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12/07/2017

Une infirmière en psychiatrie agressée au couteau

Une IDE du Centre hospitalier psychiatrique de Rouffach (Haut-Rhin) a été agressée par un patient au couteau le 1er juillet. Le 18 juillet, un comité d'hygiène, de sécurité et des conditions de travail exceptionnel se réunira pour évoquer l’augmentation des violences à l’encontre des soignants et alerter sur la baisse des moyens.

« C’est le troisième CHSCT exceptionnel en deux ans, en raison de violences commises à l’encontre d’infirmiers, signale Emmanuel Decker, représentant du personnel de la CGT au CH de Rouffach et secrétaire du CHSCT. Nous allons y rappeler les réalités auxquelles sont confrontés les soignants de l’établissement. » Début juillet, c’est un patient hospitalisé dans l’unité de personnes âgées en état de démence, qui, après avoir fait venir l’infirmière dans sa chambre, l’a frappée d’un coup de couteau. « Elle est toujours en arrêt », rapporte Emmanuel Decker. Comment le patient a-t-il eu accès à un couteau dans sa chambre ? « C’est l’une des questions que nous allons évoquer lors du CHSCT. Mais il faut savoir que nous n’avons pas le droit de fouiller les patients, il faut être assermenté pour cela. Nous sommes également dépendants des familles qui rendent visite aux patients avec, par exemple, un couteau pour couper le gâteau !  »

Un manque de moyens

Aujourd’hui, c’est un vrai ras-le-bol qu’expriment les soignants, soutenus par leur syndicat. Ces derniers réclament des mesures d’urgence pour faire face à l’augmentation des violences. Les syndicats UNSA, FO et CGT ont dénombré 8 incidents de ce type depuis le début de l'année avec des arrêts de travail. Il y en a eu 13 en 2016.

Une hausse qui peut être expliquée notamment par « la sensibilisation aux droits des patients qui a des conséquences sur le travail des soignants, rapporte Emmanuel Decker. Humainement, c’est tout à fait entendable. Mais le juge des libertés et de la détention vient régulièrement dans l’établissement rencontrer les patients et constater le respect des droits. Cette visite est chronophage pour les professionnels qui doivent s’organiser en conséquence. » De plus, il y a aujourd’hui tout un travail autour de la fermeture des chambres d’isolement « qui sont en réalité des espaces thérapeutiques sécurisés, explique Emmanuel Decker. Lorsque dans un service, il y a par exemple 9 patients sur 24 qui sont en décompensation, et que nous n’avons que deux chambres d’isolement, les soignants doivent s’organiser autrement, ce qui génère un climat de tension. Les professionnels font comme ils peuvent mais on leur enlève des moyens.  » Et de conclure : « Aujourd’hui, nous sommes face à de nombreuses décisions politiques et budgétaires, et à la mise en place de réformes dans les établissements psychiatriques qui peuvent être légitimes. Mais le souci reste la temporalité, puisque tout est réalisé en même temps.  »

Laure Martin

Les dernières réactions

  • 13/07/2017 à 17:32
    jackson
    alerter
    à quand la responsabilité pénale individuelle des décideurs?

    depuis plusieurs années les décisions politiques à couleur budgétaire ont des répercussions concrètes sur la sécurité des soignants. lorsque les directeurs d'établissement ainsi que les perso

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