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Fnesi

18/02/2015

Les étudiants infirmiers expriment leur mal-être

Des situations vécues comme violentes, une liberté d'expression mise à mal... Enquête à l'appui, la Fédération nationale des étudiants en soins infirmiers (Fnesi) réclame une réforme des instituts de formation.

« L'une de mes deux tutrices se montrait souvent odieuse avec moi et j'ai surpris des moqueries dans mon dos à plusieurs reprises. Victime de mépris et d'injustice en stage pour la première fois, je pense sérieusement à mettre un terme à ma formation, à six mois du diplôme ». « Chaque jour », la Fnesi reçoit des témoignages comme celui-ci, relatant les « situations difficiles », voire « dramatiques », vécues par les futurs infirmiers. Plus de cinq ans après la réforme LMD, l'association brise le « silence imposé dans certains instituts de formation » et publie les résultats d'une enquête (1) menée auprès de 3.282 étudiants en soins infirmiers (ESI), issus de 24 régions métropolitaines et d'outre-mer.

Harcèlement en stage

Plus de 85% des ESI répondants jugent la formation « violente » dans la relation avec les équipes encadrantes en stage : 39% d'entre eux ont l'impression d'être « une charge de plus pour des équipes déjà débordées » ; 30% évoquent « un jugement de valeur », 27% une « difficulté d'intégration », 7% une situation de harcèlement. Conséquences de ce mal-être : 41% des ESI pensent « parfois » ou « régulièrement » à arrêter leur formation ; 12% peuvent témoigner de cas de suicide dans leur Ifsi.

« On ne donne pas aux professionnels les moyens d'encadrer les étudiants, dans un contexte déjà difficile», reconnaît la Fnesi. « Les étudiants sont aujourd'hui évalués par des professionnels qui, pour la plupart, n'ont pas suivi la même formation. Les compétences et le portfolio sont difficiles à appréhender sans formation. » C'est pourquoi l'association réclame la création d'un cadrage national de la formation des tuteurs de stage.

"Venir à l'Ifsi est un combat"

L'enquête de la Fnesi interroge également la place de l'ESI au sein de l'Ifsi. Bien qu'il ne soit pas plus un « élève » depuis 1992, et que la formation suive le modèle universitaire depuis 2009, « force est de constater que l'étudiant n'est pas encore écouté et entendu dans bon nombre d'Ifsi » : près de quatre sondés sur dix estiment ne pas pouvoir s'exprimer librement dans leur institut de formation. « Venir à l'Ifsi est un combat. Être soi-même est impossible. J'ai perdu confiance en moi, et maintenant c'est ce qu'on me reproche ! Car la vérité est que l'Ifsi est une arène où l'on doit se battre pour avoir sa place, entre favoritisme et chantage », témoigne l'un des répondants.

Quant aux représentants des ESI, qui siègent dans les conseils, ils sont la plupart du temps réduit à un rôle d'observateur : seul un tiers d'entre eux osent prendre la parole dans un conseil de discipline. « Comment garantir les bases de la démocratie quand les conseils ne sont que consultatifs et quand les élus ne se considèrent pas à leur place ? », s'interroge la Fnesi, dénonçant un système « archaïque, conservateur », calqué « sur une gouvernance hospitalière, où le seul décisionnaire reste le directeur ».

Former les infirmières de demain

Pour que, demain, les infirmières puissent faire face aux enjeux que sont l'évolution du système de santé et des pathologies, assumer de nouvelles responsabilités, et « prendre la place qui doit être la leur dans la société », la Fnesi réclame une « réforme en profondeur des instituts de formation », qui les rapprocheraient vraiment du modèle de démocratie universitaire.

Aveline Marques



1- Enquête diffusée du 17 novembre au 12 décembre 2014.

Les dernières réactions

  • 19/02/2015 à 19:28
    blaise
    alerter
    La circulaire qui vient de sortir est-elle suffisante ?
  • 20/02/2015 à 04:58
    solange granier
    alerter
    Cette circulaire, bizarrement publiée en même temps que les articles de presse sur ce sujet, est un verbiage administratif qui ressemble fort à de la br....... intellectuelle de cabinet ministériel. Rien à voir avec la réalité du terrain, encore une fois
  • 25/02/2015 à 18:45
    martha
    alerter
    infirmière en EHPAD. l'encadrement des élèves est souvent difficile à assurer, variable en fonction de la charge de travail, donc manque de temps à accorder à l'élève. C'est décevant pour les élèves mais également pour le personnel soignant. On travaille
  • 25/02/2015 à 23:55
    Aude
    alerter
    Je suis actuellement au Canada, pour faire reconnaître mon diplômé d'infirmière - ici les étudiants sont reconnaissables, ils ont la même blouse avec le nom de leur IFSI brodé dessus. Ils ont tous un stéthoscope, et ils ont tous une prof de leur IFSI avec
  • 26/02/2015 à 10:56
    AlexP
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    Assez d'accord avec martha.
    Infirmière diplômée depuis novembre 2008, j'aimerai toutefois rebondir sur l'article ci-dessous et témoigner effectivement de la difficulté d'encadrer les étudiants. Ceci étant cela n'explique pas le mépris et l'irrespect de c
  • 26/02/2015 à 15:38
    Croclisa
    alerter
    J ai effectué mes études à l école de la Salpetriere Diplômée depuis 2002, je n ai jamais cessé de clamer mon indignation quand à la façon déplorable des conditions enseignements .Les étudients doivent supporter des agressions permanentes de leurs enseig
  • 26/02/2015 à 16:33
    BLUEMOON
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    STUPÉFAITE DE DÉCOUVRIR QUE RIEN N AIT CHANGE DEPUIS 35 ANS. JE PENSAIS QUE LA DIMENSION COMMUNICATION BIENVEILLANTE ETAIT CONTAMINENTE. COMMENT ENSEIGNER L ECOUTE EMPATHIQUE ET L ECOLE DES BESOINS ET AVOIR UNE PRATIQUE AUTRE.
    LES ETUDIANTS INFIRMIER-
  • 26/02/2015 à 19:53
    K
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    Oui certes nous avons des difficultés à encadrer les élèves par manque de temps, mais cela a toujours été. Je suis diplômées depuis 1997. Moi aussi j'ai vécu des stages galères, des difficultés à m'intégrer. Mais cela fait partie de la formation. C'est un
  • 26/02/2015 à 23:02
    CHRISTINE
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    ET OUI RIEN NE CHANGE EN EN 78 JE DEVAIS FAIRE 2 ANS DE FORMATION J EN EST FAIT 4 ALORS QU EN TOUTE LOGIQUE AVEC 2 ENTRER PAR AN: SEPTEMBRE ET FEVIER J AURAIS DU FAIRE 2 ANS ET 6MOIS
    EN PLUS C ETAIT LA 1 ANNEE DES 3 ANS DE FORMATION ON AURAIS PU ME FA
  • 26/02/2015 à 23:47
    Manon
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    Je suis actuellement en deuxième année d'école infirmière et je n'ai jamais subit de grosse pression de la part de mes formateurs ni sur le terrain. En revanche je vois beaucoup de personnes (dans ma promotion ou autre) être jugés, rabaissés sans raison a
  • 27/02/2015 à 10:23
    K
    alerter
    C'est certain mais pourtant les relations d'équipe tendues font malheureusement partie intégrante du quotidien de l'infirmière.Et oui nous n'habitons pas au Canada! Les étudiants, futurs professionnels seront confrontés à des situations relationnelles d'é
  • 27/02/2015 à 10:46
    Croclisa
    alerter
    Pour répondre également à k ... Quelques mots a apprendre par cœur ( sans réfléchir comme a l ecole
  • 28/02/2015 à 23:19
    Leone
    alerter
    Je suis IDE depuis 2006, je trouve que la mentalité des étudiants a bien changer, maintenant ils ne font que critiquer, se plaindre auprès de leur école des professionnels qui les encadre, sans se remettre en questions, et surtout ils n'acceptent pas les
  • 03/03/2015 à 12:36
    e
    alerter
    Bien d accord avec k et Léone...
  • 03/03/2015 à 19:29
    Monelle
    alerter
    Evidemment cela n'est pas acceptable que des étudiants soient moqués, humiliés par les professionnels et encore moins par les enseignants. Diplomée en 1991, j'ai souvenir de rester parfois tard à travailler en dehors de mon horaire. bucheuse, j'avais l'a
  • 04/03/2015 à 10:58
    Mina
    alerter
    d'accord avec Monelle, sur le manque d'investissement de certains étudiants et manque de connaissances, et pour certains une grande certitude....!!... Je pense que nous pouvons nous inquiéter....
    Il y a tout de même des étudiants motivés....

  • 06/03/2015 à 18:43
    Lili
    alerter
    Bonjour,
    Actuellement en 2ème année, c'est avec regret que je constate que cette formation fait rejaillir de la souffrance. Souffrance psychologique de plus en plus perceptible auprès des ESI tout au Long de leur cursus. Selon les lieux de stage, la pan
  • 16/03/2015 à 10:22
    soleil
    alerter
    Bonjour, je suis en accord avec les derniers témoignages.Je me suis toujours battue contre certaines attitudes déplorables de mes collègues envers les étudiants. En revanche, je pense également que les étudiants n'ont pas une attitude correcte : ne suppor
  • 06/04/2015 à 16:27
    Gaëlle
    alerter
    Je ne suis pas d'accord avec vois ce n'est pas en martyrisant les élèves que l'on fera d'eux de bons infirmiers les formateurs et infirmieres sont très maltraitant envers les étudiants il est normal que les étudiant de rebiffe de plus en plus. Moi même an
  • 15/09/2015 à 22:47
    tata lolo
    alerter
    Je pense qu' il ya un réel problème avec les études d'infirmieres:
    Comment expliquer que cette formation (stage et ifsi) soit vécue comme anxiogène voire "traumatisante" par un si grand nombre?
    Malheureusement les besoins et les questionnements des étu
  • 09/11/2015 à 21:13
    LOU
    alerter
    j'ai eu mon concours en 2012 très motivé pour devenir infirmière aujourd'hui mon rêve s'achève dans l'épuisement absolu. Je dénonce la maltraitance au cours des stages qui pour ma part m'a fait perdre confiance en mois dès la deuxième année et qui ne m'a
  • 17/12/2015 à 21:32
    maman59
    alerter
    Bonjour,
    Mère de 2 filles en formation infirmière, je découvre le stress effroyable qu'elles subissent en stage. Les infirmières qui devraient être leur exemple, ne leur transmettent que le côté aigri et mal sain de cette profession. J'ai l'impression
  • 06/01/2017 à 19:49
    N57002
    alerter
    Bonsoir,
    Même constatation pour moi. J'ai 48 ans, donc pas une petite jeune tant décriée par certains commentaires, et en reconversion totale suite à un licenciement économique. En 2ème année, 3ème stage. Deux stages sur trois très médiocres : le premier
  • 04/03/2017 à 09:39
    Marie-Noëlle
    alerter
    Bonjour,
    élève infirmière en 2ème année, j'ai 48 ans et aussi en reconversion professionnelle, bien que pompier volontaire depuis 20 ans. D'anciens collègues pompiers volontaires devenus infirmiers m'avaient pourtant prévenue de la dureté possible en sta

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