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02/02/2018

Automédication : la France est à la traîne

Un baromètre des produits du « selfcare », présenté par l'Association française de l'industrie pharmaceutique pour une automédication responsable, le 2 février, démontre le retard de la France dans le secteur. L’association plaide pour une inscription de l’automédication responsable comme première étape du parcours de soins.

Après deux années en hausse, l’automédication est en retrait de -3.7 % en 2017, révèle l’étude d’OpenHealth Company pour l’Association française de l’industrie pharmaceutique pour une automédication responsable (Afipa). Un chiffre, reflet du profil des pathologies saisonnières, avec une gastroentérite plus tardive et des allergies saisonnières moins fortes en 2017 que les deux années précédentes.

Mais ce constat n’explique pas tout. La part de marché de l’automédication en France est l’une des plus faibles d’Europe : 12.9 % contre 51 % pour le Royaume-Uni. Pour booster son recours, l’Afipa souhaiterait davantage d’implication des pouvoirs publics. La stratégie nationale de santé 2018-2022 prévoit certes « que de nouvelles réflexions sur l’automédication et la distribution des médicaments à l’unité pourront être engagées ». Mais « il manque tout de même une volonté politique pour donner l’impulsion à une vraie politique de l’automédication », regrette Pascal Brossard, président de l’Afipa.

L’association souhaite que les patients puissent gérer leur santé et leur bien-être de manière autonome et responsable, dans le cadre du conseil pharmaceutique. « Les pharmaciens ont la capacité d’accompagner l’automédication et de conseiller le public, soutient Pascal Brossard. De plus, les médecins sont à 63 % favorables à l’automédication, car ils comprennent que c’est une façon de rationnaliser notre système de soin. »

Prendre modèle sur l’Europe

L’Afipa souhaiterait que les pouvoirs publics français prennent modèle sur d’autres pays européens. Au Royaume-Uni, par exemple, une campagne des autorités sanitaires Stay well this winter encourage les patients à demander conseil à leur pharmacien dès les premiers symptômes hivernaux. L’objectif étant d’alléger la charge des cabinets médicaux. « On constate une réflexion positive de leur côté », rapporte Daphnée Lecomte-Somaggio, déléguée générale de l’association. « Nous voulons développer cette politique de promotion du droit de chacun à être acteur de sa propre santé », conclut le président.

Laure Martin

En chiffres

Le marché global de l’officine a représenté en 2017 36.2 milliards d’euros. Le hors-prescription représente 7.1 milliards d’euros, ce qui inclut 3.9 milliards d’euros uniquement pour le selfcare.

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