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25/08/2017

Levothyrox : petit changement, grand émoi

La nouvelle formulation du Levothyrox, médicament conte l’hypothyroïdie, fait polémique. De nombreux patients se plaignent d’effets secondaires, tandis que les autorités sanitaires s’emploient à rassurer et informer.

Vertiges, maux de tête, crampes, pertes de cheveux, insomnies, fatigue, dépression, prise de poids : la liste des récriminations à l’encontre du nouveau Levothyrox tient de l’inventaire à la Prévert. À la surprise des autorités sanitaires, qui peinent à rassurer les patients. Et comme souvent, les théories vont bon train  : excipient nocif, adaptation au marché chinois, cupidité de big pharma...

Rien de mystérieux, pourtant, dans le changement de formule. Le principe actif du Levothyrox, la lévothyroxine, est une hormone thyroïdienne de substitution dont de minimes variations peuvent parfois suffire à perturber le métabolisme du patient. En février 2012, l’Agence nationale de sécurité du médicament (ANSM) a donc demandé au fabricant Merck de mieux contrôler la teneur active de son produit, afin d’éviter les fluctuations entre les lots et dans le temps.

Le nouveau Levothyrox, disponible depuis mars, conserve donc le même principe actif, la lévothyroxine. Du côté des excipients en revanche, le lactose a disparu au profit du mannitol, un édulcorant employé comme diluant, et de l’acide citrique anhydre, un conservateur. Deux études – non publiques – ont conclu à la bioéquivalence de l’ancienne et de la nouvelle formule, cette dernière étant par ailleurs plus stable.

Des patients inquiets

Pourtant, le Levothyrox nouvelle peau fait débat. À l’origine de la polémique se trouve une pétition lancée le 24 juin par une patiente thyroïdectomisée, qui dénonce « d’importants effets secondaires  » et réclame le retour à l’ancienne formule. Elle compte à ce jour près de 120  000 signatures. Sur les forums, les témoignages de patients s’accumulent.

« Beaucoup des symptômes rapportés évoquent souvent les effets secondaires d’un surdosage et parfois, car l’absorption peut varier selon les gens, d’un sous-dosage », note Beate Bartès, présidente de l’association Vivre sans thyroïde. Elle estime à « quelques milliers » le nombre de personnes concernées (sur 3 millions) et dénonce un déficit d’information préalable vis-à-vis des patients.

Le Pr Philippe Caron, chef du service d’endocrinologie du CHU Larrey, à Toulouse, et président du Groupe de recherche sur la thyroïde (GRT), est, pour sa part, très prudent quant à l’interprétation des symptômes rapportés, souvent peu spécifiques. « Dans le cadre de mon activité de consultation, je n’ai pas noté d’augmentation du nombre de déséquilibres thyroïdiens », indique le spécialiste, qui préfère mettre l’accent sur l’effet d’exposition médiatique.

Faire doser sa TSH en cas de doute

Du côté de l’ANSM, en tout cas, on s’active désormais pour circonscrire l’incendie. Une fiche de questions-réponses peut être consultée sur son site, et un numéro vert a été mis à disposition (0 800.97.16.53, de 9 à 19 heures). Il est bien sûr toujours possible de signaler les effets indésirables sur le site du ministère. Une enquête de pharmacovigilance est en cours, sans alerte à ce jour.

Lorsque l’équilibre a été « particulièrement difficile à atteindre », en cas de profil sensible (femme enceinte, enfant, cancer de la thyroïde, maladie cardiovasculaire), ou même en cas de simple doute, l’ANSM recommande de faire contrôler son taux de TSH par un médecin, au moins 6 semaines après le début de la prise. En tout état de cause, souligne Philippe Caron, il importe de ne « surtout pas interrompre le traitement »

Yvan Pandelé

Les dernières réactions

  • 25/08/2017 à 22:33
    ubble
    alerter
    Malgré un contrôle satisfaisant après 3 mois de prise de la nouvelle formule du lévothyrox, je confirme que je suis sujette à des vertiges à n'importe quel moment et dans n'importe quelle position.
    Je suis inquiète car il y a des moments où j'ai vraim
  • 30/08/2017 à 08:39
    arletoune
    alerter
    Bonjour,
    j'ai beaucoup d'effets indésirables suite à la prise du Lévothyrox et je désire être informé sur les suites données à ce traitement.
    Bien cordialement.
    Arlette
  • 01/09/2017 à 10:51
    charlie 17
    alerter
    le débat vient d'un manque de transparence et d'information?
    le patient doit être informé rapidement pour comprendre ce qui se passe.
    C'est un consommateur qui a des droits.
    qui est le plus important le laboratoire ou le patient?

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