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18/09/2017

Étude Fnesi : attention, étudiants en danger

La Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) a rendu publics, ce 18 septembre, les résultats de son enquête menée pendant plusieurs semaines sur le bien-être des étudiants en soins infirmiers. Des résultats inquiétants.

«Si j’avais su que cette formation m’enverrait trois semaines en psychiatrie alors j’aurais fait marche arrière le jour du concours. » « J’ai perdu 10 kilos au cours de ma première année. Je ne compte plus les nouvelles douleurs que mon esprit inflige à mon corps faute de pouvoir s’exprimer de vive voix. Je craignais ma rencontre avec les patients à l’entrée en formation. Aujourd’hui, ce sont les soignants que je crains. » Stress, angoisse, dépression et parfois gestes suicidaires : le mal-être dont témoignent les étudiants en soins infirmiers dans le questionnaire(1) de la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) est inquiétant. Quatre thématiques y sont abordés : la situation de l’étudiant, ses finances, sa santé et son vécu concernant sa formation.

Une santé qui se dégrade

« C’est une altération conséquente du bien-être qui ressort de cette enquête et un constat d’étudiants en soins infirmiers en grandes difficultés », considère la Fnesi. Des difficultés qui ne peuvent plus être ignorées et qui sont généralement liées avec le début de leurs études. Ainsi, 37,6 % des étudiants ont déjà renoncé à des soins pour des raisons financières, une moyenne supérieure à celle de la population générale des étudiants (13 %). 50,6 % estiment que leur santé s’est dégradée depuis leur entrée en formation. Ils sont d’ailleurs 75,4 % à se dire épuisés physiquement, et 7,8 % à déclarer prendre des somnifères depuis leur entrée en formation.

Des études qui coïncident d’ailleurs avec la hausse de leur consommation de substances psychoactives ou tératogènes. 38,5 % des étudiants sont fumeurs, et parmi eux, 8,2 % ont commencé pendant leurs études. Ils sont 21,7 % à consommer des substances illicites avec, en tête, le cannabis (18,8 %). Des chiffres surprenants puisque les ESI sont largement sensibilisés aux problématiques de santé tout au long de leur formation.

52,5 % des étudiants estiment que leur santé psychologique se dégrade. La Fnesi alerte sur la fréquence de l’épuisement psychologique qui touche 61,8 % d’entre eux, principalement en raison du stress. 33,9 % des répondants affirment avoir souffert de crises d’angoisse depuis leur entrée en formation. Mais seuls 13,8 % ont consulté un professionnel de la santé mentale. Pour la Fnesi, il est impératif de « mener des actions de prévention adaptées » et « il serait cohérent de voir incorporés à des Unités d’enseignement de santé publique, de prévention ou d’éducation, les notions de risques psychosociaux dans le cadre des études et de la vie professionnelle ».

Démocratiser l’accès à la formation

Autre problématique : la santé financière, puisque 48 % des étudiants se disent en difficulté financière. 76,5 % sont obligés de travailler pour subvenir à leurs besoins. Si 65 % travaillent l’été, ils sont 21,9 % à avoir un travail hebdomadaire. Or, avec une formation qui s’articulent autour de 35 heures de cours ou de stage par semaine, 51,6 % d’entre eux considèrent que le travail a un impact négatif sur leurs études.

Afin de « démocratiser l’accès à la formation », il est nécessaire, estime la Fnesi, de refondre son accès en supprimant toute sélection et en adoptant par exemple l’outil Admission post-bac. La Fédération « exige » aussi une uniformisation des droits des étudiants via l’intégration entière des soins infirmiers au sein de l’université, ce qui permettrait « aux étudiants boursiers de ne plus avancer certains frais d’inscription et de sécurité sociale comme c’est le cas actuellement ».

Laure Martin

1. Le questionnaire « Votre bien-être, l’enquête » a été diffusé du 23 février au 9 avril 2017 (45 jours) sur une plateforme en ligne. La Fnesi a recueilli 14 116 réponses d’étudiants en soins infirmiers dont 14 055 exploitables avec 2 100 témoignages.

Les dernières réactions

  • 18/09/2017 à 18:08
    blaise
    alerter
    Promouvoir la profession passe tout naturellement par une formation digne de ce nom et il semble, selon l'article, que tout ne soit pas parfait, alors que font celles et ceux chargés de faire la promotion de ce métier si admiré par les français ?
    On sera
  • 19/09/2017 à 02:41
    Solange
    alerter
    C'était mieux avant.
  • 20/09/2017 à 19:08
    salima
    alerter
    c etait mieux avant
  • 20/09/2017 à 22:03
    Balbal
    alerter
    NON à une formation au rabais
    OUI à des étudiants bien formés et compétents avec de vraies valeurs humaines
    Oui il faut de la rigueur et de l'exigence
    Une profession avec de belles responsabilités
    C'est un métier exigeant et difficile mais si beau
  • 21/09/2017 à 08:01
    Julju
    alerter
    Tous les cadres de santé devrait lire "le management par la bientraitance"de Stella Choqie et militer pour l amelioration des conditions de travail...et l accueil des étudiants..
  • 28/09/2017 à 02:37
    Linda
    alerter
    C' est un vrai gâchis. Il est impératif de revenir à l' ancienne formation. Permettre aux candidats d' accéder à cette formation sans passer de concours et diminuer le coût de la formation. Le métier infirmier ne doit pas être un trafic d' argent mais sa
  • 11/03/2018 à 09:53
    sony
    alerter
    Bonjour
    la fonction d'infirmier demande à avoir des qualités et des trais de personnalité particuliers (de la rigueur, de la bienveillance, de l'altruisme, une endurance nerveuse accompagné d'une capacité d'adaptation et de réactivité) . Tout le monde n'

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