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05/04/2017

Présidentielles : les neuf priorités de l’Ordre infirmier

Après avoir mené une large consultation auprès de la profession, l’Ordre national des infirmiers a présenté le 5 avril ses neuf priorités pour ces professionnels. Un positionnement qui a été porté à la connaissance des candidats à la présidentielle.

Ce sont les représentants des conseils de l’Ordre national des infirmiers, consultés fin 2016, qui ont élaboré les premières propositions. Celles-ci ont ensuite été soumises « au vote » des infirmiers : plus de 20 000, libéraux comme salariés, inscrits ou non à l’Ordre, ont répondu à cette invitation, et se sont prononcés sur les thématiques et déterminé l’ordre des priorités via la plateforme web mise en ligne fin février. Objectif affiché par l’ONI : que soient pris en compte la santé, mais aussi la vision et les intérêts des 600 000 infirmiers. «  Nous avons le sentiment que même si on en parle un peu ici ou là, la santé n’est pas un sujet qui prend le devant de la scène alors qu’il préoccupe beaucoup nos concitoyens », a soutenu Didier Borniche, président de l’Ordre national des infirmiers, lors de la présentation à la presse. Et d’ajouter : « Nous espérons que les candidats prendront des positions et qu’ils les respecteront. »

Priorité no1 : Risques, violences et protection
« La violence fait partie du quotidien des infirmières libérales comme des salariées », a rappelé Didier Borniche. D’ailleurs, pas plus tard que le 4 avril, une infirmière libérale a été poignardée au domicile d’un patient. « C’est un sujet de préoccupation qui ne permet pas à nos collègues de travailler sereinement », a-t-il ajouté, rappelant l’existence d’un Observatoire des violences envers les infirmiers. L’Ordre regrette le peu de solutions avancées pour protéger les professionnels de santé malgré les alertes adressées au ministère qui doit, selon lui, « prendre ses responsabilités ». Il réclame donc des moyens dédiés, notamment pour permettre aux infirmières libérales de suivre un plan de formation préventive.

Priorité no2 : Infirmiers, participons, co-décidons
« Force est de constater aujourd’hui que dans bon nombre d’instances, les différentes professions de santé sont sous représentées et il y a trop peu, voire aucune infirmière, a dénoncé Didier Borniche. Nous avons une expertise et nous voulons pouvoir l’apporter car notre vision peut être utile pour éclairer certaines prises de décision. » L’ONI demande donc une présence avec voie délibérative des infirmiers dans les instances de décision du secteur comme la Haute Autorité de santé ou les Agences régionales de santé (ARS), et une sollicitation systématique des organes de représentation des infirmiers pour toute décision concernant l’évolution des pratiques professionnelles.

Priorité no3 : Des actes infirmiers justement valorisés
Pour l’Ordre, il est impératif que la nomenclature des actes infirmiers évolue et s’adapte à la charge que représentent les actes des Idel au quotidien. De même, les instances de représentation des infirmiers doivent participer à la révision régulière de cette nomenclature, avec voix délibérative.

Priorité no4 : Égalité d’accès aux soins comme principe fondamental
L’ONI souhaite préserver le principe de l’égalité aux soins au travers du système de sécurité sociale. Notamment, suite à la remise en question du modèle actuel de prise en charge des soins, énoncés par certains candidats à l’élection présidentielle.

Priorité no5 : Plus de prévention, une meilleure coordination
Face à la nécessaire coordination entre les intervenants afin d’assurer une prise en charge globale et efficace des patients, l’Ordre propose la création d’un statut d’infirmier référent-coordonnateur, car l’infirmier est un acteur pivot d’une prise en charge pluridisciplinaire. Après la création de ce statut, « ce serait bien que l’on ait également une prise en charge financière », a précisé Sonia Ferré, vice-présidente de l’ONI.

Priorité no6 : Qualité et sécurité des soins
Face aux plans de retour à l’équilibre financier des établissements hospitaliers, « nous ne pouvons que déplorer que la variable d’ajustement principale soit le personnel, a regretté Didier Borniche. En moins d’un an, il y a eu huit suicides infirmiers, ce n’est pas le fait du hasard. Demander de faire des soins de qualité sans moyens, ce n’est pas possible. » L’Ordre plaide ainsi pour le renforcement des normes de qualité et de sécurité des soins afin d’assurer une bonne prise en charge du patient, en définissant par exemple un nombre maximum de patients par infirmier et en systématisant le compagnonnage dans la prise de nouvelles fonctions.

Priorité no7 : E-santé
L’objectif est de parvenir à un partage d’informations entre les professionnels de santé de ville et ceux de l’hôpital. L’ONI souhaite également la systématisation du dossier médical partagé avec une partie dédiée au dossier infirmier et une autre au dossier relatif à la vaccination.

Priorité no8 : Compétences et responsabilités des infirmiers
Outre la suppression de l’accès partiel à la profession d’infirmier, l’Ordre revendique la mise en place d’une pratique avancée infirmière de niveau Master « afin d’offrir de nouvelles compétences pour la prise en charge des patients », a précise Didier Borniche.

Priorité no9 : Vers de véritables départements de sciences infirmières
Pour l’ONI, cela doit constituer une priorité dès le début du quinquennat avec un pilotage interministériel.

Laure Martin

Les dernières réactions

  • 06/04/2017 à 06:57
    blaise
    alerter
    Si je comprends bien, les infirmiers veulent mieux travailler, être mieux traités, mieux payés, mieux écoutés, mieux entendus, mieux protégés et aussi mieux soignés : pas besoin d'avoir inventé l'eau tiède pour sortir ça...
    Quant au DMP, gouffre financi
  • 06/04/2017 à 07:18
    solange granier
    alerter
    @ Blaise : le DMP comme l'ordre infirmier ont été des gouffres financiers, passés par pertes et profits, et réglés soit par le contribuable soit par les IDE. Les IDE étant assujetties aux deux.
    Le DMP est géré informatiquement et pour y avoir accès il fa
  • 07/04/2017 à 07:12
    solange granier
    alerter
    Votre article appelle plusieurs observations :

    - l’ordre infirmier ne parle pas "au nom" des plus de 600000 infirmières puisque 80% des professionnelles ne sont toujours pas inscrites plus de 10 ans après la publication de la loi du 21 décembre 2006. L

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