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03/04/2017

Faut-il supprimer le concours d'entrée en Ifsi ?

En vue des élections présidentielles, la Fédération nationale des étudiant.e.s en soins infirmiers a formulé dix propositions pour « l’avenir de la formation ». La première suggère la suppression du concours d’entrée en Ifsi afin de tendre vers une « démocratisation de l’accès à la formation ».

« Le concours d'entrée en Ifsi est source de précarisation et d’inégalité sociale », soutient Clément Gautier, président de la Fnesi. Cette proposition, comme les neuf autres dévoilées quotidiennement pendant dix jours – notamment sous la bannière #Assuronsnotrefutur – dans le cadre des élections présidentielles, a été votée par le conseil d’administration de la Fnesi. « Plus les étudiants peuvent passer de concours pour intégrer les instituts de formation, plus grande est leur chance d’en réussir un », explique-t-il. Mais sillonner la France n’est pas à la portée de toutes les bourses : « Les concours engendrent des frais de déplacement et de logement, sans parler des inscriptions. Si l’étudiant bénéficie d'une situation financière aisée, il peut augmenter ses chances de réussite. Ce modèle est donc vecteur de sélection sociale. »

S'inspirer du modèle universitaire

À la place du concours, l’association étudiante propose ainsi de s’inspirer du modèle universitaire et d’utiliser la plateforme gratuite d’admission post-bac (APB) avec une sélection sur dossier. « Les étudiants pourraient ainsi faire des vœux dont celui des études en soins infirmiers, rapporte Clément Gautier. Nous sommes pour la démocratisation de l’enseignement supérieur et de la formation. » Mais est-ce là la solution ? Le Comité d’entente des formations infirmières et cadres (Cefiec) n’a pas d’avis tranché sur la question mais il s’interroge néanmoins. « Je comprends les arguments de la Fnesi qui sont d’ailleurs intéressants, explique Martine Sommelette, la présidente. Et pour cause : chaque inscription à un concours coûte environ 90 euros. De fait, les étudiants qui ont des moyens « peuvent se permettre d’en passer plusieurs », note-t-elle. Si le concours, tel qu’il existe aujourd’hui, peut être critiquable estime le Cefiec, quel modèle mettre à la place ? « Quelle sélection et quels critères sont envisagés avec l’admission post-bac ?, se demande Martine Sommelette. Comment sont choisis les étudiants ? Faudrait-il prendre les 100 premières demandes ? » Et de poursuivre : « Les épreuves écrites et orales actuelles permettent d’apprécier les aptitudes du candidat à suivre la formation. Certes, ce n’est pas la panacée mais le filtre est intéressant. »

Un filtre « nécessaire »

Un argument que partage l’Ordre national des infirmiers pour qui il est hors de question de changer l’organisation du concours. « L’interrogation est bonne mais la réponse de la Fnesi ne l’est pas, soutient Karim Mameri, secrétaire général de l’ONI. Certes, l’universitarisation appelle à progresser dans la reconnaissance d’une filière en soins infirmiers. Néanmoins, cela n’implique pas de remettre en cause l’organisation du concours ». Dans cette formation « universitaire professionnalisante », de nombreux stages cliniques obligatoires doivent être réalisés par les étudiants en présence de patients. « Il n’est donc pas judicieux d’envoyer en stage, sans filtre, des étudiants qui se sont inscrits en études de soins infirmiers sans connaitre leur motivation », estime Karim Mameri, qui est également jury dans les concours d’entrée en Ifsi. L’oral du concours, qui se déroule notamment en présence d’un psychologue, permet d’avoir un échange avec l’étudiant « qui a choisi la voie d’un métier difficile », « il est donc important de pouvoir s’entretenir avec lui afin d’éviter de le mettre dans des situations complexes, tout comme les formateurs et les patients. » Pour l’Ordre infirmier donc, « la proposition de la Fnesi ne tient pas compte de la réalité du terrain et du cadre nécessaire pour l’exercice du métier ».

Laure Martin

Les dernières réactions

  • 04/04/2017 à 12:23
    AlexIDE
    alerter
    "la proposition de la Fnesi ne tient pas compte de la réalité du terrain et du cadre nécessaire pour l’exercice du métier »

    Parce que l'ONI connait mieux la réalité du terrain ?

    Ce concours est une abbération et l'a toujours été ! il n'est pas repré
  • 04/04/2017 à 15:17
    Bounty
    alerter
    Je ne pense pas que le système apb soit adapté au recrutement infirmier. L'oral me semble important. Et si système APB qu'en sera t il des AS et AP qui voudront intégrer un IFSI ainsi que les autres prifessions en reconversion ????
  • 05/04/2017 à 06:41
    Karim
    alerter
    @AlexIDE
    Bonjour les préjugés :)
    L'Oni c'est avant tous des ides élus , sur le terrain, donc en exercice, accueilllant des Esi en stage, etc... on peut être progressiste sans pour autant considérer qu'il faille supprimer le concours . par contre supprim
  • 05/04/2017 à 07:37
    babeth moisson
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    De quoi tirer la profession vers le bas et avoir des étudiantes, futures professionnelles, encore plus nulles ?
    Moins ils en font (des efforts) moins ils veulent en faire les ESI.
  • 05/04/2017 à 08:25
    Mpp
    alerter
    Il est clair qu'un concours où on peut arriver 1er en ayant failli être éliminé par les tests psychotechniques n'a aucun sens...
    Quant à la formation , elle engendre des futurs professionnels sans socle de connaissances fiables et peu assurés pour démar
  • 05/04/2017 à 12:28
    yuthok
    alerter
    Bonjour,

    Bonne idée de supprimer le concours d'entrée.
    je propose que l'on supprime également le Diplôme d'Etat de fin d'étude ainsi que toutes les évaluations intermédiaires pour démocratiser encore plus le cursus d'études infirmières :-)

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