu envie de le faire.
  • 24/10/2018 à 20:06
    Stéphane 1@a
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    Tout est dit bonne conclusion de votre part « toute profession a les syndicats qu’elle mérite » - élus avec 90 % des 10 % de votes exprimés.
    Question pourquoi 90 % de la profession ne trouve pas de syndicat correspondant à leures attentes ?
    Peut-être le doigt sur l’onrlet Et pas assez d’action parlante.
  • 24/10/2018 à 20:18
    Stéphane a
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    Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT s’exprime lors d’une conférence de presse en 2015, à côté de Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT. THOMAS SAMSON / AFP

    - « C’est la chute de la XXX, amortie par son bon résultat dans les élections dans les TPE – où elle est arrivée en tête avec 25,12 % des suffrages mais dans un scrutin où l’abstention s’est élevée à 92,65 %. (Le monde du 13 mars 2017).
  • 24/10/2018 à 22:04
    twetchet
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    une menace de démission massive, il y a quelques années, je crois que c'est les infirmières danoise qui avaient en bloc posé leur démission, pour une revalorisation de leur statut, ça à été dur mais une semaine avant la dead line, ils ont fini par payer!!! aucun hôpital ne fonctionne sans ide ni as, ni en soin de ville d’ailleurs. fini le temps de bonnes sœurs
  • 25/10/2018 à 15:11
    benkadjouhfateh@gmail.com
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    L'infirmière, à mon avis, est la base de tout hôpital ou centre de santé, c'est un lien entre le médecin et le patient, mais reste malheureusement toujours marginalisée et c'est faux
  • 25/10/2018 à 15:18
    benkadjouhfateh@gmail.com
    alerter
    Les syndicats appelés à servir les infirmières se servent eux-mêmes comme une réalité dans les pays européens et même dans les pays en développement ayant le même sort Je suis aussi un infirmièr qui souffre des mêmes problèmes que vous.

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